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Bienvenue au Sahel

Après la vague de coups d’Etat qui a secoué le Mali, le Burkina et le Niger, c’est au tour du Sénégal de connaître une inquiétante agitation, due au report de l’élection présidentielle. Longtemps présenté comme un modèle de démocratie et de stabilité en Afrique, le pays de Senghor tangue sous les coups de boutoir d’une opposition qui piaffe d’impatience pour en découdre avec l’establishment, à l’image d’ Ousmane Sonko, chef du parti Patriotes africains, que le régime a emprisonné alors qu’il bénéficie du soutien enthousiaste de la jeunesse sénégalaise. Le président Macky Sall a tenté, le 3 février dernier, le report de l’élection mais la colère de l’opposition était telle qu’il a fait machine arrière. De plus, il a été déjugé par le Conseil constitutionnel. Il promet donc que l’élection aura bien lieu, sans en fixer la date, de sorte qu’il est accusé de manœuvre dilatoire pour l’après 2 avril, date d’expiration de son mandat. Hier, un immense rassemblement était prévu dans la capitale, Dakar, par la coalition F24, face à un collectif « Macky dans les cœurs ». Ces manifestations interviennent à la veille de la date initialement prévue pour un scrutin présidentiel. Après avoir été maintes fois interdits par les autorités, ces bains de foule témoignent de la volonté du pouvoir d’apaiser les tensions. Mais l’onde de choc est profonde et le Sénégal de plus en plus divisé, surtout que les ingérences étrangères y sont réelles, même si elles paraissent minimes. L’entité sioniste bénéficie d’un deal avec l’ancienne puissance coloniale qui lui permet de disposer de plusieurs avions militaires et le Maroc apporte ses services habituels aux uns et aux autres. Nul doute que les graves troubles politiques qui agitent le pays donnent des sueurs froides à ces mentors dont l’objectif est que le Sénégal continue à « jouer son rôle » traditionnel dans la région ouest-africaine. Pourtant, le mécontentement grandit car les Sénégalais ne savent toujours pas quand ils pourront se rendre aux urnes. Le président sortant, auréolé par son choix de ne pas briguer un nouveau mandat, est confronté à de multiples pressions internes et étrangères pour gérer la crise au gré d’intérêts divergents. Macky Sall a pris acte de la décision du Conseil constitutionnel qui a constaté l’impossibilité pratique d’un scrutin le 25 février mais préconise sa tenue « dans les meilleurs délais ». Pourtant, il ne veut fixer la date qu’après un dialogue inclusif avec tous les acteurs politiques et sociaux dont 16 sur les 19 prévus rejettent sa démarche et réclament le vote pour le 2 avril prochain. En somme, le Sénégal n’en a pas fini avec les flambées de violence. 

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