{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

9E FCMM DE TÉTOUAN

Sous le signe de l'humanisme et de la générosité

Quel avenir pour le court métrage méditerranéen? Une question qui reste plus que jamais d'actualité au nord comme au sud de la Méditerranée, une question impossible à évacuer lorsqu'il est question de promotion de l'art cinématographique.

Le rendez-vous cinématographique annuel tant attendu, exclusivement consacré au court-métrage, vient de prendre fin après six journées intenses de projections et de débats. Avec une telle manifestation, Tanger la ville phare de la Méditerranée s'érige en agora pour les cinéphiles, les critiques, les universitaires et les cinéastes méditerranéens en herbe, qui se battent tant bien que mal et parfois durant des années afin de monter leurs premières oeuvres. Une édition sous le double signe de l'humanisme et de la générosité, avec au menu, une pléthore de films (55 au total en compétition et autant hors compétition) issus de vingt pays méditerranéens qui ont fait l'objet de débats et d'analyses en présence de leurs auteurs, par un public enthousiaste.
Que penser de cette édition? Nouveau souffle, nouvelle formule, mais le grand mérite de cette manifestation est d'avoir révélé de nouveaux talents. Sans tambour ni trompette, sans tapage médiatique, sans paillettes, sans mondanités et contre vents et marées, ce festival a fini par s'imposer en rendant crédible un genre cinématographique déclaré «maudit» sous toutes les latitudes.

De nouveaux genres
Cette 9e édition a eu également pour mérite de révéler de nouveaux styles, de nouveaux genres cinématographiques à travers des oeuvres sobres, chaleureuses et pleines d'entrain qui, pour la plupart, révèlent une dimension humaine incontestable. Le programme riche et diversifié concocté pour la circonstance, atteste de l'émergence de nouvelles forces créatrices, de nouveaux esprits novateurs et de nouvelles formes artistiques à même de contribuer au renouvellement et à la perfection de l'art cinématographique.
Certes, ici ou là, des festivals et autres rencontres autour du court-métrage connaissent un taux de natalité galopant. Certains commencent à se faire une réputation internationale. D'autres recherchent leur vitesse de croisière.
D'autres encore espèrent survivre face aux mille et une difficultés qui les guettent. Mais de toutes les rencontres cinématographiques maghrébines, celle de Tanger, consacrée exclusivement au court-métrage, est sans doute celle qui porte le défi le plus absolu. En effet, se consacrer dans une vaste opération de reconnaissance, voire de promotion de ce format minoré sous toutes les latitudes, relève sans aucun doute de la gageure. Unique en son genre au Maghreb, depuis la disparition des festivals internationaux du CM d'Oran et de Taghit, cet événement culturel institutionnalisé, louable à plus d'un titre, n'a pu voir le jour que grâce au soutien moral, financier et matériel, du Centre du cinéma marocain.
Un festival de CM, c'est important, ne serait-ce que pour faire de la place aux jeunes générations et aux créateurs potentiels non encore confirmés afin que ces derniers rencontrent un public. C'est aussi important car, en dépit de ses limites expressives et des difficultés liées à sa diffusion, le CM est loin d'être un genre mineur. Les films projetés à Tanger, issus de Bosnie-Herzégovine, Croatie, Slovénie, Serbie, Portugal, Palestine, Liban, Malte, Italie, Grèce, France, Espagne, Egypte et Algérie, le prouvent aisément. Les jeunes cinéastes, non encore sacralisés, font preuve de leur talent malgré les difficultés rencontrées. Les applaudissements frénétiques au terme de chaque projection témoignent par ailleurs de l'enthousiasme du public et des cinéphiles mais aussi de la qualité de la sélection.
L'important est en fait, de réhabiliter un genre cinématographique à part entière qui, par sa vigueur, la hardiesse de ses thèmes et par les possibilités des recherches techniques et esthétiques qu'il permet, démontre qu'il a droit de cité et qu'il peut même accéder au statut d'oeuvre d'art.Le film marocain d'ouverture Mémoire 14 d'Ahmed Bouanani, d'une durée de 30 minutes, réalisé en 1971, en est un parfait exemple. La tragédie populaire vécue à travers plusieurs mémoires au Maroc (entre 1912 et 1953) est un chef-d'oeuvre, malgré quelques rides.
Tanger a désormais, son événement cinématographique international annuel. De nouvelles générations pointent le bout du nez, et le vivier est prometteur de talents. Mais là où le bât blesse, c'est l'impossibilité de rendre visible ce cinéma. L'étroitesse du marché cinématographique et la sclérose du circuit de production et de diffusion posent problème. Quelle que soit son opportunité, un festival ne peut en aucune manière résoudre à lui seul tous ces graves problèmes que vivent les cinématographies du Maghreb. Mais, en réunissant des créateurs, des artistes et des décideurs, un festival peut constituer une opportunité culturelle à même de contribuer à la promotion de projets communs. Une telle rencontre facilite les échanges, la circulation des oeuvres et des idées et privilégie les regards nouveaux d'auteurs méconnus ou peu connus du grand public.

Forte présence algérienne
La participation algérienne à ce 9e rendez-vous était importante. En plus d'une présence signifiante au jury avec Yamina Chouikh, l'Algérie était représentée par plusieurs journalistes invités à couvrir l'événement et par trois jeunes cinéastes qui ont pris part à la compétition. Amine Sidi-Boumedienne avec l'improbable «Demain Alger?», qui revient sur les tourments d'une jeunesse en plein désarroi à la veille du 5 Octobre 1988. Ce film gagnerait cependant à être remis à jour car Octobre 88 a laissé des séquelles profondes. Zakaria Saïdani, dit Zico avec Un homme, Face miroir tente de raconter une rupture amoureuse et ses consequences... Enfin, Abdenour Zahzah avec Garagouz un film qui n'a pas été remarqué malgré sa pertinence et ses qualitées techniques et esthètiques. La vingtaine de recompenses obtenues dans les festivals internationaux le prouve aisément. Mais, comme dans tous les festivals de par le monde, les avis sur le palmarès divergent. L'avis des «spécialistes» est rarement celui du grand public. Et c'est normal! Le regard n'est pas le même et les référents culturels ne coïncident pas. Cela dit, les films non primés ne sont pas forcément mauvais et les films primés ne sont pas toujours les meilleurs. Mais, l'intérêt premier d'un festival n'est-il pas de promouvoir le cinéma dans sa diversité, de faciliter les échanges et la circulation des oeuvres et des idées et de privilégier les regards nouveaux d'auteurs méconnus ou peu connus du grand public.
Finalement au terme de cette rencontre on peut dire à nouveau que le film court ne manque ni de créateurs, ni de talents, ni de compétences, ni de savoir-faire. Combien de films hors-compétition méritaient des distinctions ou tout au moins des encouragements si l'on se réfère aux premières productions des jeunes des cinq écoles de cinéma marocaines. En réunissant des jeunes créateurs et artistes, des décideurs et des distributeurs, un festival peut constituer une opportunité culturelle à même de contribuer à la promotion et à la distribution de projets communs. Mais quelle que soit son importance, il ne peut en aucune manière résoudre les graves problèmes que rencontre le film court pour émerger au grand jour. Le rendez-vous de Tanger contribuera, à tout le moins, à établir un état des lieux, à montrer ce qui se fait ailleurs et aidera à confronter des expériences. Vecteur de rapprochement des imaginaires et d'affermissement des relations entre Méditerranéens de sphères géographiques différentes, le Fcmmt contribue efficacement au rapprochement des peuples et des cultures.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours