Bouira
Un mars très pluvieux
Le temps qu’il fait en ce mois de mars réjouit la vue et le cœur. Tantôt pluvieux et tantôt ensoleillé, il fait naître en chacun l’espoir d’une bonne année. Cela voudra dire, en d’autres termes, le plein de nos greniers et, partant, celui de nos barrages, de nos forages et de nos nappes phréatiques. Avec 22 mm de pluie enregistrés par la station météorologique au mois de février, et 11 mm en mars, répartis de façon idéale durant ces deux mois, les agriculteurs de nos régions attendent l’été avec beaucoup d’optimisme. Le cumul depuis septembre jusqu’à ce jeudi est estimé à 293 mm. Cela dit, pendant que nous grimpions dans la matinée la côte raide de Draâ El Bordj pour nous rendre à cette station de météo située au sommet de cette grande colline qui domine toute la ville, elle-même pourtant sise sur une butte, de gros nuages s’accumulent à l’horizon. Pas besoin de connaître l’avis de Rami Djamel, son responsable pour savoir, dans le court terme, les prévisions météorologiques pour l’après- midi et le jour suivant. La pluie, sous forme d’averse, nous accompagnera jusqu’à samedi prochain. De son côté, Mme Lamri Sabrina, responsable de la station agro-météo de Aïn Bessem, en visite chez ses collègues, à Bouira, en annonçait pas mal. Selon elle, le côté ouest de la wilaya, plus fortement arrosé que le reste, recevait 34 mm de pluie en février et 22 mm en ce mois. Si l’on sait qu’au début du mois de novembre, la ville de Aïn Bessem, suite au développement d’un foyer orageux qui s’était formé au dessus d’elle, avait donné quelque 33 mm en quelques secondes, on comprend la forte frayeur de ses habitants face aux inondations que ces fortes pluies avaient provoquées. On n’a pas, pour la région ouest, le cumul de l’année qui commence pour nos agriculteurs en septembre. Mais on a celui des deux derniers mois. En les comparant à ceux fournis par la station météo de Bouira pour le côté est de la wilaya, on doit dépasser largement les 300 mm. Avec un tel cumul, l’année agricole est hors de danger. L’état des trois barrages doit évidement inquiéter. D’après les données en notre possession, mais que nous ne donnerons pas ici, car non actualisées, la situation reste quand même assez tendue, leur niveau peinant à décoller. Mais cet apport pluviométrique, même s’il ne va pas directement dans les barrages, pour l’essentiel, en arrosant régulièrement les champs et les vergers qui conservent leur beau vert, évitant par là le recours à l’irrigation à partir de ces barrages, soulage considérablement ces derniers, dont le contenu reste réservé essentiellement à la consommation.