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Le peuple se soulève dans des dizaines de villes pour dénoncer la normalisation avec Israël

Sursaut de dignité au Maroc

Malgré les charges des policiers, plusieurs sit-in de protestation ont été organisés par le Front marocain de soutien à la Palestine dans 36 villes marocaines.

La caste minoritaire au pouvoir à Rabat a écarté plusieurs officiers de l'armée marocaine, dont des généraux. Cette information circule avec insistance dans les milieux «autorisés» occidentaux et israéliens. Une purge a ainsi été opérée, se soldant par des dizaines d'arrestations dans les rangs de l'institution militaire. Une vaste opération d'arrestations a permis de «nettoyer» l'armée de beaucoup d'éléments hostiles au rapprochement isrélo-marocain. Le Makhzen a agi, disent des réseaux israéliens spécialisés, sur la base de renseignements fournis par le Mossad. Le logiciel Pegasus a donc servi à «déblayer» le terrain aux accords sécuritaires signés récemment entre Rabat et Tel-Aviv. Il faut dire que ce n'est pas la première fois que le Maroc liquide des officiers contestataires à l'ordre établi dans le royaume. Entre 1970 et 1971, deux tentatives de renverser Hassane II. Le roi avait répondu aux tentatives de coup d'Etat par une répression terrible et le bagne Tazmamart porte encore les traces des 58 officiers incarcérés, dont seulement 28 ont survécu aux conditions inhumaines d'incarcération. Ses accointances avec Israël relevaient à l'époque déjà du secret de Polichinelle. Pour preuve le témoignage, plusieurs années après les faits, d'un officier du Mossad qui a décrit comment
Hassane II avait trahi les Arabes pour offrir la victoire à Israël lors de la guerre des Six-Jours en 1967. Les révélations sur les récentes arrestations opérées dans les rangs de l'armée renseignent sur l'existence, à ce jour, d'une résistance au sein de ce qui reste de l'Etat marocain. Le père et le fils passent pour maîtres lorsqu'il s'agit de mater les sursauts de dignité des élites, à l'image de l'assassinat de l'opposant Mehdi Benbarka. Mais il sera difficile à Mohammed VI de venir à bout d'un sursaut authenmtiquement populaire. Il faut savoir, à ce propos, que la population marocaine ne désarme pas et occupe la rue dans l'écrasante majorité des villes du royaume pour dénoncer la trahison du roi. La colère gronde. Les Marocains savent que le pacte avec Israël est dirigé contre les Algériens, mais aussi contre eux. Ils refusent le fait accompli et le disent haut et fort, avec courage et dignité, en bravant le danger d'une répression féroce des forces de l'ordre. Et celle-ci s'exerce avec méthode et bénéficie du black-out médiatique occidental. En réalité, l'entreprise de normalisation avec l'Etat sioniste fait face à une véritable résistance du peuple. On en veut pour preuve que malgré les charges des policiers, plusieurs sit-in de protestation ont été organisés par le Front marocain de soutien à la Palestine dans 36 villes marocaines. La violence policière n'a pas réussi à faire taire la voix de la société profonde. Cette agitation fait craindre le pire à la France qui, tout en organisant une sorte d'embargo sur l'information dans ce pays, n'en montre pas moins une forte inquiétude devant le délitement de la situation dans le royaume. Dans les sphères françaises, soutiens du Maroc, on n'hésite plus à parler d'un probable effondrement du régime sous la pression de la rue, mais également des coups de boutoir de l'armée sahraouie. Il faut savoir, à ce propos que, si le Maroc parvient à cacher la vérité sur ce qui se passe sur le terrain des opérations militaires, dans les cercles informés, on fait le constat d'une terrible réalité où face à de pertes humaines de plus en plus lourdes dans les rangs de l'armée marocaine, le Makhzen répond par des actions d'une sauvagerie sans égal à l'encontre des civils et militants politiques des territoires occupés. Ces dérives interviennent dans un contexte socio-économique explosif. En effet, affaibli par une crise économique qui a plongé des pans entiers de la société dans l'extrême pauvreté, rongé par une corruption endémique à l'origine d'un malaise social profond et soumis à une terrible pression des barons de la drogue, qui engrangent 20% de la richesse du pays, le Maroc a quasiment perdu tout contrôle sur son destin, depuis la conclusion d'un pacte de défense avec Israël. Ecrasé par le poids d'une dette de 40,5 milliards de dollars et accusant un déficit commercial de l'ordre de 14,81 milliards de dollars sur les huit premiers mois de l'année en cours, le royaume est pieds et poings liés face à l'ogre sioniste qui dicte ses volontés au Makhzen. De fait, la normalisation avec Israël a accentué l'état de délabrement de la scène politique, économique et sociale marocaine. La défiance des Marocains fragilise considérablement l'autorité du roi et l'on entend, dans les manifestations, des slogans remettant en cause la personne de Mohammed VI. Cette réalité n'échappe à personne et encore moins aux élites patriotes du royaume, exclues de la vie publique par les combines d'un personnel politique totalement acquis aux desseins d'Israël dans la région. 

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