Flambée des prix de la banane
Les importateurs pointés du doigt
Les enquêtes menées par les autorités compétentes ont montré des pratiques douteuses, basées sur la surfacturation et la dissimulation des réelles marges bénéficiaires.

Au coeur d'une forte polémique, la flambée des prix de la banane défraye la chronique, et vient perturber un début de mois de Ramadhan entamé sous le signe de l'abondance et de la stabilité du marché. Durant les premiers jours du Ramadhan, les équipes d'inspection du ministère du Commerce intérieur ont mené des opérations qualitatives dont la plus marquante a été la saisie de 120 quintaux de bananes suite à des infractions enregistrées dans les wilayas de Skikda, Tipaza, Sétif, Mila, Chlef, Saïda et Blida.
Une situation qui a suscité moult interrogations auprès de consommateurs, sur les raisons de cette crise qui commence à prendre des proportions inquiétantes. Pour le conseiller au ministère du Commerce, Djalal Menad, «les enquêtes menées par les autorités compétentes ont abouti à l'enregistrement de violations de défaut d'inscription au registre du commerce, de défaut de facturation des achats et le non-respect de la structure des prix déposée par les importateurs auprès des bureaux du ministère du Commerce». Devant cette situation alarmante, la réaction des acteurs du secteur est intervenue pour clarifier les choses en mettant d'emblée les importateurs en cause. Ils dénoncent des pratiques douteuses, basées sur la surfacturation et la dissimulation des réelles marges bénéficiaires. Ce qui met les commerçants et les détaillants dans l ‘incapacité de réagir réellement sur le terrain. À ce titre, ils ne peuvent être à l'origine de cette flambée, et ne font que subir le diktat des importateurs qui tentent de dominer le marché de la banane.
Cela étant, la réaction des autorités se renforce par des actions concrètes, selon le porte-parole qui précise que «les pouvoirs publics, soucieux de protéger le pouvoir d'achat des citoyens en assurant l'approvisionnement durable et régulier du marché national en biens et produits divers et en contrôlant les prix, continuent de lutter contre tous les phénomènes négatifs et les pratiques commerciales déloyales». À cela s'ajoutent les initiatives des organisations et des institutions patronales, pour réduire les prix des produits alimentaires à large consommation, comme cela a été évoqué par Djalal Menad, rappelant « les efforts de réduction volontaire des prix de divers biens et produits durant le mois de Ramadhan, initiés par le Conseil algérien du renouveau économique et l'Union générale des commerçants et artisans algériens. Cela a eu un impact positif sur le marché et a contribué à protéger le pouvoir d'achat». Il faut dire cependant,, que ces tentatives de déstabilisation du marché ne peuvent mettre en cause l' efficacité des services de contrôle et de fraude. L'origine des ces pratiques se situant au niveau des processus d'importation. Ce qui a poussé à la réflexion de la prise en charge de ce volet par l'État. Ce qui permettrait une meilleure maîtrise des circuits d'importation, d'approvisionnement et de commercialisation du marché.
Par ailleurs, il y a lieu de convenir que cette flambée de prix de la banane demeure, un épisode isolé qui ne reflète pas l'état général et la dynamique réelle du marché, notamment pour ces deux dernières années.