Le pétrole clôture à plus de 70 dollars
Le baril à l’équilibre
Le Brent de la mer du Nord a terminé la semaine qui s’est achevée le 14 mars pratiquement au même niveau que la précédente, à 70,58 dollars.

Secoué par la décision des huit pays membres de l'Opep+ qui ont procédé à des coupes supplémentaires volontaires de leur production afin de procéder à un retour progressif de leur offre à partir du 1er avril 2025, le marché pétrolier semble retrouver ses esprits, un peu plus de sérénité. Les prix du pétrole ont en effet clos la semaine qui s'est achevée le 14 mars sur une légère hausse par rapport à la précédente. Les choses ne se présentaient pourtant pas sous de bons auspices. Les cours de l'or noir ont entamé lundi 10 mars leur première séance de cotation sur une chute. Plombés par les craintes sur l'état de santé de l'économie américaine, alors que les inquiétudes sur un déséquilibre entre une offre trop abondante et une demande en retrait persistaient. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a lâché 1,54% à 69,28 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en avril, a perdu 1,51% à 66,03 dollars. Que s'est-il passé? Les opérateurs «s'adaptent» aux craintes autour de l'état de santé de l'économie américaine qui agitent les marchés d'actions, souligne Robert Yawger, de Mizuho USA. Il faut rappeler à ce sujet que le président US Donald Trump est resté très flou lorsqu'une journaliste de Fox News lui a demandé lors d'un entretien diffusé dimanche s'il s'attendait à une récession aux États-Unis. «Trump n'a pas utilisé le mot «récession», mais c'est ce que pensent les marchés financiers», a indiqué Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management. Conséquence: «Nous nous rapprochons du niveau le plus bas de la semaine dernière», lorsque le prix du brut était descendu à des niveaux plus vus depuis plusieurs années, relève Robert Yawger. Le pétrole résistera mieux les deux séances suivantes. Les cours du pétrole ont entamé un léger rebond mardi, après leur net recul de la veille lié aux craintes sur l'état de santé de l'économie américaine avant de continuer à rebondir mercredi boostés par une prévision de production mondiale en 2025 revue à la baisse par l'Agence américaine sur l'énergie. L'Eia s'attend à ce que «les stocks mondiaux de pétrole diminuent au deuxième trimestre 2025, en partie en raison de la baisse de la production de pétrole brut en Iran et au Venezuela», selon son rapport mensuel sur les perspectives énergétiques à court terme. Un élan qui sera cependant brisé. Et c'est l'AIE qui douchera les prix. Les cours de l'or noir reculeront, jeudi, lestés par la publication d'un rapport de l'Agence internationale de l'énergie anticipant une offre mondiale excédentaire en 2025 même en cas de pause de la hausse de production de l'Opep+ après avril. Si la demande de pétrole devrait bien s'accroître en 2025, l'AIE met l'accent sur l'offre mondiale qui pourrait surpasser la demande d'environ 600.000 barils par jour cette année. Cette information a participé à tourner les cours de l'or noir à la baisse, note James Williams, de WTRG Economics. Le baril de Brent de la mer du Nord refluera de 1,51% à 69,88 dollars. Celui de West Texas Intermediate reculera de 1,67% à 66,55 dollars. Le baril redressera toutefois l'échine vendredi. Les cours de l'or noir progresseront, profitant d'un élan d'optimisme sur les marchés boursiers et après avoir beaucoup baissé en peu de temps. Le Brent de la mer du Nord a gagné 1,00% à 70,58 dollars. Son équivalent américain, le WTI, avancera de 0,95% à 67,18 dollars. Quelles sont les causes de ce retour dans le vert? Les prix «tentent de se stabiliser après une baisse assez importante enregistrée» récemment, selon Daniel Ghali, de TD Securities. Cette augmentation des cours de l'or noir «reflète le retour dans le vert» des marchés, ce qui est un facteur positif pour l'économie et donc la demande de pétrole, explique pour sa part Arne Lohmann Rasmussen, analyste de Global Risk Management. De bon augure pour la suite...