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Louisa Hanoune, Secrétaire générale du PT, à L'Expression

«Les mesures sociales du président Tebboune soulagent les familles»

Avec son franc-parler, la secrétaire générale du PT s'est longuement exprimée, dans cet entretien, sur la situation à Ghaza où se déroule,une épuration ethnique avec la complicité de l'Occident. Dans son réquisitoire, Louisa Hanoune n'épargne pas la Ligue arabe qui a perdu et sa crédibilité et sa raison d'exister, la trahison de certains pays arabes et la propagande médiatique, consacrée entièrement au service de l'entité sioniste. Au plan interne, elle estime que les mesures sociales, même si elles restent encore à parfaire, apportent un certain soulagement pour les familles et les ménages.

L'Expression: L'agression sioniste contre la Palestine a atteint des proportions inhumaines. Dès le début des bombardements aveugles de l'armée sioniste sur Ghaza, votre parti a dénoncé avec la plus grande fermeté la grave situation que vit le peuple palestinien. Où s'arrêtera ce nettoyage ethnique?
Louisa Hanoune:Comme vous le savez, la question palestinienne ne relève pas de la solidarité pour la nation algérienne peuple et État. Elle fait partie de notre ADN. C'est une question centrale, une composante de la question nationale car la libération de la Palestine est une condition pour la pleine émancipation de tous les peuples de la région de la domination impérialiste. Et notre position n'est pas dictée par des considérations ethniques, de langue ou de religion. Elle est principielle en rapport avec la lutte des peuples pour leur émancipation du joug de l'oppression coloniale. Oui, l'entité sioniste a spolié le peuple palestinien de sa terre, usant des pires atrocités, avec l'appui politique et militaire de l'impérialisme US et le soutien de ses supplétifs européens et la complicité de plusieurs régimes arabes au Moyen-Orient et au Maghreb. Le nettoyage ethnique et la déportation des populations, sont des crimes contre l'humanité assumés par l'entité sioniste, ainsi que l'objectif de recoloniser Ghaza et l'ensemble des territoires palestiniens ce qui démontre que la solution à deux États est un mirage, une illusion en fait, une pure tromperie. D'ailleurs le criminel Netanyahu qui ne cesse de clamer haut et fort qu'il n'y aura jamais d'État palestinien en Palestine, a publié une carte sur laquelle non seulement la Palestine n'existe pas, mais le futur Israël s'étend sur des territoires d'autres pays de la région et il a expliqué que c'est le Nouveau Moyen-Orient. Ce projet avait été annoncé par Condoleeza Rice en 2006 au moment de l'agression contre le Liban. Et cette carte avait été publiée sur le site de l'armée US. Par ailleurs, en tant qu'Algériens qui ont refusé toute partition de leur pays durant la guerre de libération, qui n'ont cédé aucun pouce de leurs territoires, nous ne saurions proposer à un peuple de se contenter d'une portion congrue de sa terre, d'abandonner ses droits historiques dont le droit au retour des réfugiés chez eux dans leurs villages, dans leurs maisons dont ils ont tous gardé la clé.
Le peuple palestinien refuse d'être confiné dans des bantoustans et des ghettos car comme nous, il aspire et combat, paie un très lourd tribut, pour se réapproprier tous les territoires de la Palestine en chassant l'occupant sioniste. Par conséquent, le nettoyage ethnique par le génocide et la déportation du peuple palestinien ne prendra fin qu'avec la disparition du système sioniste d'apartheid, et des centaines de millions d'hommes et de femmes épris de justice et de liberté dont des juifs qui manifestent inlassablement contre l'extermination des populations palestiniennes à Ghaza, la posent comme unique issue pour le rétablissement de la paix en Palestine et dans la région.

Lors de la dernière réunion tenue à Riyadh, les Arabes ont étalé au grand jour leurs divergences empêchant une initiative commune. Un aveu d'impuissance de la Ligue arabe. Faut-il croire encore à cette organisation qui n'est que l'ombre d'elle-même
Heureusement que les régimes arabes n'ont pas tous la même position, qu'il existe encore un axe de la résistance composé de pays qui ont refusé de normaliser les rapports avec l'entité nazie dont, notamment notre pays, la Tunisie, l'Irak, la Syrie, la Libye, la résistance yéménite, le Liban. Tous les autres régimes, notamment les Émirats arabes unis, le Bahreïn, les deux Soudan, le Maroc et avant eux l'Égypte et la Jordanie, ont normalisé avec l'entité sioniste et sont tous complices du génocide en cours à Ghaza et en Cisjordanie, alors que l'Arabie saoudite était avant le 7 octobre sur le point de conclure les accords de normalisation. C'est pourquoi, même les enfants palestiniens considèrent qu'ils sont coupables et responsables de leur tragédie.
Et nous avons constaté depuis des années que les sommets de la Ligue arabe parce qu'elle est devenue un repaire des régimes arabes traîtres entraînent un nivellement par le bas des positions des États qui résistent sous couvert de préserver «l'unité arabe». Faut-il rappeler qu'en plus de marchander la cause palestinienne, les régimes arabes soumis à l'impérialisme US n'ont pas hésité à entrer en guerre contre des pays «frères» notamment l'Irak, la Syrie et le Yémen sur injonction de l'impérialisme US. Et depuis le 7 octobre, ce sont les régimes saoudien, égyptien et jordanien qui interceptent les missiles que la résistance yéménite lance sur l'entité sioniste. Et les régimes égyptien et jordanien répriment les manifestants qui tentent d'ouvrir les passages frontaliers avec Ghaza et la Cisjordanie, pour desserrer l'étau qui étrangle les populations palestiniennes et venir à leur rescousse. Pour notre part, nous affirmons que cette Ligue est devenue un danger pour tous les peuples de la région. Notre pays ne saurait être complice des régimes valets de l'impérialisme et serviteurs de l'entité sioniste nazie. Nous devons nous retirer de cette entité, la seule au monde qui se définit sur la base d'un critère ethnique et non géographique. Par ailleurs, nous sommes un peuple amazigh, arabisé partiellement par l'avènement de l'Islam et c'est le cas pour tous les peuples du Maghreb.
Certes, nous appartenons à l'aire culturelle arabo-musulmane, mais nous avons notre propre identité qui ne nous a jamais empêché d'être solidaires des peuples de la région, de défendre les droits historique du peuple palestinien.

Quel sens donnez-vous à cette campagne politique et médiatique engagée, à cette propagande effrayante des médias occidentaux?
La grande majorité des médias occidentaux défend les positions de leurs gouvernements fauteurs de guerre et de barbarie de façon caricaturale et abjecte, leur «indépendance» est une utopie. C'est en même temps une expression violente de la décomposition du système capitaliste dont les seules réponses sont la barbarie, la terreur et le mensonge. Mais ces médias qui pensaient pouvoir tromper toute la planète ont lamentablement échoué dans leurs desseins macabres et sont honnis des peuples qui, très rapidement, ont déjoué leur piège...
La propagande médiatique, consacrée entièrement au service de l'entité sioniste et des thèses de ses parrains, les grandes puissances impérialistes n'ont pas empêché d'enregistrer des mobilisations populaires et syndicales historiques en Occident même dont certaines ont eu lieu malgré leurs interdictions.

Pour ceux qui doutent encore, n'est-ce pas que nous avons là, la face hideuse d'un Occident qui nous assène des leçons sur le respect des droits de l'Homme, de la Démocratie et de la Liberté?
En crise, le système capitaliste à sa tête l'impérialisme US et tous les régimes qui lui sont inféodés, est telle une bête blessée à mort qui tue sauvagement. C'est l'ère de l'accélération de la décomposition de ce système basé sur l'oppression et l'exploitation et qui entraîne l'humanité dans la barbarie risquant d'engloutir la civilisation humaine dans le chaos. Et tous les masques sont tombés depuis plusieurs décennies quant à la démocratie et aux droits de l'homme qu'il nous sert à géométrie variable ou encore sous les bombes et la dévastation que provoquent les interventions militaires étrangères ou des guerres d'occupation comme c'est le cas en Palestine. Les pogroms à Ghaza, en Cisjordanie et l'apartheid dont sont victimes les Palestiniens vivant dans les frontières de 1948, portent un coup fatal à ce système. Car la mobilisation sans précédent des peuples sur tous les continents à commencer par les USA et l'Europe est un acte d'accusation, voire un verdict sans appel contre tous les gouvernements impliqués ou complices de cette barbarie.

Le président de la République a nommé, il y a quelques jours, un nouveau Premier ministre à qui il a dressé une feuille de route. Célérité dans l'action, respect des délais et éviter les fausses promesses. Le PT pense-t-il qu'il y avait des lenteurs dans l'exécution des chantiers?
En fait, nous jugeons les responsables sur la base des politiques et programmes qu'ils mettent en oeuvre. Cela étant, ce n'est un secret pour personne que non seulement des lenteurs sont enregistrées dans l'exécution des projets, dans certains secteurs mais aussi des contradictions entre les orientations et engagements annoncés à l'issue des réunions du Conseil des ministres et leur mise en oeuvre. L'absence de coordination et le chevauchement dans les prérogatives entre les secteurs sont aussi visibles ce qui rend les politiques et résultats illisibles, voire confus. Malheureusement, le contrôle parlementaire sur l'Exécutif est quasi absent. Or, il est impossible pour tout Président de suivre la totalité des secteurs, les rythmes des réalisations. Il est donc urgent de remédier à ces défaillances qui font obstacle à toute avancée, alimentent les frustrations sociales et provoquent des colères populaires légitimes.

Au plan social, le président Tebboune a mené plusieurs actions comme l'allocation chômage, l'augmentation des salaires, des pensions de retraite... Comment le PT apprécie-t-il cette batterie de décisions?
Certes le Président a pris plusieurs mesures sociales en direction de la jeunesse, des retraités, des familles très vulnérables, des fonctionnaires... si, pour nous, rien ne saurait être supérieur aux intérêts de la majorité du peuple, à l'urgence de mettre un terme à la détresse sociale, aux privations qui alimentent la décomposition sociale, nous ne comprenons pas que les salariés du secteur économique et des services qui représentent la majorité des salariés soient exclus des augmentations. C'est injuste... Par ailleurs, les augmentations du nombre de points indiciaires inscrites jusqu'en 2024, qui sont bien sûr les bienvenues, restent en deçà des aspirations légitimes des fonctionnaires d'autant que l'inflation galopante se poursuit, détruisant un pouvoir d'achat en chute libre depuis 2014 notamment, et que plusieurs catégories de fonctionnaires dont les communaux sont sous- payés.
Notre pays est en récession à cause de l'effondrement du pouvoir d'achat et donc la consommation. Aujourd'hui, aussi bien les consommateurs, les ménages, que les commerçants sont en détresse et cela impacte mortellement la production des biens et des services. Alors, pour nous si des mesures avancées sur le plan social, même limitées, apportent un peu de soulagement pour les familles bénéficiaires nous considérons que c'est positif. C'est pourquoi, nous pensons que le projet de loi de finances (PLF) 2024 doit être actualisé, corrigé pour qu'il soit porteur d'espoir, de facteurs de détente sociale.
À notre avis, l'instauration de l'échelle mobile des salaires et pensions est avec l'augmentation du Snmg et de la valeur du point indiciaire, la réponse pour relancer le pouvoir d'achat de façon effective et durable. Et ce dispositif doit être accompagné de mesures audacieuses pour réguler le marché, notamment le plafonnement des prix, la multiplication des offices, la réouverture des Galeries algériennes et Aswak El fellah qui affichent la mercuriale des prix chaque semaine. Le Président a ordonné le rétablissement des importations de façon contrôlée. Il était temps car la limitation drastique et à la hussarde des importations a étranglé l'industrie, l'agriculture, le petit commerce et l'artisanat. C'est une bouffée d'oxygène qui va desserrer le goulot d'étranglement qui tuait petit à petit ces secteurs. Pour notre part, nous restons convaincus que pour éviter l'anarchie et l'hémorragie incontrôlable en devises, le rétablissement du monopole de l'État sur le commerce extérieur même pour une durée limitée reste le remède le plus sûr et de nombreux pays l'exercent.

À chaque occasion, le Président ne manque pas de rassurer que l'État préservera les transferts sociaux et protégera les couches sociales les plus démunies. Des décisions qui vous rassurent également en tant que parti à l'avant-garde des revendications sociales...
En fait les transferts sociaux sont indissociables de la nature sociale de l'État héritée de l'Indépendance nationale, de son caractère républicain. Car en République, il ne peut y avoir de discrimination en matière de santé et d'enseignement gratuits pour tous. C'est-à-dire des droits égaux sans distinction de situation sociale.
La République c'est l'égalité de tous les citoyens devant les services publics sans exclusion, sur tout le territoire national. Ce sont les impôts qui intègrent la question des revenus de chaque citoyenne et chaque citoyen pour le calcul des montants dûs au Trésor public. Quant au soutien aux produits de première nécessité comme le pain, le lait, soyons sérieux. Un riche va-t-il faire la queue pour les acheter? De plus, il s'agit de définir le seuil de pauvreté qui, selon la Banque mondiale est de 2 dollars par jour par personne.
Il n'y a plus de couches moyennes chez nous et malheureusement la précarité touche la grande majorité des salariés et retraités, de plus en plus de petits commerçants, d'agriculteurs... cela sans compter les chômeurs, hélas en nombre croissant.
Bien sûr, nous sommes soulagés que l'article 187 de la loi de finance 2022 qui supprimait les transferts sociaux n'ait pas été appliqué et que le PLF2024 prévoit l'augmentation des dépenses inhérentes aux transferts sociaux qui, d'ailleurs, s'étendent en plus de la santé et l'Éducation nationale, à d'autres secteurs (transport, énergie, logement...).
Mais les dernières déclarations du ministre des Finances qui annonce leur révision, nous inquiètent car toute remise en cause provoquerait un séisme social dont les conséquences seraient imprévisibles.

Le PT a refusé de participer au front interne initié par Abdelkader Bengrina. En revanche, il a favorablement accueilli l'initiative du FFS. Peut-on savoir ce qui justifie ces deux démarches?
En fait, comme nous l'avions expliqué, nous n'avions pas été associés à l'initiative de Abdelkader. Bengrina, ni dans les discussions qui l'ont préparée, ni dans la définition des objectifs qu'elle a tracés pour le «jidar» et qui, pour nous, étaient illisibles. Nous ne pouvions donc nous associer à cette initiative d'autant plus qu'elle n'a pas été discutée dans les instances du Parti.
À propos, pour nous, le renforcement du front interne a un contenu en rapport avec la situation sociale et des libertés. Immuniser le pays exige l'amélioration du pouvoir d'achat, des conditions de vie pour assécher les viviers de la détresse sociale. Il exige des mesures immédiates de détente politique dont la libération des détenus politiques et l'ouverture des champs politique et médiatique, le respect du multipartisme, l'abrogation de toutes les lois et dispositions liberticides qui empêchent la société de s'exprimer sur l'ensemble des questions qui concernent le sort du pays, qui entravent l'activité politique et partisane indépendante, l'exercice des droits syndicaux et l'expression de la solidarité du peuple algérien avec les causes justes à commencer par le peuple palestinien en cours d'extermination par l'entité nazie.
Résoudre ces problèmes c'est, outre le nécessaire respect des libertés consacrées par la Constitution algérienne, également éloigner tous les prétextes aux interventions et pressions étrangères qu'agitent les mêmes puissances impérialistes responsables des massacres et de la barbarie sionistes en Palestine.
Ces questions-là, nous les avons débattues librement avec la délégation du FFS venue présenter la démarche qu'elle soumet aux partis et, à juste raison, a tenu à préciser qu'il ne s'agit pas d'une initiative politique achevée, mais plutôt d'une recherche des instruments à même de permettre l'ouverture d'un débat politique. Ce qui, de notre point de vue, conforte le multipartisme.
C'est-à-dire, pour nous, en toute circonstance, nous pouvons faire l'unité d'action avec un ou plusieurs partis dans le respect des programmes de chacun, autour d'un objectif politique clair en rapport avec des problèmes d'actualité ou des questions démocratiques nationales, la défense du pays, de sa souveraineté et son intégrité ou encore pour exprimer notre solidarité avec un peuple opprimé. C'est toute la différence entre l'unité d'action et l'unicité qui dissout les partis dans un magma qui rappelle la pensée unique.

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