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Choisir en conséquence et en conscience

Le stade actuel d'évolution de l'Algérie est l'aboutissement d'une suite de réaménagements qui ont, à chaque fois, pris l'allure d'un projet voué à la faire rebondir. Il en fut ainsi à maintes reprises depuis le 19 juin 1965. De cette évolution interne sont nées tantôt de grandes avancées, tantôt de déplorables régressions. C'est dans cette perspective que vont s'ébaucher les idées, les dessins et les problématiques portés par les candidats à l'élection présidentielle anticipée du 7 septembre 2024. À partir d'un constat de ce qui fonctionne mal dans la société, ces derniers vont faire des déclarations, des propositions et prononcer des discours. Vont-ils dire et redire ce que les Algériens ont maintes fois entendu sur les maux qui minent leur pays ou bien innoveront-ils? Vont-ils persister à réduire l'action politique à une sorte de mystique dominée par des causeries qui s'accordent ou se heurtent au hasard des ententes et des mésententes ou bien se décideront-ils à en finir avec les récurrences et à apporter un souffle nouveau dans la sécurité et la stabilité retrouvées? La réponse à ces questions ne fait aucun doute. Seule l'action fondée sur l'ordre, le débat constructif, des normes d'efficacité et l'adhésion populaire est propre à ériger la «Nouvelle Algérie». Car les problèmes sont nombreux, tandis que l'engourdissement ne permet pas de les résoudre. Il y faut aussi une vision d'ensemble de l'Algérie de 2062, tout en sachant comment s'y prendre pour l'édifier pas à pas. L'auteur de ces lignes ne prétend pas que les postulants au poste de chef de l'État méconnaissent les voies et les moyens de faire avancer le pays. Il croit tout simplement utile de pointer le regard sur des faits si évidents que candidats et électeurs ont trop tendance à les négliger, alors qu'ils sont essentiels pour un État qui veut émerger sur la scène du monde. De quoi s'agit-il? Il s'agit, de prime abord, de la participation électorale qui s'affaisse, bien qu'à diverses reprises, elle s'est maintenue à un niveau élevé. Les Algériens seraient-ils devenus apolitiques, tandis que les partis se comptent par dizaines? A vrai dire, l'implication massive des électeurs s'expliquait autrefois par l'impulsion très puissante de la Révolution nationale, ainsi que par les idéaux qui s'étaient emparés du peuple. Celui-ci avait nettement conscience de participer à une grande cause. Il n'est pas inutile de le rappeler aujourd'hui au nom de la vérité historique pour signaler que l'atonie n'est pas une constante de la mentalité algérienne parce que cette nation n'a raté aucun des rendez-vous cruciaux de son passé. Elle a traversé le temps avec persévérance, sans s'illusionner à tout faire en une seule fois, ni à brûler les étapes. Celle par laquelle elle passe actuellement n'est pas des plus faciles. Certes, les candidats à la prochaine élection ont à travailler sérieusement pour convaincre les électeurs à se rendre aux urnes. Mais le plus dur commencera après le 7 septembre pour prendre à bras-le-corps de grands sujets d'avenir à savoir: le climat moral de la nation; la problématique des liens sociaux; les priorités du développement économique; la dynamique motivationnelle face à la démobilisation des élites; la stimulation de l'intelligence collective; l'usure du discours politique traditionnel et de la légitimité historique relative à la gouvernance; l'anticipation. D'une manière ou d'une autre, ces sujets font référence au rôle de l'État et au concept de politique publique définie comme «une action collective qui participe à la création d'un ordre social et politique, à la direction de la société, à la régulation de ses tensions, à l'intégration des groupes et à la résolution des conflits» (Lascoumes et Le Galès, 2012). Une telle politique implique donc des choix et des normes législatives qui indiquent qui fait quoi. Elle implique aussi des normes d'application qui permettent d'interpréter, d'adapter, de créer et de décoincer des situations. Elle implique, enfin, une mobilisation des instruments budgétaires et autres qui permettent un cadrage et un pilotage de l'action. Mais d'entrée de jeu, ladite action publique pose une triple exigence: 1- une exigence de légitimité par la concertation; 2- une exigence de rationalisation pour l'efficacité; 3- une exigence de contrôle et d'évaluation pour ne pas déambuler. En bref, ce qui attend le leader d'après septembre 2024 est une vie de lutte à la surface d'un océan de besognes qui emportera l'Algérie vers son destin. Plongé dans le labeur au contact avec la réalité, mais sans se noyer dans le quotidien, il ne pourra s'imposer que par le savoir et le savoir-faire que lui aura enseignés une longue pratique du terrain. Car, à lui seul, le travail technique des conseillers, aussi compétents soient-ils, est insuffisant. Il faut à ce haut niveau de responsabilité une fonction indispensable de synthèse et d'anticipation que seul un professionnel rompu à la gestion publique peut assurer. Un professionnel qui soit également familier de l'économie, ses modes de régulation et les politiques y afférentes. Autant dire qu'un candidat «même bien doué (...) n'arrive à être un chef compétent qu'après des années d'expérience qui lui auront servi d'apprentissage». (J. D.Vignes Rouges, 1946.) L'électeur saura-t-il s'en rappeler le 7 septembre et choisir en conséquence et en conscience? 

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