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Election présidentielle du 12 décembre 2019

Une campagne atypique

Elle donne l’impression de reposer essentiellement sur la personnalité des cinq candidats qui l’animent, les partis qui sont censés leur servir de machine électorale n’ont pas encore montré leurs « muscles ».

L’absence de grosses cylindrées à l’élection présidentielle de décembre va accoucher incontestablement d’un scénario inédit. Il y a d’abord l’ambiance qui a toujours entouré ce scrutin majeur qui sera vraisemblablement privé des mégameetings accueillis par des salles mythiques à l’instar de Harcha ou la coupole du 5 Juillet. Des rendez-vous qui ont drainé des foules immenses en effervescence dans des ambiances de fête scandant à tue-tête le nom de leur champion. Il y a surtout les ambiances inhabituelles des grands rendez-vous que connaissent les QG de campagne, les va-et-vient de personnalités ou de simples citoyens venus manifester chacun à sa manière leur soutien au candidat sur lequel ils ont porté leur choix. Ces lieux servent indéniablement de baromètre pour évaluer la popularité ainsi que les chances du candidat à la course au Palais d’El Mouradia ? de gravir la plus haute marche du podium, à défaut de livrer une prestation honorable.
Des rôles que remplissait de façon pratiquement ostentatoire le Front de Libération nationale, véritable machine électorale qui avait la mainmise sur l’administration, qui s’appuyait sur ses redoutables organisations satellites et à un degré moindre le Rassemblement national démocratique. Deux partis qui se sont retrouvés alternativement au pouvoir et qui ont la particularité d’avoir soutenu depuis 1999, le même candidat, l’ancien président de la République Abdelaziz Bouteflika qui a fini par jeter l’éponge sous la pression d’un mouvement de protestation populaire et pacifique né des marches historiques du
22 février.
Le premier touché de plein fouet par des affaires de corruption et de dilapidation de deniers publics qui ont conduit deux de ses secrétaires généraux, Djamel Ould Abbès et Mohamed Djemaï, derrière les barreaux a carrément renoncé à participer à l’élection présidentielle du 12 décembre et à ne pas donner de consigne de vote. Le patron emblématique du RND, Ahmed Ouyahia ex-Premier ministre de surcroît avait connu le même sort avant eux pour les mêmes motifs. A la seule différence qu’il sera présent à ce rendez-vous électoral malgré le scandale qui l’a éclaboussé. Touché de plein fouet et à sa tête par des affaires de corruption qui ont conduit son patron à la prison d’El Harrach, le RND semblait avoir subi le coup de grâce. Contre toute attente il a non seulement été procédé à son remplacement sans qu’il n’y ait trop de remous tout en réussissant l’exploit de figurer parmi le cercle restreint des candidats qui sont maintenant sur la ligne de départ pour la course au palais d’El Mouradia. Azzedine Mihoubi qui a surmonté l’épreuve redoutable des parrainages, 65 000 signatures collectées, aura l’insigne honneur de défendre les couleurs de sa formation politique. Sauf que pour le moment il ne semble pas bénéficier du coup de pouce nécessaire de son parti, à l’instar des autres candidats. Que cela soit du côté de l’Avant-garde des libertés (Talaïe El Hourriyet), dont les couleurs sont défendues par Ali Benflis, du Front El Moustakbal de Abdelaziz Belaïd, d’El Bina de Abdelkader Bengrina ou d’El Islah qui a apporté son soutien au candidat indépendant Abdelmadjid Tebboune dont le début de campagne a été difficile, la machine ne s’est pas mise en route. Tous ces partis pourtant rompus aux joutes électorales n’ont encore pas montré de signes indiquant qu’ils sont dans le bain. Pas de campagnes de proximité, de meeting, encore moins d’affichage. Les panneaux réservés à leurs candidats n’ont pas été exploités. Il est indéniable que l’élection présidentielle qui doit se tenir dans un peu plus de trois semaines connaît un début de campagne très timide, atypique. Elle donne l’impression de reposer essentiellement sur la personnalité des cinq candidats qui l’animent, les partis qui sont censés leur servir de machine électorale n’ont pas encore montré leurs «muscles». Il est incontestable que le scrutin du 12 décembre est plombé par la situation politique que traverse le pays, par un mouvement de protestation populaire pacifique sans précédent qui a opté pour son rejet. Une conjoncture qui fait craindre un taux d’abstention record. Est-ce suffisant pour, à ce point, tétaniser ces machines électorales incarnées par les formations politiques impliquées dans la campagne électorale ? La question est posée. On y verra plus clair dans les prochains jours.

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