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Des ministres dans l’attente d’un nouveau gouvernement

Qui part et qui reste

Faire plier la bureaucratie et les bureaucrates est l’enjeu majeur du gouvernement Larbaoui.

Nommé, samedi dernier, le nouveau Premier ministre, Ennadir Larbaoui est demeuré silencieux. Jusqu'à hier soir, point de signal sur ses intentions immédiates. Il est le patron d'un gouvernement qui, en attendant un signal, vaque à ses occupations. Il n'y a objectivement pas trente-six explications à cette «retenue». Visiblement, le nouvel homme fort de l'Exécutif prend ses repères dans le nouvel environnement, assez éloigné du cabinet présidentiel. De nouveaux collaborateurs, avec leur propre méthode de travail. Il y a en effet, un temps à toute action et celui que prend présentement le Premier ministre est incompressible. Gageons que cette première phase sera on ne peut plus courte, puisque, on le devine aisément le nouveau locataire du Palais du gouvernement est certainement impatient de déployer son programme.
Dans son bureau, à l'abri des indiscrétions, même si son idée est déjà faite sur son action future, Ennadir Larbaoui a, bien entendu obligation de consulter, régler les derniers détails avant l'annonce officielle de l'équipe gouvernementale qui l'accompagnera les 13 prochains mois. La précision dans la confection de la liste des ministres est d'une importance capitale. L'homme ne dispose que d'un seul essai qui devra être le bon. Il s'engage dans un sprint haletant et une erreur de casting se payera cash à l'issue d'un exercice, certes passionnant pour tout Premier ministre, mais également difficile.
Ennadir Larbaoui hérite d'un gouvernement mi-politique, mi-technocrate. Des partis y ont leurs représentants, dont les bilans parleront pour eux ou, au contraire, marqueront la fin d'une participation à la gouvernance. Les grandes écoles et les plus prestigieuses entreprises publiques, ainsi que le secteur privé et la société civile, ont également fourni des ministres à la République. Le Premier ministre pourrait conserver l'équilibre voulu par le chef de l'État et conduire l'équipe avec quelques liftings dans certains départements ministériels, rendus nécessaires en raison de taux de réalisation des programmes décevant. De nouvelles têtes entreront donc au gouvernement, mais sans que cela n'apporte un renouveau significatif à la nouvelle équipe gouvernementale. Cette option ne doit pas être écartée à une année d'un rendez-vous électoral majeur où les dosages partisans, même s'ils n'apparaissent pas aux yeux du profane constituent un facteur essentiel dans la formation de tout Exécutif.
De grands ministres
Il reste que l'enjeu du sprint final conditionne le choix des ministres à la performance plutôt qu'à l'appartenance politique. Ennadir Larbaoui, qui a sans doute son cabinet en tête, reconduira certainement quelques membres de l'actuel gouvernement, mais aura également la responsabilité de le renforcer par du sang neuf, histoire d'y injecter l'énergie à même de booster son action et finir avec d'excellents résultats, notamment dans les secteurs horizontaux, à l'image de la numérisation, notamment. Cela pour dire que l'autre option, celle d'un gouvernement prioritairement technocrate avec des «managers» de haut niveau triés sur le volet et dotés d'une grande capacité de travail d'écoute et de réactivité. L'idéal pour le Premier ministre est de conduire une équipe de «grands ministres» dont les départements seraient interdépendants, à l'image de la Numérisation, du Commerce, de l'Industrie, des Start-up, de l'Agriculture, du Travail et des Travaux publics, notamment. Une équipe de «choc» qui travaillerait de concert pour mutualiser les efforts et parvenir à des résultats qu'on pourrait qualifier de spectaculaires. Et si l'on comptabilise les réalisations passées dans tous ces secteurs, il n'est pas du tout interdit d'attendre un boom dans le marché de l'emploi, des exportations, des infrastructures de base et de la numérisation de l'administration économique et sociale.
Cela nous ramène à la logique du facteur limitant. Une équipe gouvernementale dont la composante très imbriquée nécessite forcément à ce que tout le monde voit dans la même direction et avance à la même vitesse. C'est très difficile d'obtenir un bon résultat dans n'importe quel pays, tellement l'harmonie doit être de mise. Celle-ci s'obtient par le génie d'un chef d'orchestre qui saura «booster» les départements traînards. C'est le coeur de la mission de Ennadir Larbaoui, appelé à ne rien laisser au hasard. Le choix du président de la République est en cela déterminant. Le Premier ministre sera d'abord un grand manager et un véritable meneur d'hommes. Et ces derniers devront être à leur manière exceptionnels. Ce sera trop demandé, mais c'est à ce prix qu'un résultat extraordinaire s'obtient en si peu de temps.
Terrain déminé
Le succès de l'action du nouveau gouvernement n'est pas tant une question de moyens ni de textes de lois, et encore moins de partenariat avec des pays étrangers. Sur les quatre premières années du mandat présidentiel, ces aspects ont été pris en charge. L'essentiel des chantiers ont abouti. La législation économique et les réformes financières sont quasi finalisées. Il reste quelques décrets d'application et quelques textes à promulguer. L'offensive du président de la République en direction des partenaires internationaux a été un succès éclatant. L'Algérie est appréciée et respectée en Afrique, dans le pourtour méditerranéen et auprès de tous les pôles de puissances, à l'image de la Russie, la Chine et les États- Unis d'Amérique. Le cabinet de Larbaoui évolue en terrain déjà déminé et même ensemencé par un travail de longue haleine qui a permis de stabiliser de nombreuses situations. Le nouveau gouvernement devra rentabiliser tous ces acquis, à travers une action d'ensemble centrée sur ce qui reste à accomplir, mais aussi, en concrétisant les objectifs assignés aux efforts fournis sur quatre années de travail.
C'est pour cela que le choix des hommes et des femmes qui conduiront les départements ministériels doivent répondre à des profils précis et surtout très proches des missions qui leur seront conférées. Il est des départements qui ont bien avancé dans le processus de maturation et dont les missions sont complémentaires. Les rassembler dans un grand ministère pour un maximum d'efficacité immédiate ne serait pas une mauvaise idée. Cela concerne prioritairement le Premier ministre qui sait certainement les portefeuilles qui méritent plus d'attention. Le pouvoir d'achat des Algériens est en soi, tout un programme. Mais cela ne concerne pas qu'un seul département. Cela tient au Commerce, mais aussi à l'Économie. Il faut créer un maximum d'emplois, de la valeur ajoutée, booster les exportations pour aboutir à un réévaluation de la monnaie nationale. Bref, ce n'est pas une sinécure que de diriger le gouvernement d'un pays comme l'Algérie et de ne disposer que d'une seule année pour rendre visible l'action d'un Exécutif sur 5 ans.
Il faut souligner, enfin, que sur l'ensemble des départements, le choix des ministres doit reposer sur un grand critère, qui est leur capacité à faire plier la bureaucratie et les bureaucrates. C'est l'enjeu majeur du gouvernement Larbaoui.

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