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Un candidat c’est d’abord un programme et non une photo…

En feuilletant les actes d'un congrès d'historiens médiévistes datant d'il y a une dizaine d'années, il était intéressant de relever quelques points de résonance avec l'actualité nationale qui va se cristalliser, au fil des semaines, autour du 7 septembre, date de l'élection présidentielle. Un rendez-vous citoyen qui avait été lyophilisé de l'essentiel de sa substance citoyenne, tout au long des deux premières décennies de ce nouveau millénaire.
La suite, on l'a vécue, en direct, au quotidien, nourri concomitamment de promesses et de menaces. Les résultats attendront, au mieux sont-ils déclamés comme ces Mu'allaqât («Pendentifs») encore en vogue, au début du vVIIe siècle, dans cette Arabie préislamique, brodées en lettres d'or et suspendues à La Mecque.
La qualité intrinsèque de la poésie est indéniable, il ne s'agit donc pas de la dénigrer, ici, mais de rappeler que cet art oratoire reste l'affaire des poètes en premier lieu. La politique et son corollaire le bilan d'un mandat, relève de la seule responsabilité de l'homopoliticus essentiellement.
Et c'est là que la boîte de Pandore commence à craquer, remplie, des décennies durant, de tant d'incohérences. Mais avant de l'ouvrir, il serait utile de rappeler une évidence: On ne choisit pas un Président à partir d'une photo placée au centre d'une affiche, comme le nez au milieu du visage. Certains pourraient ne pas se sentir concernés par ce propos. Seraient-ils donc frappés d'amnésie, au point d'oublier que nous avions bien vécu des campagnes électorales présidentielles, surréalistes qui ont débouché sur l'élection d'un candidat, à partir de sa seule photo. On a même osé, sans que le rouge ne monte au front, offrir un pur-sang arabe à cette photo. Dans le cadre de «la nation reconnaissante»? Subliminale. Et de là serait né le «syndrome du Cadre», trahissant le degré zéro du mépris d'un peuple. Et dans ce registre, il y a bien eu un précédent, à la limite blasphématoire celui-là... C'était le 5 juin 1990, lorsque plus de cent mille personnes s'étaient entassées dans les tribunes du stade du 5 juillet pour écouter les (ir)responsables de l'ex-parti religieux dissous, promettre le Paradis, contre des voix, aux municipales, et en guise d'acompte, un laser écrivit «Allah Akbar» dans le ciel d'Alger. Une mystification qui leur avait été rentable, avant que leurs sicaires ne fassent charrier des torrents de larmes et de sang. C'était la décennie noire...
Soit. Rabattons le rétroviseur et suggérons une nouvelle approche qui considérera le corps électoral doué de raison. Car il n'est pas de pouvoir ou d'autorité durablement efficace sans le consentement des gouvernés. Ce consentement qui vaut parfois délégation de pouvoir, passe par des formes de participation et/ou d'adhésion active ou passive.
Invitant également à réfléchir aux interactions et aux porosités. En termes plus simples, on parlera alors d'adhésion.
Et en la matière, il y a eu un précédent qui nous épargnera le temps des théories et des plans sur la comète. C'est le candidat Abdelmadjid Tebboune qui en a été le précurseur, le 9 novembre 2019, une première dans l'exercice de la politique contemporaine, en Algérie, en dévoilant, ses 54 engagements, détaillés dans un document de pas moins de 200 pages.
«54 engagements en référence à l'année du déclanchement de la guerre de Libération nationale. Un chiffre «porte-bonheur», mais des points de programme assez précis, faut-il le souligner. Sans aborder les aspects politiques de son programme, à savoir tout l'édifice institutionnel à renouveler» notera Saïd Boucetta dans L'Expression du lendemain (10 novembre 2019), soulignant dans son analyse que «Abdelmadjid Tebboune s'est voulu pragmatique et dira à l'entame de la présentation du programme électoral lourd de quelque 200 pages, que «tout ce qui y figure est réalisable».
Le 18 février de l'année en cours, Salah Goudjil, le président du Conseil de la nation, annonçait que le chef de l'État avait honoré les engagements contractés par le candidat Abdelmadjid Tebboune, cinq années auparavant!
Alors aux candidates et aux candidats indépendants ou partisans de s'éloigner du «cadre», d'oublier la pose, les citoyennes et les citoyens veulent connaître votre programme. Votre aspect fût -il des plus avenants ne peut suffire. Tebboune a déjà un bilan, à la portée de tout le monde et apte à la critique.
Alors et à l'adresse des autres potentiels candidats, il est utile de les prévenir que le temps des pochettes-surprises est peu productif. Lisez «La poudre d'intelligence» de Kateb Yacine il vous en apprendra plus sur l'inanité de la logorrhée verbale qui occulte toute visibilité. Et l'Algérie mérite plus que des promesses. Surtout depuis qu'elle a goûté aux vertus des engagements. 54 aux dernières nouvelles, et qui ont subi l'épreuve du terrain, loin des salons aux lourdes tentures opaques et d'une autre ère. 

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