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Les calendes libyennes

Libyens, faites vos jeux. Rien ne va plus. Après l'étrange opération de débarquement à Tripoli, la capitale, tentée par le chef d'un gouvernement désigné en mars dernier par les inamovibles députés de la Chambre des représentants, siégeant à Tobrouk depuis bientôt dix ans, voici une non moins étrange initiative de certains «élus» qui adressent au président du Parlement un «mémorandum» dans lequel ils exigent, ni plus ni moins, le renvoi de la conseillère du SG de l'ONU, Stephanie Williams, dans sa cuisine new-yorkaise. La démarche a été révélée à l'agence officielle libyenne par un des membres dudit Parlement, un certain Issa Al-Araïbi qui déclare qu'«un certain nombre de membres de la Chambre des représentants ont appelé leur présidence à exiger d'Antonio Guterres qu'il change sa conseillère en Libye». La messe est dite, Mme Williams aurait fait preuve d'un manque flagrant d'enthousiasme envers les décisions de l'autorité législative libyenne et, surtout, elle n'a pas salué, comme il se doit, la nouvelle autorité exécutive que dirige Fathi Bachagha, apparemment lâché par les puissantes milices de Misrata depuis qu'il s'est allié à Haftar et Aguila Saleh. En outre, la conseillère onusienne se voit reprocher sa procrastination et sa tendance à multiplier les voies de dialogue «sans rapport avec les acteurs» de la crise libyenne. Ce nouvel épisode, conjugué à la brève tentative de Bachagha de s'installer à Tripoli avec son gouvernement parallèle, salué bruyamment par la milice Al Nawasi mais sommé, tambour battant, par la Brigade 444 de retourner à la case départ, montre à quel point le pays est tributaire d'une surenchère politique et militaire qui renvoie la sortie de crise à des calendes... libyennes. Il est clair que les efforts de la médiation onusienne se heurtent à de nombreux appétits et des manoeuvres souterraines et soutenues qui expliquent l'échec des élections générales du 24 décembre 2021. Comme il est aussi limpide que les mêmes acteurs, omniprésents sur la scène libyenne depuis... 2011, n'ont que faire des attentes et des aspirations du peuple alors que leur seule ambition est de maintenir le malheureux pays dans un bourbier permanent qui leur assure un profit politique et financier. Quant aux intérêts et aux calculs des puissances qui tirent les ficelles de ce théâtre de marionnettes, où les grands Guignols antagonistes se bousculent, ils sont simples et basiques, cherchant à faire durer le plaisir tant que le pétrole et le gaz libyens restent à portée de canon. 

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