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Il nous a quittés en novembre 1978

El Anka: l'immortel Cardinal

Le statut dont jouit le regretté El Hadj M'hamed El Anka sur la scène artistique algérienne est unique et particulier.

En plus d'avoir été le fondateur d'un tout nouveau style musical qui allait ébranler la chanson algérienne de fort belle manière, El Anka demeure à ce jour l'un des meilleurs interprètes, tous styles chaâbis confondus. Son univers musical est infini. C'est un océan qui n'a pas de fond ni de limites. Chaque fête qu'il avait animée durant sa très longue carrière est un véritable régal pour les amoureux du style chaâbi. Car, El Anka innove et improvise à chacune de ses nouvelles prestations. Ce qui représente d'ailleurs l'une des originalités de la chanson chaâbie dont les dignes héritiers ont été Boudjemaâ El Ankis, Amar Ezzahi, El Hachemi Guerrouabi, etc. Tous se sont inspirés, ont imité et ont puisé dans le génie inextinguible d'El Hadj Mhamed El Anka. Boudjemaâ El Ankis n'a d'ailleurs pas hésité à lui piquer fièrement son surnom en le déformant un petit peu. Même Amar Ezzahi avait au départ opté pour un nom d'artiste directement inspiré d'El Anka mais a fini par se laisser dissuader pour des raisons évidentes. C'est dire à quel point l'empreinte laissée par El Anka est très forte. À ce jour, on continue de considérer El Anka comme une grande école du chaâbi. Il est la référence absolue et incontestable.

De la Kabylie à la Casbah
El Anka a vécu dans le fief de la chanson chaâbie, la casbah d'Alger. Originaire de Kabylie, El Anka a interprété quelques chansons en kabyle dont la célèbre Izriw yeghlev lahmali, magistralement reprise par Matoub Lounès qui l'a convertie en une émouvante chanson d'amour. El Anka qui est décédé le 23 novembre 1978 est né le 20 mai 1907 au village Taguersift entre Fréha et Aghrib. Son véritable nom est Mohamed Idir Ait Ouarab. La zone qui s'étale de Fréha jusqu'à Azeffoun est connue pour être le berceau de nombreuses sommités de la chanson et de la culture puisqu'en plus d'El Anka, elles ont donné Boudjemaâ El Ankis, Mohamed Fellag, Hanifa, Mohamed Iguerbouchène, Mohamed Issiakhem, Tahar Djaout, Rouiched, Mohamed Hilmi, Yvan Tetelbom, Abdelkader Chercham,Hadj Mrizek, etc. El Anka vécut à Bab ejdid dans la casbah d'Alger. Son penchant pour la musique germa prématurément. Ses premiers pas dans le domaine, il les fit dans le mythique orchestre de Mustapha Nador qu'il cite nommément et auquel il rend hommage dans sa chanson culte intitulée «Lahmam». Au début, El Anka ne faisait qu'assister aux soirées qu'animait Nador.

Un esprit de perfection intarissable
Un jour, une certaine soirée du mois de Ramadhan de l'année 1917, Cheikh Nador remarqua la dextérité que mettait El Anka en jouant au «tar». On lui donna alors l'occasion de mettre le pied à l'étrier en lui offrant l'opportunité de participer directement aux soirées. Plus tard, El Anka, nourri par un esprit de perfection intarissable, décida de suivre des cours de musique. Il le fit pendant des années. C'est tout naturellement qu'après le décès de Nador, El Anka prit sa place dans l'animation vocale des fêtes. Il n'avait que 18 ans, mais un talent et un savoir-faire magiques. El Anka se mit alors immédiatement à apporter ses propres empreintes, notamment en ce qui concerne l'interprétation des préludes tout en brisant toutes les chaines conformistes qui caractérisaient jusque-là ce genre de chant. En effet, El Anka était en train de mettre en place son propre style, le chaâbi, certes, hérité de l'andalou, mais qui allait devenir un tout autre genre, très prisé d'ailleurs. Le succès d'El Anka fut tonitruant, surtout après l'enregistrement de ses premiers disques et ses premières productions radiophoniques. Il s'imposa de manière spectaculaire.

Des capacités vocales uniques
Ses fans le vénéraient et l'adulaient d'une manière impressionnante. En plus de ses capacités vocales et interprétatives dont il était le seul à détenir les rudiments, El Anka a osé revoir de fond en comble l'orchestration en y introduisant de nouveaux instruments comme le banjo, la percussion (derbouka), le piano, etc. Mais la plus grande innovation en la matière reste le mandole. El Anka demanda à l'époque au célèbre luthier Jean Bellido de lui fabriquer une demi-mandoline en y apportant des modifications, notamment en ce qui concerne la longueur du manche. C'est ainsi que naquit le mandole devenu l'instrument de prédilection de la majorité des artistes du genre chaâbi et qu'on retrouve aussi très largement employé par la majorité des grands chanteurs kabyles. En Anka avait un flair incroyable dans le choix de ses musiciens. Il dénicha ainsi le génie du piano Mustapha Skandrani qui devint tout simplement son chef d'orchestre. Comme on peut le constater, El Anka est un tout. Sa réussite artistique, il la doit donc à un ensemble de paramètres intrinsèques et extrinsèques. Ceux dont Dieu l'a doté et ceux qu'il s'est lui-même forgés par le travail inlassable et le désir de perfection qui était une obsession chez lui. C'est la raison pour laquelle son nom s'est toujours confondu avec la chanson chaâbie. On ne peut jamais parler de l'un sans l'autre. 

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