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Ami de l’Algérie

Yves Boisset s’éteint à l’age de 86 ans

Ses films et réalisations sur la Guerre d’Algérie mettent en avant la torture, érigée en système et en mode opératoire.

Ses films et réalisations sur la Guerre d’Algérie mettent en avant la torture, érigée en système et en mode opératoire par l’armée coloniale française, ainsi que sur le racisme ordinaire. Il était l’un des premiers cinéastes à se pencher sur les atrocités de la Guerre d’Algérie et à dénoncer la barbarie du colonialisme.
Ami de l’Algérie et de la cause algérienne, le cinéaste français Yves Boisset, qui a marqué les années 1970 avec des films engagés et politiques, est mort lundi à Paris (France), à l’âge de 86 ans, ont rapporté des médias auprès de sa famille.
Né le 14 mars 1939 à Paris, et diplômé de cinéma, il fait son service militaire en Algérie. Il est ensuite journaliste au mensuel Cinéma et assistant auprès de réalisateurs comme Jean-Pierre Melville ou Vittorio de Sica.
Engagé contre l’injustice et l’obscurantisme, il fut, dès ses premiers pas dans le cinéma, traqué par la censure, à l’image de l’une de ses premières réalisation, Un condé, réalisé en 1970, dressant un portrait lugubre sur la police. L’un de ses premiers succès, R. A. S. (Rien à signaler) réalisé en 1973, un film qui traite d’une histoire d’insoumission, dénonçant en filigrane, «la propagande mensongère de la diplomatie et de l’armée coloniale française, suscitant la réaction du leader français de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, et ses amis qui diront tout le mal qu’ils pensaient de ce film, au-delà de la censure qui avait alors exigé que les scènes de torture, utilisée comme méthode de répression barbare et abjecte contre le peuple algérien, soient écourtées».
Inspiré de faits réels, en 1975, sort son film le plus célèbre, Dupont Lajoie, relatant l’histoire d’un meurtre raciste d’une jeune femme française, victime de la perversité de l’un de ses compatriotes, qui jeta son corps à proximité d’un baraquement d’ouvriers arabes, près d’un chantier de construction à Marseille. Ce film dans lequel le cinéaste et acteur algérien Mohamed Zinet fut distribué a eu à subir les intimidations et la violence de l’extrême droite française d’alors, sur le lieu du tournage et lors de sa sortie en salles. Auquel film s’ajoutent des références dans le domaine, tel que Espion, lève-toi (Lino Ventura), Canicule (Lee Marvin), Bleu comme l’enfer (Lambert Wilson), ou encore Un taxi mauve, un de ses autres principaux succès. Auparavant, en 1972, il sort L’Attentat, avec Jean-Louis Trintignant, inspiré de l’assassinat en France de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka, dans un film qui s’en prend au pouvoir gaulliste, occasionnant aux équipes technique et artistique des interdictions de tournage sur plusieurs lieux.
Après des années d’engagement et de combat, il décide d’arrêter le cinéma en 1991, lassé par les persécutions et le poids de la censure, pour se tourner vers la télévision.

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