France Algérie : la mise au point!
Il y a une volonté évidente d'apaisement entre Alger et Paris. De ce côté-ci de la Méditerranée, on est prêt à reprendre langue mais pas avec n'importe qui. «On garde comme unique point de repère le président Macron. Nous travaillons ensemble. Il y a eu, c'est vrai, un moment d'incompréhension, mais il reste le Président de la République française et, personnellement, tous les problèmes doivent se régler soit avec lui ou avec la personne qu'il délègue, en l'occurrence son ministre des Affaires étrangères, à juste titre», a souligné le président Tebboune lors de l'entrevue périodique accordée à des médias de la presse nationale, diffusée samedi. Le sujet était inévitable. Cette rencontre a donc été une opportunité pour faire le point sur cette crise inédite entre l'Algérie et la France qui a pris des proportions inattendues avec les attaques répétées d'une extrême droite qui a mangé de la vache enragée et les menaces incessantes du ministre de l'Intérieur français de mettre en charpie les relations entre les deux pays. Sans en mesurer les conséquences. Les deux pays qui ont, en effet, en partage une histoire commune, aussi tragique soit-elle, ont au fil des années, et pas seulement depuis l'indépendance, noué des liens puissants économiques et humains. Des passerelles ont été jetées. Des millions d'Algériens d'origine et naturalisés sont établis dans l'Hexagone, y travaillent, contribuent à son essor économique. Comme l'ont fait d'autres générations avant eux qui soit ont été mobilisés pour libérer la France contre l'occupant nazi durant les deux guerres mondiales (1914-18 et 1939-45), soit ont contribué à la reconstruction de la France. Des milliers de médecins y exercent aujourd'hui et pallient un système de soins où la crise s'éternise. Réciproquement, près de 35 200 Français vivaient en Algérie en 2020, selon France Diplomatie, et pas moins de 450 entreprises françaises y sont implantées. La France pointe également en 3e position des pays investisseurs en Algérie derrière les États-Unis et l'Italie. Avoir tout ce potentiel humain et économique en commun, ce n'est qu'un cliché, et le dilapider relèverait de l'irresponsabilité. C'est ce dont font preuve l'extrême droite française et le premier flic de France, Bruneau Retailleau en l'occurrence, qui veulent faire courir à leur perte les relations franco-algériennes. «Il y a un brouhaha, un capharnaüm politique (en France) autour d'un contentieux créé de toutes pièces», a déclaré Abdelmadjid Tebboune. Il y a donc urgence à ce qu'Emmanuel Macron, président de la République française, reprenne la main. Pour l'intérêt des peuples français et algérien...