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Des mots sur les maux

Cette sale et lâche histoire de coups et blessures volontaires à l’aide d’un poignard, allait connaître son verdict. Le procès tenu au tribunal a vu l’inculpé écoper d’une peine d’emprisonnement ferme de trois ans, et d’une amende aussi ferme, de deux cents mille DA.

Ameyar S., allant droit sur la quarantaine, s'était disputé avec Mizab R., son voisin de palier, «un être exécrable», selon le prévenu. Nachida D., la prof, que le prévenu a tenu à rencontrer à la barre, a témoigné sous serment, que Mizab R., la pseudo-victime, était de mauvaise foi, et qu'il était à la base de la rixe, qui a amené tant de monde au palais de justice.
Le procureur, lui, avait un oeil sur son Code pénal, probablement mis sur le pupitre, à toutes fins utiles.
jeune juge invite du regard le prévenu qui n'attendait que ce signal pour vider sa gibecière, surtout que c'est la magistrate qui lui a donné la parole. Il commença par les coups esquivés, mais la présidente l'arrêtera net:
-Holà, prévenu! Comment est né le différend? Car quand vous débutez un triste récit, il ne faut jamais sauter le début! déclare à dessein, la juge qui allait être plus que satisfaite, puisque le détenu informa le trio de juges et le parquetier, «qu'il n'avait guère voulu cette bagarre».
-J'ai été poussé à bout par les injurieux et sales propos de la pseudo-victime. Marmonna le prévenu qui entendra le procureur, qui, lui, était à pied d'oeuvre, avec le Code pénal, à la recherche probablement du bon article à coller à ce mystérieux prévenu. Pourtant, il savait que son jeune collègue de l'instruction du tribunal, avait choisi l'article 264.
Les coups et blessures volontaires relèvent effectivement et exclusivement de l'article 264 du Code pénal.
Le moment d'intervenir pour la victime, est venu:
-Tout ce je peux vous dire, c'est qu'au moment où je tendais la main pour lui demander de faire enfin la paix, il m'envoya deux coups de couteau, qui me blessèrent gravement à la main droite! C'est tout ce que j'ai à déclarer, le reste, relève de la justice! Dit, sur un air grave et catastrophé,
Mizab R., visiblement démonté. Le juge appelle les deux avocats et leur souffle en aparté, des choses qu'eux seuls, pouvaient entendre.
Le juge demanda alors aux deux seuls témoins de la fameuse scène, Sabrina C. et une prof', Douniazed S. qui se trouvaient bien accoudées, à la rambarde du bâtiment, à tout raconter, le tout, sous serment.
Les bonnes dames s'approchèrent du prétoire, levèrent la main droite, marmonnèrent le traditionnel serment, énoncé, auparavant par le magistrat, et commencèrent par le récit qui apportera du nouveau dans l'affaire.
- Le voisin blessé avait interpellé dans un mauvais langage, le prévenu, qui cracha sa plus mauvaise moue, et se dirigea vers la victime... Il...
-Attendez, SVP, prof'! le mauvais langage, c'était quoi? c'est la loi, et vous devez le redire mot à mot!» Articula la juge, qui vit la femme rougir, jusqu' aux oreilles.
- Écoutez, Madame la présidente, je suis, avant d'être une enseignante, une bonne éducatrice. Je ne vais tout de même pas commencer à reprendre des grossièretés et autres énormités, devant tout le monde!
-Si, madame! la loi est faite pour être respectée, et vous devez répéter «le mauvais langage»! Nous attendons, donc, votre précieux témoignage, SVP, mâchonne le magistrat, qui semble plus calme.
Le témoin rumina du bout des lèvres une prière, que l'assistance avala, et lança:
- La victime a appelé, en arabe, le détenu: «Cocu!». Ce terme reste chez nous une très grave insulte. Il lui a répondu en l'agressant d'un violent coup de... coupe-ongles, je n'ai pas vu de couteau à proprement parler!
Après avoir laissé le léger brouhaha, passer, la magistrate, édifiée, dit à Mizab D., la victime: Écoutez, si le témoin n'a pas dit la vérité, vous serez «blanchi»! Alors, la victime laissa sortir la vérité: «Nachida n'avait pas menti.» Sur ce, la présidente leva l'audience pour une brève mise en examen. Au retour, le verdict sera plus indulgent pour Mizab, le prévenu, qui retrouva la liberté le soir même, bénéficiant du sursis!
La sale affaire avait pour ingrédients: «le couteau, ou le... coupe-ongles!»

De Quoi j'me Mêle

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