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Yasmina Khadra, Amin Zaoui...

Le dernier poème de l’écrivain

Les hommages rendus au poète et écrivain qui vient de nous quitter, au moment où la culture et le livre avaient encore tant besoin de lui, sont un véritable dernier poème au regretté.

De Yasmina Khadra à Amine Zaoui en passant par tant d’autres écrivains et poètes, mais aussi des lecteurs et des amis, tous ont su exprimer avec des mots justes et sincères à quel point le décès de Youcef Merahi les a affectés, affligés et bouleversés. À la maison de la culture Mouloud-Mammeri où son corps avait été exposé pour un dernier hommage, ils étaient très nombreux à venir pour dire encore une fois, pas la dernière fois sans doute, à quel point ils ont aimé et aimeront cet homme exceptionnel et adorable qui a su pendant un demi-siècle servir la culture algérienne sous de nombreuses facettes. Ils sont venus dire combien il a réussi à se faire aimer juste en étant lui-même. Ils ont rappelé que Youcef Merahi a de tout temps été souriant, même dans les moments les plus difficiles, les siens et ceux que notre pays a vécus.
La Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou était hantée par la tristesse, une douleur indicible planait dans son moindre recoin. Car cet espace culturel exceptionnel a accueilli une infinité de fois Youcef Merahi, le poète et écrivain, mais aussi l’ancien secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité. Youcef Merahi répondait toujours présent quand on l’invitait pour animer des conférences ou pour en modérer d’autres avec son savoir-faire et ses grandes capacités d’orateur sachant manier la langue française à la perfection tout en demeurant accessible à un maximum d’auditeurs. D’Oran à Annaba, de Tizi Ouzou à Tamanresset, Youcef Merahi a été de tous les rendez-vous culturels auxquels il était convié.
À Oran, les appels de l’association culturelle Numidia ne tombaient jamais dans l’oreille d’un sourd. Et Youcef Merahi se déplaçait pour honorer de sa présence les activités de cette association mais aussi du temps où cette ville coquette de l’Ouest algérien avait abrité la toute première édition du Festival national du film amazigh, lancé et organisé par le HCA avant d’être institutionnalisé par le ministère de la Culture. On a du mal à imaginer quelle sera l’ambiance au Salon international du livre d’Alger (Sila) sans la présence de Youcef Merahi qui avait la capacité d’être partout et de consacrer du temps à tous ses amis, et Dieu seul sait à quel point ils sont nombreux.
L’absence de Youcef Merahi au Sila sera très lourde à porter. Comme son absence de la librairie Cheikh Multi-Livres, qu’il agrémentait avec son sourire, son savoir-faire dans le métier du livre, mais aussi son savoir. Qui , mieux que Youcef Merahi, peut conseiller et guider un visiteur de cette librairie dans ses lectures ? Lui suggérer un roman ou proposer un recueil de poésie ? Lui qui ne perdait aucune seconde pour acquérir toute nouveauté livresque. Qu’il s’agisse des grands auteurs algériens ou étrangers, connus et confirmés ou qu’il s’agisse d’un tout jeune débutant, écrivain en herbe ou poète faisant ses tout premiers pas dans l’édition. C’était d’ailleurs sa spécificité, celle de s’intéresser aussi et surtout aux nouvelles et jeunes plumes. Il ne sous- estimait aucun auteur. Plus d’une fois, il nous a remis à notre place, très gentiment bien sûr, quand nous nous aventurions à tirer à boulets rouges sur un nouvel auteur dont l’ouvrage paraissait en deçà de nos attentes de lecteur. Youcef Merahi trouvait toujours du mérite dans chaque livre publié. Il avait donc cette capacité rare de chercher et de ne focaliser que sur les côtés positifs. C’était sa force. Pourtant, il avait les capacités linguistiques et littéraires pour distinguer le bon grain de l’ivraie.
Youcef Merahi nous a quittés après une longue maladie qui l’empêchait de se déplacer mais qui ne l’a pas empêché de continuer à vivre sa passion pour le livre et la littérature jusqu’à la dernière minute. Il n’a pas cessé d’écrire et de lire mais surtout de suivre de très près les nouvelles publications livresques. C’est dire qu’il a vécu sa passion pour les lettres jusqu’au bout de sa vie. Il nous manquera tant.

De Quoi j'me Mêle

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