Sujet de l’immigration entre la France et l’Algérie
Exit Bruno Retailleau
Le ministre français de l’Intérieur est finalement écarté des rencontres de haut niveau sur la question de la migration.

L’immigration est l’un des principaux sujets qui seromt abordés par les autorités algériennes et françaises lors des prochaines rencontres de haut niveau, prévues pour relancer le dialogue et la coopération. C’est l’un des sujets de crispation des relations entre l’Algérie et la France.
La crise de ces huit derniers mois entre les deux pays a permis de révéler qu’il y a nécessité pour les deux parties de s’assoir autour d’une table de dialogue pour éluder tous les problèmes qui prêtent à confusion sur ce sujet. Dans le communiqué diffusé par la présidence de la République, qui a suivi l’appel téléphonique d’Emmanuel Macron à Abdelmadjid Tebboune, les deux parties se sont accordées « sur le fait qu’une coopération migratoire confiante, fluide et efficace permettant de traiter de toutes les dimensions de la mobilité entre les deux pays devait être immédiatement réinitiée, dans une logique de résultats répondant aux préoccupations des deux pays » a-t-on déclaré.
Le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, responsable en grande partie de la dégradation de la coopération entre l’Algérie et la France à ce sujet, sera finalement écarté des rencontres de haut niveau prévues entre les deux pays pour traiter de ce sujet. Un sujet très sensible sur lequel Bruno Retailleau a montré ses limites, et en en faisant une carte politique à son propre profit. C’est finalement le ministre français de la Justice, Gérard Darmanin, qui s’entretiendra avec les autorités algériennes pour s’arrêter sur la coopération judiciaire et certainement aussi la problématique de l’immigration. À noter que Darmanin avait déjà effectué une visite à Alger pour discuter de ce sujet alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Un sujet qu’il maîtrise visiblement beaucoup mieux que son actuel collègue de l’Intérieur, et sur lequel Darmanin paraît « plus crédible » que lui. Par ailleurs, Bruno Retailleau a été chargé d’une tâche secondaire allant dans le sens d’accorder les violons entre les autorités françaises et algériennes sur la manière de traiter ce sujet sur le sol français. Il a annoncé, lundi dernier, qu’il est chargé de réunir, dans une démarche « inédite », les préfets de France, ainsi que les consuls d’Algérie pour discuter dans le but de résoudre les problèmes en suspens. Cette annonce a été faite au terme d’une réunion au Palais de l’Élysée avec le président de le République, Emmanuel Macron, ainsi que les ministres directement concernés par cette crise avec l’Algérie, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, celui des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, celui de l’Économie, Eric Lombard et enfin la ministre de la Culture, Rachida Dati Pour rappel, le ministre français de l’Intérieur avait montré sa méconnaissance sur ce sujet, au point d’être désavoué même par la justice de son pays. Le cas le plus illustrant est sans doute celui de l’influenceur algérien, « Doualemn ». Celui-ci avait été expulsé de Paris, puis renvoyé par Alger faute de non-respect de la procédure réglementaire en vigueur. Bruno Retailleau voulait, coûte que coûte, l’expulser tout en menant une véritable campagne anti-algérienne dans les médias de l’extrême droite. Le revers essuyé par le ministre de l’Intérieur de la part de l’Algérie, puis de la justice française, lui a valu des commentaires moqueurs de la part de la classe politique française, passant en dérision son « amateurisme ».