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Matoub Lounès, 26 après...

Pour une Algérie meilleure

L'artiste Matoub Lounès est absent physiquement depuis 26 ans mais il demeure omniprésent, notamment par son art et par sa voix inimitable.

Le 25 juin marque le 26e anniversaire de l'assassinat du chanteur poète Matoub Lounès, qui a toujours rêvé et chanté une Algérie meilleure. Le triste anniversaire renvoie à une journée maudite durant laquelle la voix d'un peuple et d'une culture s'est éteinte. C'est du moins ce qu'avaient cru, à tort, les auteurs de l'assassinat. Mais Matoub Lounès et sa voix n'ont jamais cessé de retentir et de résonner un peu partout comme du vivant du fils de Taourirt Moussa. Son oeuvre artistique n'a pris aucune ride et les années qui passent, à une vitesse vertigineuse, n'ont fait que rendre plus attractives les chansons de Matoub: plus de 200 titres portant sur tous les thèmes possibles et imaginables. Une diversité thématique qui n'a d'égale que la qualité extrêmement raffinée de sa poésie et de sa musique. Matoub a en effet accordé une importance capitale à l'aspect esthétique de son oeuvre et son engagement sans faille et sans limite en faveur des causes justes n'ont en aucun cas déteint sur la beauté de toute son oeuvre s'étalant sur vingt ans de production artistique sans interruption. Depuis son premier album sorti en 1978, intitulé A y izem, Oh Lion, Matoub a réussi à présenter aux mélomanes un style nouveau qui ne ressemble à aucun autre. C'est sa voix rauque et unique qui est à l'origine de cette spécificité qui allait s'inscrire dans le temps jusqu'à faire de Matoub une légende vivante, voire un phénomène de société. Dès ce premier album, Matoub donna le ton.
La chanson engagée allait être au coeur de son oeuvre. Il a chanté et lutté, durant toute sa vie, en faveur de l'instauration de la démocratie en Algérie et de la reconnaissance constitutionnelle et institutionnelle de la langue amazighe. Le fait d'avoir été un chanteur engagé ne l'a pas empêché de chanter sur une infinité d'autres thèmes dont certains sont des sujets inédits dans le registre de la chanson kabyle. En effet, Matoub a cassé de nombreux tabous. Il a chanté comme aucun autre la glorieuse Révolution de Libération nationale et sans doute, la meilleure chanson de Matoub sur ce sujet historique, est Afalku n wezru laghrib. Dans cette chanson, un martyr tombé au champ d'honneur, s'adresse à sa mère, qu'il imagine éplorée quand on lui annonça la nouvelle de son décès, lui disant qu'ils se sont sacrifiés pour l'Algérie. Une chanson d'une beauté et d'une profondeur inouïes, ayant marqué plusieurs générations de fans. Tous les thèmes imaginables ont été abordés par Matoub dans l'un de ses trente-quatre albums sortis entre 1978 et 1998. Matoub était tellement prolifique qu'en 1979, il avait édité quatre albums en une année: Ruh ayaqcic, Yeksas znad iwchekal, Alhif yuran et Ayahlili. C'est un fait inédit dans toute l'histoire de la chanson kabyle thématique. Matoub produisait en général deux albums par année où il abordait poétiquement la situation sociopolitique, où il dénonçait les injustices mais aussi où il parlait sans masque, de sa propre vie parsemée de difficultés et d'épreuves, de douleurs et de déceptions. Déceptions amoureuses et autres. Celle ayant trait à l'amitié trahie mais aussi à la perte des valeurs comme dans la chanson Arach n temanyin. Matoub a chanté sur tout. Il a tout dit. Avec talent et génie. Des passages entiers de ses chansons sont devenus des citations proverbiales dont certaines sont carrément rentrées dans le langage quotidien et courant de la société. Ce qui lui confère une immortalité à laquelle n'ont droit que des êtres exceptionnels comme lui.

De Quoi j'me Mêle

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