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Fella Tamzali expose à la galerie Rhizome

La peinture pour dire l'intime et le profond

Visible jusqu'au 21 juin, «Arcanes» est le titre de cette exposition qui comprend des peintures réalisées entre 2022 et 2024, auxquelles s'ajoute «La Course», créée en 2020, en plus d'une vidéo...

La galerie Rhizome, sise 82 rue Didouche-Mourad, abrite en ce moment une belle exposition signée par l'artiste peintre Fella Tamzali. «Arcanes» est le titre de cette exposition qui comprend des peintures réalisées entre 2022 et 2024, auxquelles s'ajoute «La Course», créée en 2020 et que l'artiste considère à l'origine de la série présentée. Pour cette expo, Fella Tamzali a convoqué un nouveau médium, à savoir la vidéo, puisque «Arcanes» commence par un diptyque vidéo intitulé «Pistes» (2024). À noter que Fella Tamzali qui nous a habitués à des intérieurs dans ses peintures, a choisi cette fois de peindre des figures dans des espaces ouverts, ici dans les bois. Que ce soit des enfants avec des chevaux, la course ou le chasseur, ces peintures restent toujours énigmatiques et sont teintées d'une aura de mystère et de danger continuellement planant comme dans ses anciennes peintures, d'où les interrogations que l'on se pose tout le temps lorsqu'on les regarde. «Ses peintures intimistes, développées sur un temps long, participent d'une exploration profonde de ses émotions, ne divulguant cependant jamais les tourments intimes de l'artiste. Cette tension entre l'image fabriquée, apparente et mise en scène et une trame viscérale et cachée, traverse singulièrement «Arcanes» affirme la commissaire d'expo Beya Othmani qui ajoute: «Ces images sont inconsciemment développées, se nourrissent de vécu, d'émotions et de souvenirs». Et de citer «La Course» (2020): « première peinture réalisée dans le cycle de la forêt, introduit les thèmes de la chasse et de la traque qui se déclinent au fur età mesure des peintures présentées. La scène se déroule dans une clairière, à l'orée d'une forêt. On y voit un personnage d'apparence féminine et juvénile, rattrapé en pleine course, par ce qui pourrait être un homme. En face, retenu par des mains, un cheval tente de les rejoindre. La femme et l'animal sont capturés à main nue et arrêtés en plein élan.» Parlant de L'oeuvre «Hide and Seek» (2022-2023), qui est constituée de trois huiles sur toile, et est au centre de l'exposition, la commissaire d'expo souligne l'ambigüité de la scène qui se joue en foret: «Un personnage en éclaire un autre avec une torche vive, les mains posées sur ses parties intimes. Vient-il d'être surpris d'un geste obscène? Au milieu du cadre, apparaît un autre protagoniste, dissimulant son regard et cherchant à s'enfuir. Est-il surpris par la torche ou par le geste qu'elle vient de révéler? Seul et éprouvé, il est au milieu d'un face-à-face stoïque et tendu. Sa présence fortuite donne une dimension dramatique à la scène suscitant confusion et inquiétude. En arrière-plan, un autre personnage, figuré par le bas de son corps, vient rééquilibrer la tension de l'image. Ces quatre figures, situées à équidistance, animent une confrontation à l'issue inconnue.»Pour ce faire, L'artiste admet avoir été marquée par une série d'oeuvres de Botticelli et la singulière cruauté des scènes représentées, fait savoir la commissaire. En effet, explique t-elle dans «Nastagio degli Onesti» (1483) par exemple, l'on découvre une partie de chasse dont la proie est une jeune femme qui finit dévorée par les chiens. Ainsi, à l'instar des tableaux «La Course» (le chien, la proie, le cheval, le cavalier et «Le chasseur», les rapports de force et de domination qui structurent les relations humaines sont omniprésents. «Tandis que Hide and seek» et «La Course» mettent en scène des êtres poursuivis par d'autres ou qui se cherchent, «Le Chasseur» (2022-2023) et «Enfant au Cheval» de Bois (2022) incarnent l'univers du chasseur». Et d'estimer: «Comme les protagonistes de ses oeuvres, Fella Tamzali prend des risques, utilisant la peinture comme moyen d'introspection, et encourt de trop s'exposer. Le caractère autobiographique de son approche, produit une peinture pudique et audacieuse, et recourt à des procédés de brouillage». À propos de toute l'exposition, la commissaire Beya Othmani fait savoir qu' «Arcanes» résonne avec les propos de l'auteure Assia Djebar (1936-2015), qui, dans une interview accordée à la télévision algérienne en 1992, suggère que pour la femme de culture arabo-andalouse, «la norme, la valeur, n'est pasde parler de soi, mais de parler en lieu commun», ajoutant: «On ne dit jamais ‘'je, plus'' c'est intime, plus, l'on doit prendre des détours et suggérer la confidence ou le rapport personnel par des métaphores très allusives». Et de se demander: «Doit-on alors considérer que la peinture de Tamzali est une oeuvre qui est à l'instar de celles de toute une lignée de femmes artistes, qui ont usé symboliquement de la parabole et de la métaphore pour parler de soi?». Aussi, elle citera de nombreuses références, telle l'écrivaine Taos Amrouche qui nommera son premier roman autobiographique «Jacinthe Noire» (1947), en attribuant le noir à une fleur, habituellement claire et bleutée, et ce, pour exprimer son vécu singulier et son expérience de la différence...il est bon à signaler enfin que l'exposition «Arcanes» se clôt sur une série de sept petites aquarelles sur papier présentées pour la première fois par l'artiste. «Cette technique lui permet de réaliser des études, et d'intercepter plus rapidement, les images furtives révélées par son inconscient. Cette série inaugure une nouvelle phase de création où sont représentées des figures seules, en couple ou en compagnie d'un animal et où, il n'est plus question de chasse. L'artiste continue cependant à produire des scènes en extérieur quand les figures ne sont pas placées sur des fonds abstraits. Dans ces aquarelles, la forêt s'offre maintenant en sanctuaire. De ces images évanescentes et apaisées, l'artiste en retient deux, verticales, mettant en scène des fillettes jouant en extérieur et sur lesquelles s'achève ‘'Arcanes''» a conclu la commissaire. ÀA voir!

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