Gaspillage alimentaire durant le mois de ramadhan
La nécessité d’une réelle prise de conscience
Pour l’année dernière, plus de 100 millions de baguettes de pain ont fini dans les poubelles durant le mois sacré.

Le spectre du gaspillage plane comme chaque année sur le mois de Ramadhan.
La surconsommation alimentaire demeure un phénomène incontrôlable qui met à rude épreuve, les autorités, la société civile, et l’ensemble des acteurs du marché de la consommation, chaque année. À ce titre, l’appel du président de la République, lors du Conseil des ministres, s’accentue et s’articule particulièrement autour de l’importance d’éviter le gaspillage alimentaire et de rationaliser les modes de consommation. Il faut dire que les chiffres demeurent plus qu’ éloquents. Pour l’année passée, plus de 100 millions de baguettes de pain ont fini dans les poubelles durant le mois sacré. Il faut dire qu’en dépit des actions des campagnes de sensibilisation, et des actions de mobilisation contre ces pratiques, le gaspillage alimentaire reste un paradoxe presque insurmontable. Devant les efforts consentis par les pouvoirs publics pour soutenir le pouvoir d’achat des citoyens durant ce mois, des quantités astronomiques d’aliments, notamment de pain dans les décharges publiques.
Un paradoxe qui met en scène la prolifération des restaurants de la Rahma et de la solidarité sur l’ensemble du territoire national, et la lutte contre la spéculation, face à un comportement de frénésie et de surconsommation.
Une situation qui découle, aux yeux de certains observateurs, des pressions et de la surenchère qui précédaient le mois de Ramadhan. Par crainte de voir les prix des produits s’envoler durant les premiers jours de ce mois, les consommateurs provoquent un tsunami en ravitaillement et en stockage.
Une situation qui a toujours conduit à des niveaux élevés de gaspillage. Ce qui renseigne sur l’urgence d’édifier une réelle culture de consommation et rationalisation. C’est précisément à quoi appellent les associations de protection des consommateurs, qui , chaque année, tirent la sonnette d’alarme, et prônent un retour aux valeurs.
Cela étant, on peut espérer voir la vapeur se renverser en faveur d’un recul significatif de ce phénomène, pour les prochaines années. Et pour cause, en agissant sur l’origine de la problématique, en l’occurrence la régulation du marché de la consommation, les pouvoirs publics œuvrent à atteindre des équilibres efficients pour répondre aux besoins des citoyens. Autrement dit, la prise en charge des préparatifs du mois de Ramadhan étalé sur un programme opérationnel durant toute l’année, a permis, notamment pour les deux derniers exercices, à rompre avec ces pratiques. La disponibilité des produits et la stabilité de prix constatée réellement sur le terrain, ont contribué à dissiper l’engouement sur les étalages, pour constituer des stocks de ramadan. Il faut dire que la présence de plus de 560 marchés de proximité, les actions de réduction des prix des produits de large consommation, et les différentes actions de soutien de la part des commerçants et des producteurs, contribuent considérablement à l’éradication des circuits de la spéculation et du gaspillage. Des efforts, et des résultats qui demeurent dans le besoin d’une valorisation, qui ne pourrait être possible qu’à, travers une réelle prise de conscience de la part du consommateur.