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Saison estivale à Béjaïa

Tout n’est pas parfait

Salons de thé, marchands de glaces, salles des fêtes, plages, hôtels avec piscines, discothèques, c’est un peu toutes les commodités que peuvent s’offrir les touristes à Béjaïa. Noyades, incendies, encombrements, sont l’autre face de la médaille. C’est cela la saison estivale à Béjaïa.

La saison estivale, ouverte à peu près comme chaque année sans grand changement à signaler, n’arrive toujours pas à prendre son envol à Béjaïa. Les opérateurs économiques, le véritable baromètre de la réussite ou pas de la saison, voient défiler des milliers de visiteurs sans en profiter vraiment. Il semblerait qu’à Béjaïa, on vient juste se baigner ou tout au plus passer un week-end avant de décider de repartir. Pour cette année encore, les ritournelles incommodantes s’invitent dès les premiers jours, alors que le grand flux d’estivants n’est pas encore au rendez-vous. Avec l’événement religieux, l’Aïd El Adha, qui arrive au milieu du mois le plus prisé pour la villégiature, on est presque déjà sûr d’une saison mi-figue, mi-raisin. Passé la période d’affichage des résultats des examens de fin d’année, la saison estivale a connu un véritable envol à Béjaïa. Ce démarrage en trombe, a vite mis à nu les insuffisances qui sont loin d’être nouvelles, la ritournelle en somme et ce, sur tous les plans. C’est comme si les différents bilans établis en la matière durant les saisons précédentes n’ont servi à rien. Alors que le grand flux d’août est attendu à partir de ce week-end, la région de Béjaïa fait déjà montre de saturation, notamment sur les axes routiers qui renouent avec les encombrements intempestifs, lorsqu’ils ne deviennent pas le théâtre de l’expression de la fronde citoyenne, comme ce fut le cas depuis deux jours sur la RN 9.
Il faut avoir des nerfs d’acier pour parcourir les 50 km de route du littoral-est. La lenteur est aussi une réalité sur la côte-ouest. Pendant que d’au-tres wilayas comme Jijel , prennent des mesures pour rendre fluide la circulation en interdisant par exemple la circulation, des poids lourds durant la journée, à Béjaïa on fait comme si de rien n’était, allant même jusqu’à entamer des travaux routiers faisables bien avant l’entame de la saison. Trois heures pour parcourir 45 kilomètres. Qui dit mieux ?
Sur un tout autre chapitre, le Protection civile de Béjaïa a enregistré mardi dernier la disparition en mer d’un jeune, malheureusement repêché inerte, en fin de journée. Il s’agit d’un deuxième cas si on compte celui qui a réussi la semaine dernière à sauver deux jeunes filles, en y perdant la vie. Durant toutes les journées de juillet, les unités de la Protection civile étaient sur tous les fronts. elles ont dû intervenir pour éteindre les centaines d’incendies, qui ont ravagé bien des hectares et étaient même menaçants. Des feux de broussailes, les accidents de circulation, les noyades. Après des semaines d´appréhension et les multiples événements que connait encore la région, la saison estivale est enfin entamée. En retard, il est vrai, mais comme dit l´adage : «Mieux vaut tard que jamais.»
Un premier jour du mois d´août. Une chaleur caniculaire. Le soleil dardant ses rayons sur la ville de Yemma Gouraya semble interpeller les Béjaouis et les inviter vers les classiques randonnées au bord de la grande bleue. Malgré tout, les ruelles de Béjaïa sont prises d´assaut par une foule cosmopolite. C’est à croire que la région fait le plein. Une virée en ville nous renseigne à plus d’un titre sur l’ambiance folle des grands jours Cela fait réellement plaisir de voir des familles entières attablées devant des coupes de glaces au niveau de toutes les terrasses, et particulièrement celle de la place
ex-Gueydon, qui nous invite à admirer du haut de sa balustrade, toute l´étendue portuaire de la ville, d´autant plus que le bleu de la mer à perte de vue, s´amuse à narguer un splendide coucher de soleil. Où que vous soyez, les youyous et klaxons de cortèges de mariées, attireront votre attention. Apparemment, cette année, la gaieté a repris ses droits. Bouquets de fleurs, et rubans de soie, des filles d´honneur, maintiennent la longue traîne de la «femme du jour». Derrière son voile, la jeune mariée nous fera un timide sourire, avant de monter dans la voiture nuptiale. Le calme de ce début du mois de juillet, est de bon augure pour la région. La reprise des activités culturelles tarde à Béjaïa. Les instances concernées n’affichent aucune volonté de mettre fin à la léthargie que connaît Béjaïa depuis le début du Hirak.
Sur la route vers Tichy, la circulation se fait dense. Pare-choc contre pare-choc, les véhicules avancent lentement dès l’approche du Village touristique Capri-tour. Et comme les véritables indices de la réussite d’une saison estivale résident chez les opérateurs, nous avons choisi de les contacter au même titre que leurs clients. Le Syphax affiche complet à notre arrivée. On croise un couple à l’entrée de l’établis
sement. En parfait connaisseur des lieux, il affiche une mine un peu contrariée non pas à cause de l’hébergement, mais des encombrements qui empestent la ville. «On préfère une randonnée à pied vu la circulation», nous dit-il, après un court échange amical, mais non sans soulever la cherté des produits. Plus loin le réceptionniste de l’hôtel pointe un doigt accusateur sur les voyagistes qui ont tendance à promouvoir les destinations extérieures comme pour expliquer une saison morose.
Khoudir Arroudj, le patron de l’établissement était attablé à la terrasse. Pour lui «le tourisme est un état d’esprit». En effet, c’est un tout où chacun doit mettre du sien. Pas aussi pessimiste, il relève les lacunes des pouvoirs publics. «En ce qui concerne les encombrements dans la ville, j’ai maintes fois proposé d’organiser en fonction des flux de voitures dans les deux sens», indique-t-il. Il n’est pas écouté, tout comme il ne le sera pas sur d’autres questions, notamment d’hygiène publique. Dans son établissement, il fait bon y vivre. La piscine est bondéd de monde, notamment les enfants. «Ils en raffolent», nous dit cette maman en attendant le spectacle des comiques prévu après le dîner. Un jeune couple tunisien sortait de la plage. Interrogé, il relève
l’absence d’ambiance pour adultes. Une journaliste de la chaîne Ennahar du Koweit était attablée à la terrasse appréciant le calme des lieux. Elle est algérienne. Samira Frimeche, cadre à la chaîne koweïtienne n’était pas en mission. Elle est là pour se prélasser et elle aime l’endroit, dont elle dit tout le bien. Dehors, le vacarme des automobilistes nous rappelle la réalité de cette station balnéaire, qui restera toujours le véritable baromètre de la saison estivale. Les plages sont pleines à craquer. Cependant, des ordures sont hélas,partout. Le problème du manque de coordination entre les différentes parties intervenantes dans le secteur du tourisme est flagrant.
Globalement, la saison estivale n’est plus celle d’avant. La conjoncture politique du pays laisse prudent plus d’un. Ajoutée aux inconséquences locales, il ne faudrait pas s’étonner de ce recul que tout le monde reconnaît et explique à sa manière. Suffit-il d’expliquer ? «Non», répond ce professionnel «tout est lié à la politique que veulent adopter les pouvoirs publics».
Pour l’instant, le tourisme n’est pas une priorité, il ne faudra donc pas s’étonner des échecs à répétition». A Béjaïa, l’espoir existe. L’échec ne fait pas peur. Des lendemains meilleurs sont attendus tant par les touristes que par les opérateurs. Quant aux autorités, elles ne sont pas faciles à joindre, sans doute car elles ont beaucoup à se reprocher. Tout n’est en fait pas parfait. C’est la véritable politique touristique impliquant sérieusement tout le monde qui manque le plus.

 

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