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Grève et commerce des cours de soutien clandestins

La grande arnaque

Un mouvement de grève est facile à déclencher, la difficulté réside dans sa gestion et surtout son arrêt.

Si le droit à l'exercice syndical est consacré par la loi fondamentale,la Constitution en l'occurrence, il n'en demeure pas moins qu'elle obéit à des règles, à des pratiques et surtout à l'éthique.
La grève que le monde du travail et la culture syndicale définissent comme étant le dernier recours, renvoient aussi à la gestion des conflits sociaux du travail dans ses chapitres de conflits individuels et collectifs.
À l'instar de la dépolitisation de la société, fruit de la banalisation de l'acte politique, la désyndicalisation qui touche, aujourd'hui, tous les secteurs d'activité, notamment la fonction publique, est la conséquence directe de la banalisation du droit de grève, lequel droit est excessivement utilisé au point de le voir usé et abîmé. Sans même entamer les voies et les moyens de résoudre les problèmes exposés sous forme de revendications, on opte généralement pour les rapports de force sans toutefois les construire.
Si le mouvement de grève est relativement facile à déclencher, la difficulté réside dans sa gestion et surtout dans son arrêt.
Quel est le syndicat qui fixe le seuil minimal pour la reprise du travail en cas de déclenchement du mouvement de grève? Est-il concevable de déclencher un mouvement de grève sans prévoir la manière.
La grève du Cnapest dans le secteur de l'éducation est un cas édifiant aujourd'hui. Même si les revendications mises en avant sont légitimes, recevables à plus d'un titre, se lancer dans une grève cyclique en cette période cruciale ponctuée de crise sanitaire et de relâchement syndical semble inopportun aux yeux des syndicalistes avertis. La politique jusqu'au-boutiste en matière d'activité syndicale n'a jamais été porteuse d'éléments de mobilisation et d'engagement, bien au contraire.
Aucun mouvement de grève ne peut échapper au spectre du pourrissement. Le mieux, ou plutôt la prudence syndicale est d'imaginer la suite du mouvement de grève et surtout la manière la plus adéquate en matière de sortie de crise pour en sortir indemne au risque de voir ses rangs se rétrécir
Qu'en est-il du piquet de grève dans les mouvements déclenchés dans le secteur de l'éducation? Ont-ils existé, programmés ou planifiés? Le piquet de grève dans le jargon syndical est le moyen de se rendre visible sur le terrain et dans le milieu du travail. C'est surtout le moyen le mieux indiqué pour maintenir la mobilisation.
Hormis les syndicalistes engagés, déterminés, soucieux de la réussite de leur mouvement et surtout convaincus de la justesse de leur démarche, rares sont ceux qui se présentent sur leur lieu de travail.
Pour certains, c'est l'occasion de vaquer à ses besoins et de régler ses affaires. Pour une partie des enseignants c'est aussi l'occasion de programmer des séances de cours de soutien obligeant même les élèves à les suivre dans leurs programmes. Angoissés, les élèves des classes d'examen se rabattent sur diverses formules de cours de soutien pour rattraper le retard.
Les parents, de leur côté, aussi angoissés, n'ont qu'un seul et unique souhait: voir leurs progénitures décrocher le sésame (bac et BEM après la suppression de la 5ème), cèdent et encouragent leurs enfants à opter pour ces cours de soutien.
D'ailleurs, à chaque mouvement de grève, la demande des cours de soutien flambe. Décidément, le secteur de l'éducation est livré à lui-même,
à l'improvisation et à une certaine légèreté dans sa gestion. 

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