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La revanche de Maduro

Pendant cinq années, au moins, le monde a été constamment matraqué avec les images désolantes de milliers de Vénézuéliens, «fuyant une misère insupportable», en bravant les aléas des frontières protégées, avec une rare brutalité, depuis que l'ancien président américain s'est acharné à dresser un mur «infranchissable» entre le Mexique et les Etats-Unis. Le Venezuela était présenté, alors, comme un enfer où tout un peuple n'a qu'une seule obsession, celle de fuir, à tout prix, le «fléau chaviste». Et, comme par hasard, une opposition incarnée par une pop star de la politique locale monopolisait les Unes des médias occidentaux, assurant qu'elle était l'unique alternative à la régression et à la «répression» d'un pouvoir, donné pour moribond et en attente du coup de grâce. Ce coup de grâce est venu, dimanche dernier, au soir de législatives «surveillées» par des missionnaires très avertis de l'Union européenne, avec un résultat triomphal du chavisme et, donc, du pouvoir incarné par le président Nicolas Maduro. Effondrées, les capitales occidentales observent, depuis, un silence assourdissant, alors que «leur opposition», tant vantée, se découvre frigorifiée, car seuls trois gourvenorats, sur les 24 en compétition dont Caracas, l'ont entendue. Bien sûr, dans quelques jours, la rengaine va reprendre, avec la suspicion projetée sur le scrutin, un air connu. La vérité est que le chavisme démontre son ancrage profond dans un Venezuela où il n'y a pas de Içaba, de mafia politico-financière, de relais de la subordination et de la corruption, et autre bourgeoisie compradore. Dans ce pays, la population mesure, en majorité, combien ses dirigeants partagent ses conditions et convictions socio-économiques, et combien ils sont engagés dans la riposte aux pressions, aux sanctions et au chantage que subit, depuis plus d'une décennie, le pays qui détient les plus grandes réserves de pétrole, au monde. Le président Maduro a gagné en reconnaissance et en expérience, aux côtés de tous les autres dirigeants chavistes, et l'armée vénézuélienne, maintes fois exhortée à fomenter un coup d'Etat, n'a pas bougé d'un millimètre. Mieux, elle a réaffirmé, à plusieurs reprises, son adhésion totale à la politique du régime chaviste qu'elle protège, avec ferveur. De dépit, les puissances hostiles et leur candidat putatif, hâtivement bombardé «président légitime» d'un Venezuela imaginaire, ne savent plus à quel saint se vouer, tout en refusant de tirer les leçons de cette débâcle, preuve qu'ils ne renoncent jamais à leur travail de sape.

De Quoi j'me Mêle

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