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Le gouvernement a planché sur la mobilisation de l'eau et le stockage des céréales

Les piliers de la sécurité alimentaire

L'Algérie est aux portes de sa deuxième révolution agraire. Et cette fois avec une vision à long terme.

Le gouvernement a planché ce jeudi sur deux dossiers stratégiques en lien avec la sécurité alimentaire. Que ce soit la mobilisation de l'eau potable ou le stockage des céréales, il y va de l'avenir de la nation. On ne peut pas, dans les circonstances géopolitiques du moment réduire l'importance de l'un des deux challenges que l'Algérie se doit de relever. La raison est très simple: la sécurité alimentaire ne s'achète pas, elle se construit. L'on a bien constaté cet impératif lors de la crise sanitaire ou encore la guerre en Ukraine. Les États ont beau posséder des réserves financières en milliers de milliards de dollars, ils ne sont pas parvenus à se mettre à l'abri par la signature de gros chèques. Dans le premier cas, comme pour le second, c'étaient les pays producteurs qui dictaient leurs lois. La double épreuve de la santé et de la guerre obligent les nations à considérer l'argent pour ce qu'il est, à savoir un moyen, et pas le seul, à s'assurer une sécurité.
Pour l'Algérie, la réunion du gouvernement et les multiples déclarations du président de la République l'attestent, l'enjeu est stratégique et le défi s'en trouve décuplé, bien plus que pour l'ensemble des pays développés. Outre que le pays se doit de garantir une production céréalière à même de satisfaire les besoins de la population, mais aussi et surtout mobiliser assez d'eau pour que cela soit possible. Une course contre la montre s'engage donc pour un Exécutif qui a pris la mesure de l'immensité de la tâche. Et pour cause, il y a d'un côté une quasi-impossibilité à s'assurer une production d'eau suffisante pour l'usage de consommation et d'irrigation et de l'autre, une impérieuse obligation de produire deux à trois fois plus de blé pour mettre le pays à l'abri d'une nouvelle crise planétaire en ces temps de grandes incertitudes. Cette équation est insoluble au nord du pays, même avec la vingtaine d'usines de dessalement de l'eau de mer. Ces installations, coûteuses en énergie, faut-il le souligner, règle partiellement la problématique de la consommation, mais n'apporte aucune garantie d'irrigation permanente. Cependant cette solution demeure tout de même incontournable, voire vitale pour la sauvegarde du minimum requis pour la survie.
La solution, la vraie qui peut même être, à plus ou moins long terme, définitive pour plusieurs générations existe pour l'Algérie.
Le président de la République en a tracé les grandes lignes et même forcé la cadence pour sa mise en oeuvre. Il est là question de la mobilisation de l'extraordinaire potentiel hydrique qui «sommeille» dans le sous-sol du Sahara. Bien plus précieux que le pétrole et le gaz, l'eau nichée dans les nappes albiennes du Grand Sud du pays suffit à alimenter le pays sur plusieurs centaines d'années. Ce n'est pas du charlatanisme, mais une donnée scientifiquement établie. La chance de l'Algérie est dans la mobilisation de cette eau qui a permis, cette année de réussir un récolte historique de blé dans un contexte national et régional de grave sécheresse. Et ce n'est là qu'un début.
Les multiples projets à Ouargla, Timimoun et Adrar, pour ne citer que les plus en vue, auront pour conséquence de décupler à moyen terme les récoltes de céréales, mais aussi d'aliments de bétail, de légumes secs et autres produits agricoles.
L'Algérie est aux portes de sa deuxième révolution agraire. Et cette fois avec une vision à long terme. Car la réalisation de silos de stockage des céréales, objet de toutes les insistances du président de la République, renvoie aux projections de production dans les prochaines années. C'est en cela que la réunion du gouvernement prend tout son sens. L'examen de ce dossier précisément prouve par A+B que l'on n'est plus dans la phase de réflexion ou autre étude. L'Algérie est bel et bien passé à l'action. La sécurité alimentaire est à portée de main. Et c'est le Grand Sud qui est à l'origine.
Lancer ces deux grands chantiers en même temps permet à l'Algérie de jouer sur les principaux tableaux de sa sécurité alimentaire. S'il est clair que la formule choisie par l'Exécutif ne saurait être pleinement efficace que dans le cas d'un accompagnement permanent par une stratégie audacieuse en matière de mobilisation d'une ressource énergétique durable, la réussite de cet immense chantier nécessite également une implication directe et permanente de la recherche scientifique.
Il est entendu cependant que le triple, voire le quadruple challenge de l'Algérie, tient dans la capacité de sa ressource humaine à pouvoir manager cet immense complexe. Entre énergéticiens, agronomes, hydrauliciens et technologues, les cerveaux algériens doivent travailler de concert et pendant longtemps, pour parvenir à défier une nature qui assèche le climat de leur pays, au risque d'en faire une terre inhospitalière. C'est à ce niveau que se joue l'avenir de l'Algérie.

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