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Plusieurs morts dans l'attaque d'une agence des Renseignements

Le Tchad au bord du gouffre

Dans un communiqué publié hier, le gouvernement tchadien a indiqué qu'une attaque armée s'est déroulée dans la nuit de mardi à mercredi contre des bureaux des services de renseignement, faisant «plusieurs morts» à N'Djamena. Il précise que les responsables de cet assaut ne sont autres que des «éléments» du Parti socialiste sans frontières (PSF) que dirige l'ancien chef rebelle et perpétuel opposant Yaya Dillo. À en croire les autorités du pays, la «situation est sous contrôle» et les assaillants activement «recherchés».
Des soldats ont encerclé le siège du PSF alors que les accès à l'Agence nationale de sécurité de l'Etat ont tous été bloqués. À l'origine de ce coup d'éclat, il y aurait l'arrestation d'un responsable du PSF, accusé de «tentative d'assassinat contre le président de la Cour suprême».
Yaya Dillo qui est un opposant irréductible du président de la transition, Mahamat Idriss Deby Itno, après avoir été celui du père Idriss Deby Itno, rejette l'accusation qui ne serait qu'une «mise en scène». Il convient de préciser que Yaya Dillo est le cousin de Mahamat et le neveu d'Idriss Deby Itno qui, en février 2021, a tenté de l'emprisonner, pour concurrence à la présidentielle, une opération qui a coûté la vie à la mère et à un des fils de l'opposant. Hier soir, des tirs sporadiques étaient entendus devant le siège du PSF.
Proclamé successeur de son père en avril 2021, le général de 37 ans qu'était Mahamat Idriss Déby Itno dirige une junte de 15 généraux, pour une transition passée de 18 mois à plus de deux ans et une prochaine élection présidentielle à laquelle il est candidat. Yaya Dillo soutenu par une partie importante du clan Zaghawa, une ethnie tchadienne minoritaire dont le clan Déby qui gouverne le pays depuis 33 ans est issu, ainsi que la majorité des officiers de l'armée, a regagné le Tchad au lendemain d'un «dialogue politique» abrité par le Qatar pour une improbable réconciliation nationale. Pour autant, il reste l'un des plus farouches opposants à la junte et un pilier du clan Zaghawa, et il a obtenu le soutien de Saleh Déby, plus jeune frère du défunt président Idriss Déby.
Dans un tel contexte, on voit mal comment le Tchad qui bénéficiait d'une relative accalmie sécuritaire, malgré les coups portés de temps à autres par Boko Haram, et espérait renforcer la réconciliation avec les groupes rebelles, toujours présents dans le sud de la Libye, va transcender les menaces grandissantes à ses portes.
Outre le terrorisme qui sévit au Niger, au Mali et au Burkina, il a également le conflit au Soudan qui a fait plusieurs millions de déplacés dont un bon nombre au Tchad voisin. À cela, il faut ajouter les turbulences souterraines qui secouent encore la Libye d'où proviennent beaucoup d'armes et de groupes armés rebelles. Autant dire que toute la région sahélienne est devenue une dangereuse poudrière et pour peu que le Tchad succombe aux rivalités fratricides autour du pouvoir, l'explosion risque d'intervenir plus tôt que prévu.

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