Le pétrole clôt la semaine à plus de 72 dollars
Le baril se rebiffe
Hormis la séance de mardi dernier où ils ont flanché, les cours de l’or noir ont aligné quatre séances de hausse.

4/5. C'était presque parfait. Hormis le ratage de la séance de mardi dernier où ils ont flanché, les cours de l'or noir ont aligné quatre séances de hausse. On les croyait pourtant en perdition depuis que les huit pays membres de l'Opep+ qui ont procédé à des coupes supplémentaires volontaires de leur production ont opté à un retour progressif de leur offre à partir du 1er avril 2025. C'était ignorer le «retour de flamme» dont lui seul a le secret. C'est, en effet, à une séance hebdomadaire de bon aloi que nous ont convié les prix du pétrole qui ont débuté leur première journée de cotation de la semaine passée sur les chapeaux de roues. Les cours de l'or noir ont, en effet, progressé le 17 mars, tirés par les tensions croissantes en mer Rouge, entre frappes des États-Unis au Yémen et riposte des rebelles houthis.
Les opérateurs craignant un élargissement du conflit dans la région. Dans un tel contexte, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a gagné 0,70% à 71,07 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en avril, a pris 0,60% à 67,58 dollars. Les prix du pétrole ont progressé face à «la possibilité d'une expansion de cette situation», a estimé Robert Yawger, de Mizuho USA. L'embellie sera toutefois de courte durée. Dès le lendemain les cours du pétrole ont reculé.
Les craintes sur la demande ayant supplanté la prime de risque géopolitique. Le baril de Brent de la mer du Nord perdra 0,72% à 70,56 dollars. Celui de West Texas Intermediate reculera de 1,01% à 66,90 dollars. Pourquoi? «Ce revirement est le résultat de l'inquiétude persistante des opérateurs quant à l'impact des droits de douane, en particulier à l'approche du 2 avril», explique Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
«Le sentiment général du marché est celui d'une destruction de la demande en raison de la politique économique de Donald Trump, principalement en ce qui concerne les droits de douane», a renchéri Robert Yawger, de Mizuho USA. Il faut rappeler que le président américain a annoncé, début mars, la mise en place, à compter du 2 avril, de ces droits de douane dits «réciproques» qui doivent s'inscrire dans la durée.
Les choses iront mieux vingt-quatre heures plus tard. Les prix ont évolué en hausse mercredi, portés par la publication du rapport hebdomadaire des stocks de pétrole aux États-Unis, mais quelque peu retenus par l'issue de la réunion de la Banque centrale américaine (Fed). Durant la semaine achevée le 14 mars, les réserves commerciales de pétrole ont progressé de 1,7 million de barils à 437 millions, leur plus haut niveau depuis mi-juillet, selon des informations publiées mercredi par l'Agence américaine sur l'énergie (EIA).
Les prix en profiteront. Le Brent progressera de 0,31% à 70,78 dollars. Le WTI grignotera 0,39% à 67,16 dollars.
Le baril continuera sa marche en avant pour le reste de la semaine. Jeudi, les cours du pétrole monteront après de nouvelles sanctions de l'administration américaine visant à réduire les exportations d'or noir de l'Iran, au moment où Donald Trump veut conclure un accord sur le nucléaire iranien. Le gouvernement américain a annoncé des sanctions contre une raffinerie indépendante en Chine, accusée de transformer illégalement du pétrole iranien, en soulignant sa volonté de «réduire à zéro» les exportations de brut de Téhéran. Résultat.
Le Brent a gagné 1,72% à 72,00 dollars. Le WTI a grimpé, pour sa part, de 1,64% à 68,26 dollars. «Aujourd'hui, l'Iran est à nouveau dans le collimateur de l'administration» américaine, a souligné John Kilduff, d'Again Capital. En Chine, des raffineries indépendantes, surnommées «théières», sont suspectées de transformer le pétrole iranien en dépit des sanctions internationales le visant.
Les cours termineront la semaine, le 21 mars, en beauté. Le Brent clôturera sur un gain de 0,22% à 72,16 dollars. Le WTI grappillera de 0,31% à 68,28 dollars. Le marché «s'est redressé après les commentaires de Donald Trump sur les droits de douane», fera remarquer Robert Yawger, de Mizuho USA. Pourvu que ça dure...