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Décès de deux femmes enceintes à M’sila

Une enquête pour élucider le mystère

Les cas de mortalité maternelle s’élèvent à 57 pour 100.000 naissances en Algérie.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui a affirmé, samedi à Alger, que l’enquête ouverte par le ministère, suite au décès de deux parturientes le week-end dernier à M’sila, «établira les responsabilités et les mesures à prendre». Dans une déclaration à la presse, en marge de la cérémonie de sortie de la septième promotion d’administrateurs principaux des services de santé, le ministre a indiqué que « suite au décès de deux femmes enceintes dans la wilaya de M’sila, une commission d’enquête a été dépêchée par le ministère de la Santé à l’hôpital Slimane Amirat et à l’hôpital El Zahraoui pour élucider les circonstances précises des deux décès ». La commission d’enquête, médicale et administrative, spécialisée, devra faire la lumière sur les circonstances de ce tragique incident de la mort des deux parturientes vendredi» Elle examinera «les circonstances des décès», a poursuivi le ministre, avant d’ajouter «nous attendrons les résultats définitifs de l’enquête» pour prendre les mesures adéquates dans de pareilles circonstances. Il faut savoir que «huit cas de décès de femmes enceintes ont été enregistrés cette année, dans la wilaya de M’sila, contre 13 cas l’année dernière», a conclu le ministre. La première femme enceinte est décédée d’une insuffisance rénale à l’hôpital Slimane Amirat, tandis que la seconde parturiente est décédée suite à des complications respiratoires à l’hôpital El Zahraoui, a-t-on précisé. Il y a lieu de signaler que de jeunes manifestants, profitant de la marche du 23ème vendredi du Hirak, ont organisé à M’sila, un sit-in devant «l’hôpital mère et enfant Slimane-Amirat», après le décès des deux parturientes. Les manifestants ont dénoncé la «négligence», le «manque de moyens matériels et humains» alors que l’un d’eux dira «Les femmes enceintes continuent de mourir chez nous». «À cause de ce système, les plus pauvres n’ont pas accès aux soins !» s’écriaient les manifestants qui rappelaient que les responsables eux «se soignent en devises à l’étranger». De son côté, le directeur de la maternité, Amar Belloul, assure que ce genre de cas est «courant» et que «tous les moyens» ont été mis à contribution pour la prise en charge des deux parturientes. Pour la première, un médecin gynécologue du secteur privé a été réquisitionné et a fait tout son possible pour sauver la patiente qui était déjà malade avant son accouchement. Concernant le deuxième cas, la patiente a eu des complications dues à sa tension artérielle. Elle a été évacuée d’urgence à l’hôpital Ezahraoui où elle a rendu l’âme. Les derniers chiffres disponibles au ministère de la Santé font ressortir une baisse de mortalité maternelle qui est de 57 pour 100 000 naissances. Pour l’année 2017, l’on a enregistré 1,06 million de naissances dont 88,2% ont été réalisées dans les structures publiques, soit 924 000 nouveau-nés. L’affaire du décès de la parturiente et de son bébé l’été de l’année dernière, à Djelfa, qui a été suivie d’une condamnation d’emprisonnement du personnel médical, a conduit le ministère de la Santé à réfléchir sur une meilleure manière de sécuriser l’acte d’enfantement en Algérie. En effet, le cas dramatique de Aïn Ouassera, qui a défrayé la chronique, a mis à nu et confirmé la débandade qui règne dans plusieurs établissements où existe un service maternité. Le tribunal de Aïn Ouassara a condamné à des peines de prison, en septembre 2017, trois sages-femmes, deux responsables de l’administration et un gynécologue pour « négligences coupables ». Le ministre de la Santé avait immédiatement mis en place un comité national d’experts gynécologues pour penser un plan de prise en charge des femmes enceintes.
Ce groupe de travail a élaboré un guide de prise en charge des parturientes afin d’assurer la qualité et la sécurité des soins, a soutenu le docteur Fewzi Benachenhou, directeur des structures de santé de proximité au ministère de la Santé. Selon lui, les tendances enregistrées ces dernières années, soit pour la mère, ou pour le nouveau-né, classent l’Algérie en pays intermédiaire, selon l’Organisation mondiale de la santé. Les raisons liées à la mortalité maternelle sont, dit-on, sont l’hémorragie lors de la délivrance ou encore la toxémie gravidique qui est une affection survenant en fin de grossesse et caractérisée par une hypertension, de l’albuminurie et des œdèmes.
Il importe de savoir que 211 services de gynécologie-obstétrique sont ouverts au niveau national dont 5 820 lits dédiés à l’obstétrique. Ces lits sont disponibles à travers les CHU, les EHS (établissements hospitaliers spécialisés) et les EPH (établissements publics hospitaliers). Par ailleurs 420 autres maternités intégrées pour accouchement par voie basse offrent 3 270 lits. Ces réseaux de structures appelés à se normaliser progressivement sont encadrés par plus de 750 gynécologues, 1 400 pédiatres et 1 200 médecins réanimateurs. Les sages-femmes, qui sont la cheville ouvrière des maternités, sont au nombre de 8 700 au niveau national. Ces chiffres liés à l’encadrement et à la prise en charge de la femme gestante sont théoriquement suffisants…mais !

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