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Alger-Paris

La fin de la brouille ?

La détermination du président Tebboune de sortir du «brouhaha et du capharnaüm», explicité a atteint son objectif.

L’échange téléphonique entre les présidents Tebboune et Macron a mis à jour ce que les opinions publiques, en Algérie et en France, attendaient avec une pointe d’impatience. La tension entre les deux pays avait, en effet, connu un pic jamais encore atteint depuis l’indépendance de l’Algérie. Mais ces dernières semaines, au regard des signaux lancés par Abdelmadjid Tebboune d’abord, et Emmanuel Macron ensuite, le ton était à la désescalade, malgré les sorties intempestives de l’extrême droite. L’atmosphère s’est nettement améliorée quelques jours avant l’Aïd el-Fitr. Les deux chefs d’État s’étaient exprimés, par médias interposés, sur leur volonté d’en finir avec le climat politique que le ministre français de l’Intérieur avait pourri. Le président Tebboune avait fixé la voie à suivre : «Selon moi, le seul repère est le président Macron», avait-il dit. La réponse de son homologue qui avait annoncé une reprise de contact entre les deux chefs d’État sonnait la fin de la récréation pour l’extrême droite et son ministre fétiche, Bruno Retailleau.
Le choix de la fête de l’Aïd el-Fitr pour donner du sens à la fin d’une crise qui aura duré plusieurs mois n’est certainement pas anodin. Jour du pardon, dans la tradition de l’islam, cette occasion appelle à l’humanité, à l’humanisme et à la réconciliation. C’était visiblement l’objectif d’Abdelmadjid Tebboune et d’Emmanuel Macron, à travers «un long échange franc et amical» qu’a consisté l’appel téléphonique du président français. Une franchise qui a mis les points sur les «i» et disqualifié la démarche de Retailleau qui avait opté pour le «bras de fer, la réponse graduée et autre ultimatum», d’ailleurs totalement rejetés par l’Algérie. Les postures du ministre français de l’Intérieur ont mené la relation algéro-française dans le mur. En refusant de répondre à l’invitation de la Mosquée de Paris pour le traditionnel iftar des ambassadeurs, Retailleau a franchi une frontière et montré la haine qu’il éprouve à l’endroit de l’islam et des Algériens. Il y a lieu de relever la présence à ce rendez-vous du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Un signal de la volonté de l’Élysée d’opter pour une autre issue que celle du bras de fer. La détermination du président Tebboune de sortir du «brouhaha et du capharnaüm», explicité lors de l’entretien qu’il a accordé à la presse nationale, a donc atteint son objectif. Le chef de l’État avait l’intention de dépasser les différends dans l’approche des problèmes, à savoir privilégier le dialogue et bannir le bras de fer. Son homologue français a très bien saisi le message et y a répondu favorablement. Il faut dire que cette sortie par le haut d’une crise majeure, dont les conséquences sont insoupçonnables, a stoppé net un complot de l’extrême droite française et ses affidés contre l’Algérie. Grâce à un portefeuille ministériel acquis à sa cause, cette extrême droite a monté son complot en s’appuyant sur la reconnaissance par l’Élysée de la prétendue marocanité du Sahara occidental. Il y a lieu de préciser – comme l’a d’ailleurs souligné l’Algérie – que la France a empiété le droit international sur le dossier du Sahara occidental. Mais cela justifiait-il une campagne sans précédent contre l’Algérie ?
Cette question, du reste explicitée par le président de la République lors de son récent entretien avec la presse nationale, n’a pas été ouvertement évoquée par le communiqué sanctionnant l’entretien téléphonique. Cela revient à constater une volonté commune de se concentrer sur le bilatéral. À cet effet, il ressort de cette reprise de contact entre Alger Paris une franche explication sur une nécessaire nouvelle approche des relations, reposant sur l’intérêt mutuel. C’est justement tout l’intérêt de renouer le partenariat entre deux pays que plusieurs millions de binationaux rassemblent. La France a perdu du terrain sur le commerce et l’économie avec l’Algérie. Mais l’on décèle dans le communiqué une réelle volonté de jouer franc jeu. Pour cause, le soutien annoncé par Emmanuel Macron sur la renégociation de l’accord d’association Algérie-UE. Un pied de nez à l’extrême droite qui entendait y faire barrage. Ce signe ne trompe pas sur une perspective de partenariat d’égal à égal entre les deux pays. Les leçons semblent avoir été retenues.
La prochaine visite de Jean-Noël Barrot à Alger sera-t-elle le signal pour débarrasser la relation algéro-française des scories qui l’ont empêchée d’évoluer dans le bon sens ? Après une si longue crise, les deux pays s’apprêtent à redynamiser la Déclaration d’Alger. Est-ce vraiment la fin de la brouille ? Ne faisons pas montre d’optimisme béat, mais espérons que les choses évoluent sur la bonne voie.

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