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Le pénal d’hier et d’aujourd’hui

Regarder de près le déroulement des procès du pénal, n’est pas toujours réjouissant. Sauf que...

La manière de faire de certains jeunes nouveaux magistrats, pour la plupart ambitieux, et ce n' est que légitime, n'a rien à voir avec celle des aînés dont plusieurs sont encore en exercice à la Cour suprême où semble-t-il, les choses sont désormais prises en main en vue de la renaissance et donc de la bonne marche du secteur, ou au Conseil d'Etat qui commence lui aussi à carburer, le temps du round d'observation étant épuisé depuis un bon bout de temps déjà Parmi le lot de magistrats qui émergent, nous notons avec plaisir Karima Mégari-Bouchama, que la chambre correctionnelle d' Alger a vraiment perdue. Une immense magistrate de l'envergure de l' ex- présidente de chambre, Mégari qui fait, actuellement, le bonheur de la précieuse chambre bancaire, au boulevard Zighout Youssef à Alger.
Elle y exerce, en qualité d'experte en la matière. Il reste que néanmoins, cette juge de fer rappelle bien d'agréables souvenirs, à la cour d'Alger, comme le jugement de Omayer. D. Un prévenu de 53 piges condamné par le tribunal de Bir Mourad Raïs (cour d' Alger) pour le vol de filet, de cordage et du nécessaire de pêche dont a besoin un homme de la mer, fait prévu et puni par l'article 350 du Code pénal. Le pauvre inculpé a beau se défendre face à la juge de la première instance, rien n'y fit! Il coula et même sombra corps et âme et ne put sortir «la tête de l'eau». Avec ses 18 mois d'emprisonnement dont
6 ferme, il ne lui restait que l'appel à interjeter pour en finir avec, ce qu'il a appelé, une «hogra». Surtout qu'il s'était entêté à comparaitre devant le tribunal sans l'assistance d'un conseil, considérant qu'il était sûr de lui et de son innocence... À la cour, ce fut une autre paire de manches. Au moins, il s'est défendu comme il l'avait souhaité! Face à Karima Mégari-Bouchama, et à ses deux attentifs et efficaces conseillers, il put à loisir, se défendre et alla jusqu' à prouver son innocence en détruisant les faux témoignages des gus qui s'étaient amusés à raconter des bobards que le tribunal avait avalé, sans coup férir, mais que la composition correctionnelle de la cour, n'effleura même pas du fait que ces témoins n'ont jamais répondu aux convocations de la justice. Malgré cela, la juge tenta de coincer le malheureux Omayer D.
- «Pourquoi la victime vous a choisi comme étant le voleur?
- Qu'Allah m'assène sur le champ un coup de foudre qui me fera fondre devant vous, si je mens!
- Un coup de foudre? Répond la juge visiblement amusée car le prévenu avait dit en langue française cette dernière phrase.
- Un coup de foudre, façon de parler car un innocent dans mon cas, perdrait son... vocabulaire! Un filet, cordage et du nécessaire de pêche, c'est combien tout cela, à supposer que je sois le voleur, madame la présidente, je vous le demande... et je...
- C'est moi qui pose les questions. La cour n'a pas à répondre aux prévenus. C'est la loi qui le précise, pas moi! Restons dans l'essentiel et nous gagnerons du temps, voulez-vous?»,coupe la juge à dessein afin de ne pas tomber dans des dérapages qui sont, pour les débats, inutiles. Le prévenu cessa pendant un bon moment de marmonner des trucs que lui seul, comprenait. Puis il reprit sa défense au moment où Karima Mégari, la présidente, aborda le pointilleux passage des témoins à la barre.
Là, ce fut franchement un moment de lucidité du prévenu car il réussit à capter l'attention du trio de magistrats, mais surtout celle du procureur général, qui, jusque-là n'avait pas ouvert la bouche. Evitant de
s'écrier, le prévenu, en entendant la juge évoquer l'absence des deux témoins, lança en direction de la salle d'audience comme pour prendre à témoin les présents sur ce qu'il allait dire:
«Madame la présidente, vous parlez de témoins? Où sont-ils? Ils ne se sont jamais manifestés, ni devant le magistrat-instructeur, ni devant le tribunal qui a pourtant renvoyé à deux reprises le procès, ni même ici devant vous et après deux renvois.
C'est triste comme situation; je ne peux plus fermer l'oeil car mon épouse et mes trois enfants me manquent sincèrement. Madame Libérez-moi Svp!». Ce furent là les derniers mots d'Omayer dont Me Med Djediat, l'avocat, préféra être court car son client avait tout dit, et jugea donc, utile de ne pas trop encore ennuyer la cour.
Le pauvre gus avait fini de tout dire; on le voit à la tête qu'il fait et la manière avec laquelle il tient la barre pour montrer qu'il n' est pas prêt à lâcher et laisser donc le navire «innocence» et refuse de voir le filet «condamnation» l' emporter sur la honte d'une éventuelle lourde condamnation qu'il refuse obstinément des lèvres, de la raison et du coeur. La mise en examen du dossier fut courte et le verdict fut si bien apprécié que Omayer D. poussa un vibrant cri de ravissement: «Vive la justice!»
Le même cri que poussa avant lui, Med Mounir Larbaoui, le sublime magistrat de Blida, malmené par une bande de collègues, qui agissait et parlait au nom de la justice! Traîné dans la boue, il avait souffert le martyre, avant d'avoir été acquitté par le conseil de discipline, et avant, le tribunal criminel de Bouira, par trois fois!

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