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Législatives et référendum

Le temps est profondément maussade en France, deux jours après l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron qui ouvre ainsi la voie à des législatives anticipées pour cause de triomphe électoral de l'extrême droite aux élections européennes. Il s'en est largement expliqué mardi lors d'une conférence de presse, reportée de 24h. Entre-temps, un autre coup de tonnerre a secoué l'Hexagone, avec la main tendue du président du parti de droite Les Républicains (LR), prétendument gaulliste, Eric Ciotti, au Rassemblement National (RN) de Marine Le Pen qui n'en attendait pas moins. La symbolique du geste a de quoi faire frémir dans le camp d'une droite en dérive depuis l'arrivée à sa tête d'un certain Nicolas Sarkozy, en rupture de ban avec l'héritage gaulliste qui avait pourtant permis son ascension politique. Ce deal surprenant entre le lointain héritier du gaullisme et une formation générée par les ennemis du général de Gaulle, entre factieux de l'OAS, pétainistes et fascistes consommés, revêt une dimension crépusculaire dans un pays confronté à une crise socio-économique de plus en plus aiguë. La manoeuvre d'Eric Ciotti a déjà déclenché un tremblement de terre au sein des Républicains, au risque de faire exploser le parti résiduel dont le porte-parole, Vincent Jeanbrun, a bruyamment claqué la porte. Munie du scalp de l'ennemi traditionnel, Marine Le Pen peut savourer à loisir un triomphe multiple qui n'est pas pour déplaire à son père, Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front National (FN) dont elle a sapé les bases pour le rendre fréquentable. Déjà en 2012, elle dessinait les contours de la stratégie nécessaire pour une dislocation progressive de ce qu'elle appelait le «système UMP», à un moment où le FN n'obtenait que 2 élus à des élections...cantonales. Prophétique et incomprise, elle a patiemment tissé sa toile pour faire du mouvement paternel un véritable pôle d'attraction, capable de séduire, en amont comme en aval, de sorte que des personnalités de premier plan ont fini par venir frapper à sa porte, confortant l'édifice politique axé sur deux piliers indéboulonnables, la préférence nationale et le refus du fédéralisme européen. En 2024, une droite moribonde et un RN florissant montent sur un même bateau, orné des «valeurs» de l'extrême droite que sont la «lutte contre l'immigration», «la lutte contre l'insécurité» et «la lutte contre les taxes» de Bruxelles. Face à cette vague populiste, le président Macron se veut «serein» et prône un engagement qui cache mal la grande fébrilité de son état-major, à l'Elysée comme dans son mouvement fortement désavoué. Certains n'hésitent pas, d'ores et déjà, à envisager ouvertement que les résultats des législatives ne viennent signifier un ultime référendum anti-Macron.

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