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Bouira

La femme vue par d’autres femmes

Elles portaient l’étendard de l’émancipation dans leur combat de tous les jours.

Intellectuelles, poétesses, écrivaines artisanes ou ce que l'on range communément sous l'étiquette un peu condescendante de «femmes au foyer», alors qu'elles en remontreraient à plus d'un d'entre nous, elles étaient partout en liesse. Le bilan de leurs activités ne les y incitait que trop. Et la journée du 8 mars leur en donnait le droit. Elle était leur journée, leur fête.
Plusieurs d'entre elles ont répondu à l'invitation de la bibliothèque principale. Le wali Abdelkrim Lamouri et le secrétaire Faycel Saïdani s'y étaient rendus ce matin expressément pour les rencontrer et les honorer. Certaines, artistes peintres, comme Lila Bouzidi, avaient profité de cette occasion pour exposer. D'autres, comme Wissam Attal, Haddou Kenza, sa mère, Mme Zenati, également peintre, etc. n'ont pas jugé cela nécessaire. Cela ne les a pas empêchées d'être distinguées pour la qualité de leur travail, à l'instar de Nadia Gharbi, de Karima Miloudi, de Nacira Louni, de Lila Bouzidi ou de Leila Hanachi. Dans le domaine littéraire, elles avaient été deux à avoir pris la parole, non pour s'exprimer en cette circonstance, mais pour lire un poème en rapport avec l'évènement. En l'occurrence, le public, essentiellement féminin, massé dans la grande salle de conférence derrière les autorités civiles et militaires qui en occupaient les premières places, avaient vivement applaudi Souad Missouni et Laldja Moghdad pour leurs poèmes. La première qui a choisi l'arabe pour mode d'expression, a intitulé le sien Salut l'Algérie, quant à l'autre, qui est kabyle, elle a titré le sien La mère et sa fille. Il y en d'autres encore que nous avions forcément dû oublier, vu leur nombre. Beaucoup d'entre elles ont été également honorées. Deux artistes avaient abordé le wali pour porter leurs doléances à sa connaissance, lequel, plein d'attention et de bienveillance, en a pris note et promit des solutions rapides.
S'étant attardées un peu dans le grand hall où avait lieu l'exposition, nous leur avions demandé leur avis sur la femme algérienne et les avancées concrètes qu'elle a réalisées sur la voix de l'émancipation. Selon Missouni, qui a beaucoup voyagé et vu beaucoup de pays arabes, tels que l'Irak, le Liban, la Syrie ou la Libye, le combat de la femme se confond avec celui de l'Algérie et ce combat qui s'est intensifié depuis 1954, ne fait que se poursuivre avec la même ardeur et la même détermination: écarter tout ce qui se dresse sur notre chemin. «Nous sommes les moudjahidate, nous sommes les martyres, nous sommes l'Algérie fière et libre», voilà ce que dit en gros son poème composé la veille du 18 février, journée du chahid. Selon Leila Hanachi, qui mise, dans ce combat incessant pour les droits de la femme, sur la volonté et la foi en soi, il faut aller toujours de l'avant. C'est le seul moyen de triompher des obstacles. «La femme est ballotée entre espoir et désespoir. C'est son lot, c'est son destin.
Il y a d'un côté la tradition et de l'autre le progrès.» C'est le thème central de ses 120 poèmes et c'est sa conviction personnelle. «Elle n'a rien à attendre que d'elle-même répliquait Nadia Gharbi. La lutte pour la liberté, c'est tous les jours. Un combat sans fin.» Sur la société voilà ce qu'elle pensait: «Si la femme est bonne, la société est bonne. Si la femme mauvaise, la société est alors mauvaise.».
Pour Boughdad, Attal, Haddou, et d'autres encore, la femme est le fondement même de la société. «Elle est le sel de la vie», assurait l'une. «Elle en est les couleurs de l'arc en ciel», lui faisait écho une autre. 

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