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Crise France-Algérie

L’extrême droite perd la «bataille»

Retailleau est écarté du débat algéro-français. Cela redonne une énième chance aux deux États de renouer les fils.

Entre l'Algérie et la France, rien n'est simple. À Alger comme à Paris, on appréhende systématiquement une prochaine crise, même lorsque les relations entre les deux pays sont au beau fixe. Et cette réalité ne date pas des deux mandats d'Abdelmadjid Tebboune et ceux d'Emmanuel Macron. Il est vrai que les conditions qui avaient présidé à la première cassure ne pouvaient être qualifiées de normales: une guerre anticoloniale, qui plus est l'une des plus meurtrières du XXe siècle. L'Algérie tire légitimement la fierté d'avoir mis fin à une colonisation de peuplement parmi les plus barbares de l'Histoire de l'humanité. En face, une partie revancharde et haineuse refuse de tourner la page de la guerre de Libération nationale. Celle-ci, en plus de l'avoir humiliée, met à nu les pratiques criminelles parmi les plus horribles des XIXe et XXe siècles. En cette troisième décennie du XXIe, les historiens évoquent le laboratoire nazi que furent l'invasion, la conquête et la colonisation de l'Algérie. Plus de 63 ans après la signature des accords d'Évian qui mettaient fin à la guerre, des Français continuent de dire à qui veut les entendre que les militants du FLN étaient des terroristes et les généraux sanguinaires de grands patriotes français. Ils détruisent chaque initiative bilatérale de dépasser la posture des «chiens de faïence». Les assassinats d'Algériens, la bombe dans le consulat d'Algérie à Marseille dans le milieux des années 1970, jusqu'à la dénonciation des Accords de 1968 et ces fameux OQTF en 2025, en passant par la loi sur les bienfaits de la colonisation en 2005, l'extrême droite française et ses relais médiatiques ont, de tout temps, tendu des embuscades aux hommes et aux femmes de bonne volonté des deux côtés de la Méditerranée. Il reste, cependant, que pour cette dernière «bataille des OQTF», les extrémistes sont démasqués. Des preuves irréfutables sur la colonisation qui n'a jamais été heureuse pour les Algériens détruisent chaque jour, un peu plus, le mythe qu'ils entretiennent. Même si c'est à dose homéopathique, l'opinion française découvre que la présence française en Algérie a profité à une minorité de colons sans honneur et à des généraux génocidaires. Le Pen, Zemmour et consorts perdent, dans le bras de fer et les mesures «graduées» de Retailleau, une importante bataille. Le voile se lève peu à peu sur leurs ambitions et leurs frustrations. L'échange par médias interposés, donc public, entre les présidents Tebboune et Macron met sur la touche la horde extrémiste. C'est dire que Retailleau est écarté du débat algéro-français. Cela redonne une énième chance aux deux États de renouer les fils, brisés par la campagne haineuse orchestrée par des nostalgiques de l'Algérie française. Mais il est entendu que la prochaine phase de réchauffement des relations doit tirer les enseignements des échecs passés. Pour se faire, une seule option s'impose. Il faut dire aux Français toute la vérité sur la colonisation. Mais, on appréhende tout de même la prochaine crise...

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