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La voix inaudible de l’élite

Des rencontres, des forums et des débats sont quotidiennement organisés entre intellectuels et universitaires depuis le début du Mouvement populaire, mais sans emprise sur le terrain, sans voix dans les médias et n’arrivent pas à s’imposer sur les réseaux sociaux. Des enseignants du supérieur se sont échinés des semaines durant à sécréter un document pour une sortie de crise mais leur labeur est resté sans lendemains. Le gratin des hommes politiques, de la société civile et du Hirak ont défilé depuis des semaines à l’université de Tizi Ouzou pour disséquer la crise, mais l’impact n’est pas à la mesure du travail accompli. Des universitaires, médecins, avocats et des intellectuels qui ont appelé, hier, depuis Ouargla, à soutenir un dialogue « global et inclusif » lors de la conférence pour la valorisation du Hirak, ont à peine bénéficié d’une dépêche de l’agence officielle APS. Si le problème de la transmission de l’information à tous les compartiments de la société n’est pas nouveau, il se pose de manière plus sérieuse en cette phase de bouleversements socio-politiques du pays. Pourquoi l’élite algérienne, n’arrive pas à trouver le moyen d’impacter ce formidable mouvement de renaissance algérienne qui dure depuis cinq mois ? L’absence totale de leaders ou d’intellectuels pour lui donner un cap est une réelle faiblesse. Aucun mouvement populaire, aussi puissant et motivé soit-il, ne peut se pérenniser sans la sève intellectuelle et politique. C’est cette sève qui doit constamment nourrir son projet de réalisation d’un Etat démocratique. L’extraordinaire mobilisation populaire, vendredi dernier, qui a admirablement réédité la fête du 5 Juillet, 57 ans après l’indépendance force le respect.
Un tel éveil, un tel sursaut populaire, un tel projet, a besoin d’élites pour le sauver. Dans la vie des mouvements de masse, il y a une implacable règle que ressassent tous les chercheurs en la matière. Ils affirment et alertent, que les soulèvements à grande échelle peuvent avoir un impact majeur sur la conscience publique, mais ils ne peuvent jamais durer très longtemps. Sous la menace de ce verdict, le Hirak est-il donc condamné à disparaître ? La réponse est «oui». Il a remporté des victoires inimaginables, il y a à peine quelques mois. Qui aurait imaginé ébranler l’ex-président Abdelaziz Bouteflika ergonomiquement assis dans son fauteuil, voire le puissant patron du DRS, celui de la Dgsn, deux Premiers ministres, des ministres et des hommes intouchables derrière les barreaux avec leurs progénitures ? Il se déroule sous nos yeux un incroyable feuilleton à rebondissements inattendus qui a comme metteur en scène le Hirak, mais qui a besoin d’être nourri par la sève de ses intellectuels. Tout au moins pour consolider durablement ses acquis.

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