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La Première ministre française Elisabeth Borne reconduite par Macron

La gauche agite une motion de censure

La coalition des partis de gauche, rassemblée derrière Jean-Luc Mélenchon, qui s’est classée deuxième aux législatives, compte déposer une motion de censure contre le gouvernement le 5 juillet.

La Première ministre française Elisabeth Borne a remis sa démission au président Emmanuel Macron, qui l'a refusée «afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en ces jours», a annoncé, hier, la Présidence.
À l'issue des législatives de dimanche, Macron se retrouve privé de majorité absolue à l'Assemblée nationale, un revers qui ouvre une période d'instabilité. Dans ce contexte, le chef de L'État va mener «les consultations politiques nécessaires (...) afin d'identifier les solutions constructives envisageables au service des Français», a précisé la Présidence. Il reçoit depuis hier les chefs de partis à l'Élysée. Elisabeth Borne a de son côté réuni l'ensemble du gouvernement à Matignon hier après-midi, a annoncé son entourage. La coalition centriste libérale, qui s'est appuyée pendant le premier mandat de cinq ans d'Emmanuel Macron sur une confortable majorité absolue (fixée à 289 députés), ne conserve que 245 sièges sur 577 à l'issue des législatives. Le reste de l'hémicycle se répartit principalement entre l'extrême droite de Marine Le Pen, qui réalise une percée inédite avec 89 députés, la gauche unie à l'initiative de son tribun Jean-Luc Mélenchon (au moins 150 députés) et la droite classique, avec une soixantaine de candidats. Cette configuration replace le Parlement au centre du jeu politique, une première depuis 1958 et la Ve République. Mme Borne demeurera au pouvoir mais les trois ministres battues dans les urnes, appelées de ce fait à démissionner, ont été présentes. Le président français, qui a été réélu en avril pour un second mandat de cinq ans, a reçu notamment le représentant des Républicains (LR, droite), du Parti socialiste (PS) et du Rassemblement national (RN, extrême droite). Et ce alors que les patrons du PS Olivier Faure et du Parti communiste Fabien Roussel ont indiqué qu'ils n'excluaient pas de faire tomber à terme le gouvernement d'Elisabeth Borne. La France insoumise (LFI), parti leader de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), la coalition des partis de gauche rassemblée derrière Jean-Luc Mélenchon qui s'est classée deuxième aux législatives, compte déposer une motion de censure contre le gouvernement le 5 juillet. Si la majorité des députés la votait, ce qui nécessiterait un improbable accord entre la gauche, la droite et l'extrême droite, le gouvernement tomberait.
La France entre dans une période de grande instabilité politique du fait de l'absence de majorité absolue pour les troupes d'Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale. Mais avant sa rencontre avec Macron, le président de LR Christian Jacob a rejeté, hier, toute idée de pacte de gouvernement, assurant que son parti ne serait pas la «roue de secours» de la majorité. «Nous restons dans l'opposition de matière déterminée mais responsable», a-t-il ajouté. Le secrétaire général de LR Aurélien Pradié avait néanmoins indiqué lundi qu'il n'était «pas question» pour lui de voter la motion de censure de LFI, faute de «valeurs républicaines» et d'un «projet» partagés «pour l'avenir de notre pays». La coalition présidentielle, dont le projet de retraite à 65 ans est rejeté tant à gauche qu'à l'extrême droite, doit conclure soit un accord de gouvernement avec d'autres partis, un scénario classique en Allemagne mais inusité en France, soit négocier ponctuellement sur chaque texte de loi.
Cette configuration replace le Parlement au centre du jeu politique, une première depuis 1958 et la Ve République. Après un premier quinquennat marqué par des épisodes clivants, comme le Mouvement populaire des «gilets jaunes» en 2018-2019, et dans un contexte international tendu qui pèse sur la pouvoir d'achat, Macron -souvent qualifié de «président des riches»- ne bénéficie pas d'une cote de popularité très élevée (56% des Français ne pensaient pas qu'il était un bon chef de l'État, selon un sondage Odoxa du 31 mai).

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