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Mme Iman Houda Feraoun, si je vous ai fait du tort...

Nous nageons en plein quiproquo. Un édito que j'ai signé voilà déjà une quinzaine de jours a mis le feu aux poudres. Le quotidien L'EXPRESSION avait réservé pas moins de quatre articles à la gestion des TIC au moment même où l'ARPT siégeait pour évaluer les résultats des trois opérateurs de téléphonie mobile. C'est dans ce contexte vrai et unique que naquit le «malentendu» avec la ministre des TIC. Nos informations étalées sur plus de deux pages révélaient le visage «démaquillé» d'un secteur stratégique avec toutes ses tares, ses injustices, ses chiffres et ses faits avec témoignages à l'appui. Mon édito que j'ai naïvement intitulé «La duchesse de Sidi Bel Abbès», et que soient honnis en passant tous les esprits mal tournés, qui ont cru déceler, par magie, un retour à un lieu de plaisir ayant fait jadis les choux gras dans les salons de l'Ouest algérien.
Seule une poignée de «manchots», d'une presse à l'agonie, attirée par l'appât du gain que pouvait représenter une telle opportunité, accourt pour prendre la défense d'une ministre qu'elle croyait aux abois alors qu'elle pouvait aisément se dispenser de leur bouée de sauvetage. Mon «papier» ne tirait en réalité que les conclusions de quatre articles bien fouillés, documentés et soutenus par une analyse magistrale, signés par des journalistes professionnels ne comptant pas moins de vingt ans d'expérience. On a crié au scandale parce que j'ai cru de bon augure de parler d'un personnage sulfureux de Guy de Maupassant.
Tous ceux qui trimbalaient encore un lexique dans leur poche et dont l'étendue de leur culture ne dépassait pas les «bouges» réputés malsains d'Alger, venaient d'y trouver ainsi l'«obole alléchante» qui allait les renflouer par ces temps de disette.

En 2009, sous Sarkozy, paraissait en France un livre qui eut un immense succès. Il avait pour titre «BELLE AMIE». Son personnage central est une femme. Elle est ministre de la Justice, garde des Sceaux. C'est une Maghrébine. Une Franco-Marocaine. Elle s'appelle Rachida Dati. Ce livre n'avait pas soulevé le moindre tollé, ni accusé ses auteurs, de misogynie, voire de propos «crasseux» comme cela m'a été donné de le relever sur un site quasiment inconnu du grand public.
Pourquoi tout ce vacarme? Pour avoir les faveurs de Mme la ministre?
Le quotidien L'EXPRESSION a consacré plus d'une quinzaine d'«ouvertures» principales, en page une, dès l'installation de cette ministre qui compte parmi les plus jeunes ayant fait partie de l'Histoire des gouvernements successifs de l'Algérie à nos jours. Nous l'avons soutenue dans toutes les initiatives qu'elle avait prises pour insuffler un sang neuf à son secteur. Avec sa collègue, Mme Nouria Benghebrit, on en fait l'incarnation même du changement en Algérie, telle que l'a toujours soutenue le Président Bouteflika.
Qui tiraient à boulets rouges, et à longueur d'éditions mal fagotées, sur ces deux femmes de bonnes familles? Ce sont ces mêmes sites et individus issus de la pire engeance qui soit qui s'amusent à passer aujourd'hui de la «pommade» à Mme Feraoun.
Ai-je été dur, dans un moment de colère mal contenue, dans mon introduction? il existe des raisons à ce comportement. Toutes nos demandes d'interviews adressées à Mme la ministre étaient demeurées sans réponses. Y compris notre démarche effectuée auprès du nouveau patron de Mobilis à une semaine de l'assemblée de l'ARPT. Les autres opérateurs de téléphonie mobile ont été accueillants et disponibles pour faire avec nous ce travail. Leurs interviews ont été publiées. A Mobilis, le chargé de la communication de la boîte, reste à ce jour, un grand inconnu des médias. Comparez donc son «oeuvre originale» avec le travail de communication abattu par ses pairs de Djezzy et de Ooredoo pour assurer la promotion de leurs produits afin que vous puissiez vous rendre compte par vous-mêmes de l'inaptitude des nouveaux promus de Mobilis.
Notre mission est d'informer l'opinion. Et ces gens n'ont fait que nous «claquer» la porte au nez. Que veulent-ils donc cacher?
J'ai tenté de joindre sans résultat le cabinet de Mme la ministre et cela sans même que l'on daigne me répondre.
Et, aujourd'hui, on croirait que l'on s'ingénie à me faire jouer le rôle de l'idiot utile!
La pire des situations que puisse vivre un homme, c'est de manquer d'éducation à l'égard d'une femme. Le crime serait de la traîner dans la boue quand bien même l'on supposerait avoir toutes les raisons de son côté pour perpétrer ce qui relèverait de l'impensable. Nos traditions nous interdisent de tels comportements. Nos mères et nos soeurs, paysannes ou citadines, ont fait de nous des hommes d'honneur. En 48 ans de journalisme, mes collègues et mes consoeurs ne me connaissent que trop bien, sur ce dossier bien précis. Manquer de respect à une dame est une ignominie!
Dans mon texte, j'ai usé de métaphores. La langue française autorise l'usage pour un mot aussi bien au sens propre que figuré. Des mots ont été volontairement sortis de leur contexte et de leur sens étymologique dans le seul but de me nuire en me présentant comme un... misogyne. Et à l'âge de soixante-dix ans!
Je veux laisser à la génération montante l'image d'un journaliste accessible, généreux, disponible, honnête, courageux et protecteur.
C'est certainement animé par la même intention que Zinedine Zidane avait cru bon de s'expliquer après son «coup de boule» au joueur italien Materazzi en 2006 lors de la finale de la Coupe du monde, sous les yeux ébahis de deux milliards de téléspectateurs.
Le «coup de boule» n'achevait pas l'Italien agressif, mais il donnait de Zidane une image exécrable aux enfants de la planète qui avaient érigé, en ce siècle, le culte du football au rang de religion. Aujourd'hui, l'on sait pourquoi Zidane a frappé. Et avec une hargne jamais égalée.
On a beau avoir toutes les raisons du monde pour commettre un forfait, mais il existe dans cette vie des âmes pures, sincères, innocentes qui ont droit à être préservées, elles aussi, de tout comportement violent. Pas seulement physique. Ou verbal. Cette violence peut être aussi commise sur papier. En noir et blanc. Elle peut aussi être une tache indélébile comme ce sang qui macule le mur d'un théâtre de conflit. Oui, la parole tue. Et les mots sont des balles. Ils laissent quelquefois dans la vie des blessures qui risquent de ne jamais se refermer.
Toutes les raisons du monde ne pourraient à elles seules expliquer, excuser ce perfide «coup de boule» lorsqu'on a été élevé avec le sens de l'honneur, quand dans l'enfance nos parents nous ont nourris de principes et de valeurs qui sont la sève même de nos veines.
Des passages de l'éditorial qui peuvent avoir été confondus avec la vie privée de Mme Iman Houda Feraoun ont failli détériorer autant son image que la mienne auprès de l'opinion publique.
A qui la faute?
Cette femme de trente-huit ans n'a pas été protégée, ni encore entourée comme elle aurait dû l'être par ses proches collaborateurs qui l'ont carrément maintenue dans une espèce de cloisonnement afin de la couper des propres réalités de son secteur. Je le dis: c'est ce proche entourage qui porte l'entière responsabilité des causes immédiates qui ont allumé ce départ de feu. Les colportages, les rumeurs et les mensonges sont pour une grande part dans cette passe d'armes entre un journaliste de 70 ans qui a vécu sa vie et une jeune ministre de la République à qui tout sourit.
Je n'ai jamais été misogyne. Et je n'ai pas vocation à le devenir. Durant ma longue carrière de 48 ans de presse, combien de ces professionnelles de l'information dont j'ai assuré personnellement la formation et l'encadrement, officient encore dans les médias nationaux?
Elles sont à El Moudjahid, à Liberté, à l'APS et même à l'étranger. Pas moins de 120 rédactrices ont effectué leur stage sous ma direction. Certaines ont fait de brillantes études à l'étranger tandis que d'autres ont préféré choisir le fameux dicton: «Le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir.» Elles sont aussi de hauts cadres de l'Etat. Si dans notre société, le respect de la femme relève du sacré, c'est parce qu'il engage toujours l'honneur de l'homme. Dans le «lead» de mon édito, il y avait maldonne en effet. Cela a ouvert la brèche à toutes les interprétations, fussent-elles sincères ou malveillantes. Tout le monde a droit à l'erreur. Un pilote d'Airbus peut «crasher» à cause d'un cumulus sur son passage à 8000 m d'altitude, un chirurgien, par mégarde, peut confondre bistouri ou ciseaux de dissection. Un article de journal écrit par un prix Pulitzer peut connaître le même sort fatidique que le simple «papier» du stagiaire sorti fraîchement émoulu l'avant-veille de la meilleure université.
Mme Iman Houda Feraoun a-t-elle subi une offense? Elle est en droit d'exiger la réparation qu'elle estime nécessaire pour «laver son honneur» si elle juge qu'il est bafoué. Et moi, d'abord en tant qu'homme, ensuite comme journaliste, j'ai aussi le devoir de me plier, sans sourciller, à cette loi d'airain. Dans cette histoire, l'un de mes premiers soucis serait que les jeunes journalistes apprennent à faire leur mea culpa. Se rappeler, à tout moment, qu'il existe une éthique et des règles de déontologie. Un vrai garde-fou contre toute dérive morale.
Mme Feraoun est ministre. Pour être équitable, elle est l'égale pour moi comme pour tous les Algériens, je le suppose, de tout autre ministre de sexe masculin.
Or, j'ai omis l'idée que le sexe faible, quel que soit son rang régalien, disposait avant tout de ses propres règles en politique. Et en la matière, une femme a droit à tous les égards et que la clause d'exception lui est bien due à ce titre.
Voilà l'essence même de ce quiproquo qui a déclenché une véritable guerre de tranchées entre ceux qui prônent la thèse selon laquelle une femme responsable doit être traitée comme l'égale de l'homme, et les partisans de la clause d'exception.
Mme Iman Houda Feraoun doit être sûre qu'elle n'a pas d'ennemis dans notre journal. Nous ne cherchons qu'à l'accompagner, qu'à l'aider dans sa réussite. Parce qu'elle est celle de l'Algérie tout entière.
Nous l'avons régulièrement démontré depuis qu'elle a pris ses fonctions. Oui, nous vous respectons Mme la ministre. Mais nous disposons aussi de la liberté de critiquer votre bilan. C'est notre droit d'informer garanti par la Constitution. N'y voyez là, aucune provocation.
Sur son lit de mort, le dernier conseil laissé par le prophète Mohammed (que la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur lui) portait justement sur le comportement que doivent observer les fidèles envers les femmes.

Le Prophète (Qsssl) n'a-t-il pas, en effet, incité les musulmans à considérer les femmes avec le plus grand soin possible pour ne pas les blesser ou leur causer du tort?
C'est ce que j'ai essayé de faire aujourd'hui comme tout croyant sincère. Amin.

De Quoi j'me Mêle

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