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Dernier jour des plaidoiries dans le procès Tahkout

La défense mène son ultime bataille

Les deux ex-Premiers ministres sont toujours absents de la salle d’audience. Malades, Sellal ne quitte pas sa cellule alors qu’Ahmed Ouyahia est hospitalisé.

Ahmed Ouyahia est hospitalisé. C'est ce que nous apprend son avocat au dernier jour du procès Tahkout où l'ex-Premier-ministre comparaît aux côtés des Tahkout, Abdelmalek Sellal ainsi que les anciens ministres Abdessalem Bouchouareb (en fuite), Youcef Yousfi, Abdelghani Zalène Amar Ghoul et des dizaines de cadres de l'Industrie, des Domaines, de l'Etusa, de l'Onou et de Mobilis. Le troisième et dernier avocat d'Ahmed Ouyahia a, dès l'entame de son plaidoyer, annoncé l'hospitalisation de son mandant sollicitant du parquet une autorisation de lui rendre visite. L'avocat n'a pas tergiversé pour présenter les arguments démontant les charges retenues contre l'ex-Premier ministre, se suffisant de rappeler l'inconstitutionnalité du procès en raison de l'absence d'une Haute Cour et le principe «non bis in idem» qui stipule qu'un prévenu ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits. Vont suivre plus d'une vingtaine d'avocats, constitués pour Mahieddine Tahkout, ses trois frères et son fils. Me Khaled Bourayou a ouvert le bal pour le principal prévenu dans ce dossier. L'avocat s'est contenté d'évoquer le parcours de Mahieddine Tahkout, ses efforts pour bâtir son empire, mais aussi «l'honnêteté et la générosité» de l'homme d'affaires affirmant que ce dernier est victime de «lynchage». Me Allek a choisi de commencer sa plaidoirie en citant les «violations» enregistrées tout au long de l'instruction. «Les droits de la défense ont été bafoués» a affirmé l'avocat insistant sur les réserves qui ont été introduites avant le début du procès. Il a aussi affirmé que son mandant, convoqué à 19 reprises, a été maintenu dans une cellule de prison de Sidi M'hamed de 9h du matin pour n'être auditionné que le lendemain à 4h du matin «cela ne fait pas honneur à la justice de mon pays, mais il y a mieux! Le juge d'instruction a reconnu n'avoir pas pris connaissance du dossier, trop volumineux, mais a décidé d'un mandat de dépôt».
Une lettre anonyme à l'origine de l'enquête
Me Allek va parler également de la lettre anonyme, jointe au dossier, et qui a été à l'origine de l'entame d'une enquête sur son client. Cette lettre faisait état d'irrégularités dans les marchés octroyés à Mahieddine Tahkout, notamment pour ses contrats avec l'Etusa mais faisait cas également de prêts bancaires dépassant les 27 000 milliards cts. La défense qui met en doute l'origine de la lettre, s'est interrogée sur l'absence des conclusions de l'enquête concernant les supposés crédits, ne manquant pas de présenter au tribunal l'ensemble des documents bancaires prouvant que son mandant n'a jamais perçu un centime de l'argent public. «C'est un acharnement contre un homme d'affaires qui a réussi. D'ailleurs, il y a même eu des rumeurs que le neveu de Mahieddine Tahkout, âgé de 5 ans, a bénéficié d'un logement social. C'est vous dire à quel point cette famille a été tourmentée.» L'avocat revient ensuite sur les concessions accordées à Mahieddine Tahkout pour démontrer que toutes les procédures effectuées l'ont été dans le respect total des lois. Il citera un premier terrain octroyé à Bab Ezzouar pour lequel le principal prévenu a bénéficié d'une dévaluation de prix de plus de 70%. L'avocat présente une expertise qui affirme que le terrain n'était pas bâtissable. Pour la concession d'un autre terrain, dans la même circonscription, destiné cette fois à la réalisation d'un hôtel, la défense présente un désistement en raison de l'exiguïté de l'assiette. Le terminal cimentier de Skikda, un projet qui n'a également pas abouti en l'absence du quitus du ministère de l'Energie quant à la concession d'un terrain à Skikda pour la réalisation d'un complexe touristique, le prévenu n'avait qu'un accord de principe et aucun octroi. Le terrain obtenu dans la wilaya de Saïda est à mettre dans le registre des locations et non pas des concessions, a encore expliqué l'avocat affirmant donc que son client ne pouvait faire l'objet de poursuites pour l'octroi d'avantages ou de concessions contraires à la loi.
Renault a bénéficié des mêmes avantages que Hyundai Il insistera également sur l'autorisation du Conseil national des investissements (CNI) pour le montage automobile afin d'affirmer qu'il s'agit de la même autorisation accordée à Renault Algérie «les avantages de Renault sont énormes. Pourquoi une enquête n'a-t-elle pas alors été déclenchée?» s'est demandée la défense. Les avocats des frères et du fils Tahkout vont suivre. Pour Billel, le fils, la défense explique que son mandant qui détenait 40% des actions de Cima Motors a cédé ses parts en 2016 et que l'enregistrement de ce désistement n'était pas à sa charge. Elle insistera sur la commission rogatoire qui a confirmé que le fils Tahkout n'était propriétaire d'aucun bien en Algérie ou à l'étranger. «C'est un simple employé chez son père. Il avait un salaire de 100 millions cts et alors? C'est un universitaire qui mérite beaucoup plus!». Billel a fait une demande comme d'autres pour lancer son projet d'agriculture, «s'il avait réellement de l'influence, aurait-il postulé pour un terrain à El Bayadh? Quelle pression pouvait-il exercer sur les walis? Et d'ailleurs, les deux ex-walis, Benmensour qui lui a octroyé le terrain et celui qui a annulé la concession, Seif Eddine Louh, ont bénéficié d'un non-lieu pour ce fait. Pourquoi alors poursuivre Billel? Pourquoi n'avoir pas enquêté sur les 5 000 autres bénéficiaires de concessions? Qui sont-ils?». Les avocats de Rachid, Hamid et Nacer Tahkout vont défiler à la barre mais aussi une dizaine d'autres pour Mahieddine Tahkout. Le procès s'est poursuivi jusqu'à une heure tardive. Le verdict sera pour les tout prochains jours.

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