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Saïd Chanegriha situe les futurs enjeux géostratégiques

«C'est la guerre de l'eau»

Le chef d'état-major de l'ANP a souligné que l'eau constitue un moyen pour alimenter l'instabilité interne des États en situation de stress hydrique, d'insécurité alimentaire et d'incapacité à créer un système national solide et durable en la matière.

«L'eau au coeur des conflits internationaux: le cas de l'Afrique.» Tel est le thème du colloque dont l'ouverture des travaux a été présidée, hier, par le général de corps d'armée Saïd Chanegriha, chef d'état-major de l'ANP. Organisé au niveau de l'Institut des Hautes études de Sécurité nationale, l'événement vise à partager des analyses objectives et dégager des solutions pratiques permettant de faire face aux menaces sécuritaires engendrées par les conflits sur les ressources en eau en Afrique. À cet égard, le chef d'état-major de l'ANP a, dans son allocution, mis en exergue l'importance de l'eau en tant que matière essentielle, mais aussi les conflits engendrés. Dans ce sillage, le général de corps d'armée a souligné que «cette rencontre a pour objectif de jeter la lumière sur les évolutions et les menaces sécuritaires, économiques et sociétales liées à l'eau, tout en se focalisant sur la profondeur africaine en particulier», dont la compréhension, a-t-il précisé, «s'avère plus que nécessaire afin d'adopter et de mettre en oeuvre une stratégie nationale de sécurité hydrique, qui nous permettra d'être en phase avec ces évolutions et de faire face à leurs éventuelles menaces». Notamment ajoute-t-il «celles liées à la résolution pacifique et consensuelle des conflits autour de l'eau en Afrique, sans l'ingérence de parties étrangères et de manière à garantir la concrétisation des objectifs de l'agenda africain de 2023».
Dans son intervention, Saïd Chanegriha a indiqué que «l'eau, source de vie et de développement, constitue un outil de pression et de marchandage tel qu'en témoignent de nombreux paysages internationaux». Et d'ajouter qu'elle est, également, «un moyen pour alimenter l'instabilité interne des États en situation de stress hydrique, d'insécurité alimentaire et d'incapacité à créer un système national solide et durable en la matière». Réchauffement climatique, démographie galopante, urbanisation et industrialisation croissante, le cocktail s'annonce explosif. Suffisamment pour qu'en 2015 le Forum économique mondial de Davos ait placé en tête des risques futurs, pour la première fois de son existence, les conflits liés à l'eau. Pour le chef d'état-major, «l'eau représente aussi un élément intrinsèque de la sécurité nationale des États», raison pour laquelle, assure-t-il, «les États s'emploient à élaborer des conceptions intégrées, voire des stratégies prospectives» afin d'assurer «l'exploitation rationnelle de l'eau à même de satisfaire les besoins de survie et de garantir une vie décente aux générations actuelles et futures». C'est dans ce cadre qu' «intervient le rôle des institutions scientifiques et de recherche de l'ANP et des autres institutions de l'État, à travers l'organisation de telles activités scientifiques» précise-t-il. Une initiative qui «devraient déboucher sur l'élaboration de réflexions et d'idées, à même de répondre aux exigences de la sécurité nationale, dans toutes ses dimensions militaire, économique, sanitaire, sociétale et environnementale», a encore souligné le chef d'état-major. Un avis partagé par les participants au colloque à l'instar du directeur général de la Sécurité intérieure et de la directrice de l'Institut des Études supérieures sur la Sécurité nationale. Dans leurs interventions, ils ont mis l'accent, d'une part, sur la nécessité de mettre en place des mécanismes scientifiques et fonctionnels afin d'assurer la sécurité hydrique, et, d'autre part, sur l'apport des instances scientifiques et de recherche dans leurs efforts d'accompagnement académique aux institutions de l'État.

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