La nouvelle éclaircie
Il était temps que ce qui appartient à César soit rendu à César et que les prérogatives présidentielles en matière de politique étrangère ne soient plus galvaudées par des incursions intempestives. « La guerre est une chose trop grave pour la confier aux militaires », aurait dit Georges Clemenceau et c’est aussi vrai pour la politique étrangère qui n’est pas par hasard un des domaines réservés des chefs d’État.
L’importance des liens humains et des intérêts économiques a, sans doute, pesé lourdement dans la balance pour que soit mis un bémol à l’escalade tant recherchée par les instigateurs du « malentendu » entre les deux pays. Ils étaient convaincus de nager en eaux troubles, dès lors que l’atmosphère française se caractérise, depuis longtemps, par une islamophobie galopante et une xénophobie qui grèvent l’image dont se targue, à bon compte, le pays des droits de l’homme. Plus particulièrement, la communauté algérienne est sans cesse visée par ces vindictes revanchardes, comme on a pu le constater avec l’affaire de l’Iftar boycotté de la Mosquée de Paris, un manquement atténué par la venue du ministre des Affaires étrangères qui n’est pourtant pas en charge du culte ! Du complot tramé par une extrême droite ancrée dans sa stratégie du déni historique et une droite extrême qui cherche à rivaliser avec elle dans l’espoir de « rapatrier » un certain nombre d’électeurs fourvoyés dans cette sphère concurrente, il ne reste, espérons-le, que quelques scories, sans grande conséquence pour des relations qui nécessitent, néanmoins, plus de lucidité et de détermination. Le fait est que la mobilisation de certains partis et des ONG, en France, contre une dérive dangereuse pour l’avenir d’un partenariat incontournable, aussi bien en région méditerranéenne qu’en Afrique et, bien sûr, au Maghreb où la question du Sahara occidental conserve toute son acuité onusienne, a contribué à assainir le climat que d’aucuns ont voulu polluer au plus haut point. C’est pourquoi l’heure est venue de dissiper les nuits et brouillards qui servent des appétits égoïstes pour ne plus songer qu’à sceller des relations fortes et sincères pour le plus grand bien des deux peuples dont on sait qu’ils sont au diapason, quoi qu’on dise et quoi qu’on tente…