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Les deux-roues de plus en plus courtisées par les Algériens

Une mode et des… emplois

Ce moyen de locomotion est devenu un gagne-pain pour beaucoup de jeunes, notamment durant cette crise sanitaire. Au grand bonheur d’opérateurs privés qui se sont lancés dans la moto «Made in bladi»…

Des motos qui se faufilent entre les automobilistes en plein embouteillage. Une image que l'on voit de plus en plus sur nos routes. Jeunes et moins jeunes ont adopté depuis quelque temps pour se déplacer les deux-roues. La «sale» image qui a collé à la peau de leurs conducteurs, voyous et inciviques, disparaît peu à peu. Des pères de famille, des cadres, des médecins ou de jeunes étudiants ont opté pour ce moyen de locomotion, rapide et économique. «J'ai laissé ma voiture de côté pour m'acheter une petite moto qui me permet d'arriver rapidement sur les lieux de travail et m'évite de passer des heures dans les embouteillages», affirme, Amine, cadre dans une banque internationale. «Mon budget carburant a aussi été fortement réduit ainsi que mes dépenses d'entretien», ajoute-t-il pour expliquer les raisons qui l'ont poussé à troquer la voiture pour son scooter, dont il est très heureux. Dalil, lui, est étudiant. Il vient aussi d'acquérir un petit scooter. «Je n'ai pas les moyens de m'acheter une voiture, surtout au prix du marché actuel. Avec mes économies, j'ai pu m'acheter un scooter neuf à 150000 dinars», atteste-t-il en assurant que c'était pour lui un moyen efficace de se déplacer en ces temps de coronavirus, mais aussi pour... draguer. Car, selon ses dires, avoir une moto, quelle que soit sa taille, est devenu très tendance chez les jeunes. «Plus que la voiture», atteste-t-il avec un large sourire. Une mode donc, mais aussi un moyen de se faire de l'argent. Depuis le début de la crise sanitaire, la livraison à domicile a connu un véritable «boom». Surtout en ce qui concerne la restauration, où pendant presque un an il était interdit de s'attabler. Le métier de livreur a pris de plus en plus d'ampleur. Les scooters sont le moyen le plus efficace pour ces livraisons. Des milliers de jeunes ont trouvé des emplois dans ce domaine. On peut les reconnaître avec leurs grands sacs isothermes accrochés à l'arrière de leurs petits «bolides».
Un métier et une industrie...
Durant cette période difficile, on peut dire que la moto a sauvé des boutiques de la faillite et a permis à des familles de survivre. «Nous sommes deux pizzerias et un restaurant collés les uns aux autres. Avec le Covid-19, on était au plus bas avec l'interdiction de consommer à table», raconte Azzedine, le gérant d'une pizzeria dans la banlieue Est d'Alger. «La livraison à domicile était pour nous la seule façon de répondre aux sollicitations de la clientèle. Mais recruter un livreur et acheter une moto, cela n'était pas dans nos moyens», souligne-t-il. Alors avec les deux autres commerces voisins, ils décident de recruter un jeune du quartier pour les livraisons. «On lui donne un pré-salaire de 18000 dinars que l'on paye à trois. Les livraisons sont gratuites dans un rayon de 5 km, mais payantes au-delà. Il arrondit son salaire avec ces livraisons qu'il encaisse lui-même», assure-t-il. «Tout le monde est gagnant. Il se fait un bon petit salaire et nous on arrive à mieux vendre», dit Azzedine qui avoue que grâce à la livraison, il n'a presque pas senti la crise. Fouad, lui, travaille pour une grande application de livraison. Son père, coiffeur de son état, a été une victime collatérale du premier confinement. Il fallait trouver de l'argent pour aider la famille à se nourrir. «Alors on a tous mis un peu d'argent pour m'acheter une moto afin que je puisse travailler avec les applications qui s'occupent de la livraison à domicile», rapporte-t-il. «À la fin du mois, j'ai un salaire qui nous permet de joindre les deux bouts et en plus je ne passe plus ma journée adossé aux murs du quartier. J'ai désormais un vrai métier», indique-t-il fièrement. Son enthousiasme est d'autant plus grand du fait que sa belle moto ne lui a pas coûté un bras. «Et c'est un made in bladi», rétorque-t -il avec beaucoup de fierté. Effectivement, les deux roues de Fouad ont bel et bien l'accent de chez nous. Car, depuis quelques années des opérateurs privés se sont lancés le défi de l'industrie du motocycle. À l'image des marques VMS et SYM. Ils ont commencé par le montage, mais peu à peu ils ont augmenté leurs taux d'intégration.
Le paradoxe de la «moto Guelma»!
Actuellement, ils se vantent d'être à plus de 40%. Mieux encore, ces marques sont devenues une référence nationale. Cerise sur le gâteau, ils ont créé des centaines d'emplois qui ne cessent d'augmenter ces derniers temps au vu de la demande croissante. Particulièrement, du fait qu'ils ont vulgarisé ce moyen de locomotion en Algérie en le rendant à des prix très accessibles. Et leurs carnets de commandes sont pleins. Il suffit de se rendre aux concessions spécial moto, qui fleurissent à travers le pays, pour le constater. Il y a des listes d'attente, il faut attendre plusieurs mois pour certains modèles. Ce qui montre la forte demande qui les entoure. Pendant ce temps-là, l'un des fleurons de notre industrie, l'entreprise des cycles et motocycles (Cycma), est en faillite. Ce qui, dans un passé par très lointain, faisait la fierté des Algériens meurt à petit feu. Mais les politiques qui se sont succédé et les responsables de ce complexe n'ont pas su le mettre au diapason de ce qui se fait actuellement. On pensait alors que le ministre de l'Industrie Ferhat Aït Ali, qui l'a visité lundi dernier, allait donner un plan de modernisation pour saisir l'opportunité qu'offre désormais le marché. Néanmoins, il semblerait qu'il voit les choses autrement. Reconnaissant que les motos et motocycles produits actuellement par cette entreprise «ne répondent plus aux besoins du marché», il a trouvé une solution radicale. Il veut tout simplement le ré- orienter vers une autre industrie. «Il est possible d'envisager l'orientation du complexe vers une industrie mécanique qui fournit des produits commercialisables», a déclaré le ministre en direction des travailleurs. Une situation des plus burlesques au moment où la demande n'a jamais été aussi importante pour les motos. Et elle devrait continuer à l'être puisque la culture de la livraison à domicile est en train de s'ancrer dans notre société à cause ou grâce au coronavirus. La moto est donc en train de nous donner de grandes leçons avec une petite industrie à succès. Mais aussi un métier est en train de naître permettant de résorber le chômage chez nos jeunes, auxquels on devrait offrir un statut «d'auto-entrepreneur». Ce qui permettra de les mettre sur des bonnes roues...

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