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Elle met en évidence son ambition politicienne

La presse française démasque Retailleau

«On regarde notre ministre de l’Intérieur se prendre une gifle, une deuxième, une troisième et une quatrième par l’Algérie.»

À deux mois du congrès du parti Les Républicains (18 et 19 mai), le ministre français de l'Intérieur est sur une pente raide. Retailleau dégringole sérieusement dans l'estime de ses collègues au gouvernement et dans la presse audiovisuelle et écrite. Son ambition hégémonique de mettre les LR dans sa poche ressort désormais de manière plus visible dans les médias. Son acharnement sur l'Algérie agace à un point tel qu'il en devient désagréable pour son Premier ministre. Bayrou a déjà eu un mouvement d'humeur à son endroit accompagné d'un: «Tais-toi!» Son collègue des Affaires étrangères a un grand mal à faire valoir la solidarité gouvernementale.
Le président Macron le désavoue à chacune de ses sorties médiatiques. Ces trois responsables de l'Exécutif n'imaginent pas le «cirque Retailleau» tourner encore deux longs mois. C'est intenable! La France se ridiculise. Elle va droit dans le mur pendant que son ministre de l'Intérieur continue de dépenser l'argent des contribuables en billets d'avion Paris-Alger et Paris-Oran, sans aucun résultat en bout de piste. Trop, c'est trop, disent de plus en plus de hauts fonctionnaires qui refusent que la réputation de la France serve les intérêts étroits d'un politique, du reste incompétent et l'a largement prouvé au poste qu'il occupe.
Le lâchage de Retailleau se répand dans les rédactions parisiennes. Celles-ci ont fait le compte des dégâts enregistrés par l'économie française depuis l'éclatement de la crise. Sur Euope 1, on regrette que les céréaliers français ne reçoivent plus de commande de la part de l'Office algérien interprofessionnel des céréales. On signale également que dans la filière bovine, l'Algérie, qui était un très important marché de bovins vivant pour la France, a cessé tout achat en 2024.
En 2022, les éleveurs français ont vendu pour 167 millions d'euros. La même radio constate que les importations de lait en poudre et de fromage ont baissé d'un quart entre janvier et novembre 2023, et d'annoncer que l'Algérie s'approvisionne en Nouvelle-Zélande. Même si les raisons exactes de ce désamour économique sont bien plus complexes qu'une banale opération de représailles, les journaux, télévisions et radios françaises insistent pour y voir une relation de cause à effet. Leur critique va à l'Algérie mais, depuis quelques jour, c'est Bruno Retailleau qui est de plus en plus chargé de pas mal de maux de la France. RTL rapporte que les comportements du ministre de l'Intérieur font «grincer des dents, y compris à l'Élysée». L'accusation dont il est souvent la cible, à savoir de se prendre pour le ministre des Affaires étrangères, «agace» Emmanuel Macron.
«Le président de la République n'apprécie pas du tout que l'action d'un ministre déborde sur ses prérogatives (...) et sur les relations diplomatiques avec l'Algérie», confie un proche du président à RTL. La charge est lancée. «Le palais présidentiel rappelle que ce ne sont pas les agendas des ministres ou leurs ambitions politiques qui doivent guider les relations avec un pays étranger.»
La «guerre» par presses interposées bat son plein depuis longtemps mais, ces derniers jours, les coups sont plus précis et font plus mal. «Ne rien céder, aller au bras de fer, voilà ce qu'ont en tête les militants que Bruno Retailleau doit convaincre pour être élu président des Républicains», souligne RTL, démasquant, par là même, l'intention du ministre de chevaucher le cheval de la relation algéro-française pour se retrouver à la tête des LR. Un poste qui lui ouvrirait la route à l'Élysée. Le journal Le Parisien n'est pas en reste en matière de révélation. «Dans les arcanes du pouvoir, le sujet, explosif, embarrasse», écrit le journal. «Il radicalise son discours pour coller à l'opinion, mais il n'obtient aucun gain», explique au journal l'un des collègues de Retailleau.
Le Parisien reprend le leader de La France Insoumise pour mieux enfoncer le ministre et mettre à nu son dessein caché. «L'intérêt de la France et de millions de ses citoyens ne peut être confisqué pour servir le congrès de LR. Nous voulons paix, respect et amitié réciproque», confie Jean-Luc Mélenchon au Parisien. «La stratégie de Bruno Retailleau est mortifère: on regarde notre ministre de l'Intérieur se prendre une gifle, une deuxième gifle, une troisième gifle et une quatrième par l'Algérie», déclare au journal un autre responsable français qui a requis l'anonymat. 

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