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Marché de bestiaux en cette veille de l’Aïd El Adha

Le bœuf ravit la vedette

Les familles se regroupent afin de cotiser en vue de l’achat d’un bœuf.

La vente des moutons de l’Aïd ces derniers jours dans la wilaya de Tizi Ouzou montre l’écart entre le discours officiel et la réalité du terrain. Ni les prix ni la qualité des points de vente ne sont respectés à travers le territoire de cette wilaya au relief plutôt montagneux. Chose pour laquelle les populations locales font peu cas des orientations et recommandations données par les services concernés. à travers les communes et les villages, des façons de s’acquitter de ce devoir bien originales mais ancrées dans la tradition apparaissent ces dernières années.
En effet, dans les villages de la wilaya de Tizi Ouzou et de plus en plus de quartiers des villes, le mouton n’est plus à la mode. Ce dernier cède la place peu à peu au bœuf. Les familles se regroupent afin de cotiser en vue de l’achat d’un bœuf. «Nous préférons acheter en groupe un bœuf et le partager le jour de l’Aïd. Ça revient moins cher et ça offre l’occasion de se réunir entre membres de la famille élargie. Vraiment, il y a plus d’ambiance dans ces grandes
réunions », affirme un père de famille. « Moi, je préfère participer dans un groupe pour sacrifier un bœuf parce que toute ma famille ne consomme pas la viande de mouton. Je l’égorge et je cherche, chaque année, à qui l’offrir. Les gens n’aiment pas la charité », ajoute un autre qui se dit à la recherche d’un groupe dans la ville de Draâ Ben Khedda.
En effet, l’idée fait de plus en plus d’adeptes et le constat est vite établi dans un point de vente dans cette même ville. « Je suis en train de voir les prix du mouton. Franchement, je préfère notre groupe. Nous avons acheté un bœuf et le prix est largement meilleur », constate un autre père de famille venu avec ses enfants pour s’enquérir des prix.
Le constat est visiblement facile à établir. Un agneau coûte entre 35 et 40.000 DA. Un mouton moyen est cédé à 55 ou 70.000 DA. De quoi dissuader le plus téméraire des pères de familles.
« Je suis obligé d’acheter un mouton à ce prix parce que tout simplement je n’ai pas trouvé un groupe dans lequel je peux cotiser pour l’achat d’un bœuf », explique un autre.
Enfin, il est à noter que l’idée a germé, il y a quelques années, dans quelques villages. Des voix se sont élevées pour dire que la pratique n’est pas conforme aux préceptes de l’islam, mais les fetwas ne sont pas tellement prisées de ce côté de l’Algérie. Ancrées dans la tradition islamique depuis des siècles à sa manière, la population était restée convaincue que le sacrifice en groupe ne s’écartait pas de la norme. Bien au contraire, il permet de célébrer l’Aïd, tout en sachant que toutes les familles proches ne restent pas à l’écart de la joie qu’elle procure.
Le partage était plus convivial avec ce procédé que le sacrifice individuel. Quelques années plus tard, d’autres savants affirmeront que la pratique est licite, ce qui a renforcé sa propagation à une plus grande échelle. Aujourd’hui, le bœuf dispute la vedette au mouton et il est sur le point de remporter la partie.

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