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Célébration de l’Achoura à Béjaïa

Il était une fois à Touguit

Il y a comme ça des endroits qui retrouvent tout le charme et leur histoire à des occasions diverses.

Voir Touguit, c’est revisiter toute l’histoire d’une région martyre depuis la nuit des temps. Voir Touguit c’est comprendre la langue recherche des habitants de la région d’une force capable de répondre à leurs attentes et ils y croient encore fermement.Le mausolée est situé au sommet d’une montagne. De tout temps, il a servi de lieu où se rendent les habitants et plus particulièrement des femmes pour diverses raisons liées à leur quotidien. Un arbre, aujourd’hui ravagé par le feu, servait par exemple à interpeller un mari, un fils émigré dont l’absence est trop lourde à supporter, suivant un rituel que seules les femmes savent faire. Par magie, télépathie, le contact s’établit et les hommes finissent par revenir. Les couples qui ne procréent pas y trouvent aussi la réponse à leurs soucis. Les filles finissent par trouver leur heureux élu par une simple visite des lieux.Mardi, jour de l’Achoura, cet endroit n’a pas désempli toute la journée. Plus que les autres jours, durant l’Achoura on s’y rend en force surtout depuis qu’une route carrossable est ouverte. A pied, le défi est relevé au bout de deux heures. Certains croient encore que s’y rendre à pied est préférable pour bon nombre de ces femmes. En fait, plus on se fatigue pour rejoindre le sommet, plus on a des chances que ses vœux soient exaucés.Il était 11 heures, lorsque nous arrivâmes au village Tasga, dans le douar d’Ikdjane. De loin on observe des filles, des hommes et des femmes, jeunes et moins jeunes donnant l’impression de grimper vers le soumet de cette montagne. En voiture on s’y rend plus rapidement en saluant à chaque fois les visiteurs dont les visages indiquaient tout un plaisir d’être parmi les pèlerins qui viennent des quatre coins de la région de Béjaïa. A chacun sa motivation, son espoir qu’il souhaite exaucer. Le parking aménagé au pied de la montagne était déjà plein à craquer. Cent mètres plus haut, on découvre le mausolée et tout autour, des femmes s’activent. Un bûcher par-ci un autre par-là, on prépare « tahrith » et le déjeuner du jour. On s’invite mutuellement pendant que les rituels se font dans la discrétion totale. Dans la maisonnette située près du mausolée, Na Yamina est assise dans une pièce ou des dizaines de bougies sont déjà allumées. Elle raconte.«Ce lieu a été détruit par l’armée française. Un jour mon défunt époux et moi étions venus ici», nous dit-elle. « On décide de le réparer par la remise en place de la toiture cela a pris plus d’une année et pendant ce temps je suis tombée enceinte de mon premier enfant après de longues années d’attente», indique-t-elle se remémorant tous les souvenirs de l’époque. C’est là un exemple parmi tant d’autres des croyances locales. Un lieu, un vœu, il suffit d’y croire tout peut arriver, se montrent convaincus les visiteurs, même si aujourd’hui l’esprit a beaucoup changé. La vocation du lieu s’est transformée. Passer une journée à Yemma Touguit en cette période de Achoura reste une manière de faire une escapade, une occasion de rencontrer des amis, des connaissances, dans un climat fait de convivialité, de chaleur humaine et laisser son regard se balader vers le mont Gouraya, Timezrit et les majestueuses montagnes des Babors tout en dégustant « Tahrith », plat traditionnel préparé en la circonstance à base de semoule, huile d’olive, eau et sel avec du sucre une fois cuit. Ce sont les retrouvailles entre familles de divers villages. On se côtoie le temps d’une journée. Les liens se renforcent. C’est souvent le début d’une vie entre deux personnes qui prend naissance. L’endroit s’y prête bien. C’est au début de l’après-midi que les femmes se réunissent pour un tour de chant à vous donner la chair de poule. Les regards se croisent sous un ciel bleu. On s’oublie le temps d’une journée avec l’espoir d’un changement et celui –ci arrive souvent. Voir Yemma Touguit c’est revivre, c’est regagner son espoir d’un changement tant attendu. Le chemin inverse est repris en fin de journée toujours dans la même ambiance. Les processions d’hommes, de femmes et d’enfants redescendent satisfaites d’une journée pas comme les autres.Le rendez-vous est donné pour l’année prochaine. La célébration de ce lieu mythique, qui fait partie de la mémoire collective locale est annuelle, ponctuée par des visites régulières durant le reste de l’année chaque vendredi. L’histoire de Yemma Touguit et la région d’Ikedjane est intimement liée. Ikedjane, un douar formé de quatre villages (Tasga, Taourirt ou Aïssa, Aït Achour et Aït Mahiou), a donné son nom à l’ex-douar de l’ex-commune mixte de la Soummam de 1887. Les Romains étaient passés par là, en témoigne la présence de ruines dans quelques endroits. Yemma Touguit l’une des quatre filles d’un saint. Yemma Tmezrith, Yemma Gouraya, Yemma Melbou, certains expliquent l’histoire ainsi. Peu importe, Yemma Touguit, garde tout son charme et demeure le témoin vivant de l’histoire millénaire d’une région et d’une culture.

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