L’état d’urgence climatique
L'Agenda 2030 des Nations unies met l'accent sur la nécessité de «prendre d'urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions» (Objectif de développement durable N° 13).
Cet objectif constitue le principal défi à relever dans chaque pays, car le réchauffement climatique constitue la principale menace existentielle à l'échelle planétaire en ce XXIe siècle.
Les changements climatiques affectent désormais tous les pays sur tous les continents. Cela perturbe les économies nationales et affecte des vies, coûte cher aux personnes, aux communautés et aux pays aujourd'hui et même plus demain. Les conditions météorologiques changent, le niveau de la mer monte, les phénomènes météorologiques deviennent plus extrêmes et les émissions de gaz à effet de serre sont maintenant à leur plus haut niveau de l'histoire.
Sans action, la température moyenne à la surface du monde devrait dépasser les 3 degrés centigrades ce siècle. Les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus touchées.
Des solutions abordables et évolutives sont désormais disponibles pour permettre aux pays de passer à des économies plus propres et plus résilientes. Le rythme du changement s'accélère à mesure que de plus en plus de personnes se tournent vers les énergies renouvelables et que d'autres mesures réduiront les émissions et intensifieront les efforts d'adaptation. Le changement climatique est toutefois un défi mondial qui ne respecte pas les frontières nationales. C'est un problème qui nécessite des solutions qui doivent être coordonnées au niveau international pour aider les pays en développement à évoluer vers une économie à faibles émissions de carbone.
Pour renforcer la réponse mondiale à la menace du changement climatique, les pays ont adopté, lors de la COP21, l'Accord de Paris, entré en vigueur en novembre 2016. Dans cet accord, tous les pays ont convenu de limiter la hausse des températures à 2 degrés centigrades.
La mise en oeuvre de l'Accord de Paris est essentielle à la réalisation des Objectifs de développement durable et fournit une feuille de route pour les actions climatiques qui réduiront les émissions et renforceront la résilience climatique. En avril 2018, 175 parties avaient ratifié l'Accord de Paris et 10 pays en développement avaient présenté leur première version de leurs plans nationaux d'adaptation pour faire face aux changements climatiques.
Les orientations fixées visent à:
-renforcer, dans tous les pays, la résilience et les capacités d'adaptation face aux aléas climatiques et aux catastrophes naturelles liées au climat;
-incorporer des mesures relatives aux changements climatiques dans les politiques, les stratégies et la planification nationales;
améliorer l'éducation, la sensibilisation et les capacités individuelles et institutionnelles en ce qui concerne l'adaptation aux changements climatiques, l'atténuation de leurs effets et la réduction de leur impact et les systèmes d'alerte rapide;
-mettre en oeuvre l'engagement que les pays développés, parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ont pris de mobiliser ensemble auprès de multiples sources 100 milliards de dollars US par an pour répondre aux besoins des pays en développement en ce qui concerne les mesures concrètes d'atténuation et la transparence de leur mise en oeuvre et rendre le Fonds vert pour le climat pleinement opérationnel en le dotant dans les plus brefs délais des moyens financiers nécessaires;
-promouvoir des mécanismes de renforcement des capacités afin que les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement se dotent de moyens efficaces de planification et de gestion pour faire face aux changements climatiques, l'accent étant mis notamment sur les femmes, les jeunes, la population locale et les groupes marginalisés.
Les pays développés sont ceux qui émettent le plus de gaz à effet de serre à l'origine du réchauffement climatique.
Considérée comme l'un des 24 pays les plus impactés dans le monde par les changements climatiques, avec la désertification et les pénuries d'eau, l'Algérie a initié un Plan national climat (PNC) ambitieux, pour faire face à ces changements et atteindre les objectifs en matière de développement durable. Le PNC comporte 155 actions, dont 76 actions atténuation, 63 actions d'adaptation et 16 actions transversales.
En ratifiant l'Accord de Paris sur le climat, en 2016, l'Algérie s'est engagée à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) à 7% en utilisant ses propres capacités. Un chiffre qui peut atteindre les 22% grâce au soutien international. L'Algérie a ainsi bénéficié récemment d'une aide financière octroyée par le Fonds vert pour le climat (GCF), pour l'élaboration d'un plan national d'adaptation qui concernera 32 wilayas
Le Plan national climat (PNC) constitue la pièce maîtresse de l'approche stratégique de l'Algérie pour contrer les effets du changement climatique et regroupe toutes les actions planifiées ou prévues des secteurs à différents horizons couvrant les aspects d'adaptation aux changements climatiques et pour respecter ses engagements tels qu'exprimés dans la Contribution déterminée au niveau national (CDN) et aussi d'atténuer les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Ce plan est constitué de 9 sections qui représentent un schéma global du plan, des objectifs, de la méthodologie, de la stratégie, des actions et du cadre financier ainsi que de toutes les annexes y afférents. Le PNC couvre la période 2020-2025. Il est élaboré par le Comité national climat (CNC) présidé par le ministère de l'Environnement et des Énergies renouvelables (Meer).
Le CNC a défini les phases et la méthodologie d'élaboration du PNC et a vérifié leur respect lors de la conduite des travaux.
Cette gouvernance est assurée par les institutions sectorielles chargées de la mise en oeuvre des politiques à savoir les ministères, les agences et les institutions spécialisées, les organes sous tutelles (OST), les directions techniques de wilayas et les services techniques déconcentrés et locaux. Une série de mesures d'accompagnement est nécessaire pour réunir les conditions favorables à sa mise en oeuvre, suivi, évaluation et actualisation ceci afin d'assurer la mise en place et le fonctionnement du cadre de gouvernance.
Les objectifs de développement de cette stratégie climatique concernent, en particulier, la sécurité alimentaire, la diversification des activités économiques, l'amélioration des infrastructures de transport, la transition énergétique, la disponibilité en eau, le rééquilibrage territorial, l'accès à la santé, l'accès au logement et la résorption de l'habitat précaire, ainsi que la réduction de la pauvreté et la conservation, la protection, la restauration et la valorisation des écosystèmes naturels.
Le PNC s'inscrit, à cet effet, dans le cadre du Plan national d'actions pour l'environnement et le développement durable définissant les projets et actions à mettre en oeuvre à court et moyen termes dans les domaines de l'énergie, de l'eau, de l'agriculture, de la biodiversité, de l'aménagement du territoire, des villes ou encore du littoral, tout en se conformant aux conventions ratifiées entrant dans ce cadre (protocole de Tokyo/Accord de Paris/conventions multilatérales sur l'environnement).
Le phasage du PNC se projette sur d'ici à 2035 en suivant un cheminement passant par l'adaptation des actions de court et moyen termes (2 programmes: 2020-2025/2020-2035) ainsi que les volets d'atténuation et de la transversalité comprenant toutes les actions à court terme dans l'ensemble des secteurs, notamment le secteur de l'énergie avec le plan climat de Sonatrach comportant des projets d'énergies renouvelables priorisant le solaire et l'hydrogène, et la plantation d'arbres sur une superficie de 520 000 hectares visant à absorber les gaz à effet de serre.
Citons également la relance du Barrage vert par le ministère de l'Agriculture et du Développement rural qui vise à porter la superficie de reboisement de 3,7 à 4,7 millions d'hectares dans les zones steppiques.
Le succès du Plan national climat repose en définitive sur une coordination de tous les secteurs concernés, avec une supervision au plus haut niveau de l'État, et un suivi périodique d'exécution des mesures préconisées.
Face à l'urgence climatique, il faudra mener des actions continues de formation et de sensibilisation à tous les niveaux et associer dans ce combat du siècle les collectivités locales, le secteur privé et la société civile. C'est une responsabilité à la fois collective et individuelle.