{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

Pouvoir d’achat, investissements, numérisation, exportations...

Ces gros dossiers qui attendent Larbaoui

Donner de la visibilité et sortir de tous les chantiers présidentiels, un axe central et fonctionnel est certes possible, compte tenu de la situation du moment, mais le facteur temps comptera énormément.

Le nouveau Premier ministre, Ennadir Larbaoui, arrive à la tête du gouvernement à un tournant décisif du mandat présidentiel. Il dispose de 13 mois pour finaliser le programme que Abdelmadjid Tebboune a soumis à l'approbation du peuple le 12 décembre 2019. Si la quasi- totalité des 54 engagements pris par le chef de l'État ont été satisfaits, il reste à donner un maximum de lisibilité à l'action de l'Exécutif et couronner un parcours de cinq ans de travail acharné pour faire émerger la nouvelle Algérie. Celle-ci est, certes, une réalité sur le terrain, mais demeurent encore des imperfections dans certains domaines d'activité.
Ennadir Larbaoui est missionné par le président de la République pour apporter une cohésion à l'action du gouvernement, de sorte à ce que tous les engagements présidentiels puissent s'imbriquer les uns aux autres et complètent le tableau que le chef de l'État avait déjà en tête en présentant sa candidature à l'élection présidentielle.
L'on a vu aux premiers jours de son mandat, Abdelmadjid Tebboune lancer le programme de lutte contre les zones d'ombre, on l'a également suivi dans la série de hausse des salaires, du Snmg, jusqu'aux plus hautes rémunérations, en passant par les pensions de retraite et le palier des 30 000 DA pour la suppression de l'IRG. À la surprise générale, le chef de l'État a institué l'allocation chômage. Une série de mesures qui ont touché des millions de citoyens, dans un contexte général de transferts sociaux qui sont demeurés aux mêmes niveaux, malgré les méfaits financiers de la pandémie de Covid-19.
Un État solide
Les observateurs se demandaient comment tout cela allait finir dans le court terme. Le Président s'en tenait, lui, à ses engagements et savait où il allait.
L'action du chef de l'État embrassait l'ensemble des aspects qui touchent au fonctionnement de l'État. De la diversification économique, au retour de l'Algérie sur la scène internationale, en passant par la consolidation du front intérieur et la moralisation de la vie politique. L'Algérie a pris les allures d'un gigantesque chantier. Beaucoup de projets ont vu le jour et des dizaines de lois ont été confectionnées pour encadrer le développement multiforme du pays.
On aura donc compris que la mission était complexe et les réformes allaient en profondeur dans la pyramide de l'État et de la société. Il n'est pas besoin d'en démontrer la complexité, lorsqu'on est témoin des actions concrètes engagées sur le terrain, en libération de milliers de projets bloqués par des bureaucrates, en réalisation d'infrastructures, en lutte contre la corruption et la bureaucratie, en numérisation de toute l'administration, en promotion des exportations et développement des investissements directs étrangers. Toutes ces actions incontournables et des dizaines d'autres nécessaires au bon fonctionnement de l'État, ont transformé le pays. Et les voyages «ciblés» du président de la République ont donné un supplément d'audace à une République qui réclame des dizaines de milliards de dollars d'investissements et des transferts de technologie auprès de géants économiques mondiaux.
En novembre 2023, c'est l'image que présente l'Algérie au plan social, politique et économique. Un État solide qui sait sauvegarder ses intérêts et qui se place comme un interlocuteur coriace et respectable. Les deux Premiers ministres, Abdelaziz Djerad et Aïmene Benabderrahmane qui s'étaient succédé à la barre de l'Exécutif, ont mis en oeuvre le programme présidentiel et l'ont conduit au point où il est parvenu aujourd'hui.
Le rôle du nouveau locataire du Palais du gouvernement n'est certainement pas moins important. Et pour cause, tous les acquis sociaux ont besoin d'un programme détaillé qui suive l'évolution de la situation sur le terrain de jour en jour.
L'équipe de Ennadir Larbaoui, chargée du pouvoir d'achat, doit être très réactive. Il est des hausses de prix inacceptables de certains produits, des raréfactions suspectes de certains autres et des comportements condamnables de quelques commerçants...
Une ambition légitime
Bref, sur les 13 mois où il sera à la tête du gouvernement, le Premier ministre devra surveiller le pouvoir d'achat des Algériens comme le lait sur le feu. Il en a fait état dans sa première intervention lors de la passation de consignes avec son prédécesseur. C'est une instruction ferme du président de la République. Les épisodes de brusque inflation ne doivent plus se reproduire.
Cela au chapitre social auquel le chef de l'État accorde une importance capitale. Outre cette mission, le nouveau gouvernement se doit de promouvoir les investissements nationaux et étrangers. Les intentions progressent forcément, ces derniers mois, mais demeure le dernier verrou qui consiste en le foncier économique. La loi est actuellement en commission paritaire entre l'APN et le Conseil de la nation. Elle doit être promulguée sans délai. Mais cela ne suffit pas.
Le cabinet de Ennadir Larbaoui doit maintenir la pression sur les bureaucrates, donner au concept de guichet unique toute sa valeur, débusquer les fonctionnaires récalcitrants et les faux investisseurs. Une loi ne vaut que par son application stricte et ce sera la grande mission des ministres de Larbaoui. Le président de la République a ouvert les portes aux investisseurs turcs, italiens, chinois et à bien d'autres.
La mission de Larbaoui est de donner corps à l'ambition légitime de l'Algérie de figurer comme la première destination d'IDE en Afrique.
Cette perspective est parfaitement réalisable, mais encore faut-il finaliser le programme de numérisation des administrations économique et sociale du pays. Le citoyen doit se sentir débarrassé du poids inutile de la paperasse et l'investisseur, libre d'entreprendre, sans aucune entrave, dans le cadre de la loi. Il reste dans ce domaine pas mal d'écueils. Larbaoui ne doit pas seulement faire mieux que ces prédécesseurs. Il est condamné à réussir la numérisation totale et générale du pays. Il est venu à la tête du gouvernement, principalement pour donner ce coup de boost dont le pays a grandement besoin.
L'autre mégachantier que le nouveau Premier ministre doit mener à son terme est, bien entendu, la finalisation de l'édifice du commerce extérieur que le chef de l'État a toujours voulu orienter vers les exportations hors hydrocarbures. Le passage de 1,5 à 5 milliards de dollars, puis 7 et cette année, il est attendu 13 milliards de dollars. Cela ne signifie pas que le travail est réalisé. Ces chiffres qui représentent un facteur multiplicateur par presque 10 des exportations demeurent marginales devant le potentiel du pays. Larbaoui le comprend certainement. Il comprend aussi que poursuivre sur cette lancée, à travers la professionnalisation durable du métier d'exportateur, a des préalables. Lesquels sont dans la lutte contre la bureaucratie, la promotion des investissements, la réforme financière et la numérisation qui sous-tend tout l'édifice que le Premier ministre est appelé à lui trouver une cohésion.
Les failles identifiées
On aura donc déduit que les grands chantiers ouverts par le Président ont certes considérablement avancé en quatre années de mandat. Mais reste un fil conducteur, le ciment qui reliera toutes les actions pour donner au final la nouvelle Algérie. Il est évident que réaliser cette oeuvre est bien plus compliqué que d'en parler. Le nouveau Premier ministre est missionné pour engager la finalisation de l'oeuvre présidentielle. Et la décision du gouvernement de changer d'attelage à ce moment précis tient du génie politique pourrait-on dire. Après Djerad qui a initié les premières actions présidentielles et Benabderrahmane qui a concrétisé pas mal d'engagements, il fallait à la République un nouveau souffle, une vision d'ensemble de la situation, après une longue observation. Larbaoui a donc joué un rôle d'observateur, a identifié les failles et a certainement concocté un programme d'action pour rentabiliser les acquis sociaux et économiques en y mettant un maximum de cohérence. En définitif, le nouveau Premier ministre a beaucoup d'adversaires, mais le plus important est bien sûr le temps. Donner de la visibilité et sortir de tous les chantiers cités plus haut, un axe central et fonctionnel est certes possible, compte tenu de la situation du moment, mais le facteur temps comptera énormément. En un mot comme en mille, Larbaoui s'engage dans un sprint final jusqu'à la présidentielle de 2024.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré