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Merci Ben Ali !

Août 1994. La violence accusait un pic sans précédent. Les coups de main, les attentats à la bombe perpétrés par les groupes de Djamel Zitouni avaient fini par plonger Alger dans une véritable sinistro se. Devant le consulat de France, la file des quémandeurs de visas, en grande partie des intellectuels et des cadres supérieurs, s´allongeait au fur et à mesure que les unes des quotidiens s´adonnaient, sans retenue, à faire leur ouverture sur la douleur, le sang et les larmes d´un pays déjà mis à terre.
Les pays de la rive nord de la Méditerranée se sont concertés pour réduire l´entrée sur leur territoire d´Algériens persécutés par les terroristes ou en quête d´asile.
Au Maghreb, la Libye d´El-Gueddafi accueillait des contingents d´islamistes fuyant le pays. Quant au Maroc, sa perception des événements qui se déroulaient en Algérie n´était pas sans intérêt quand on sait que le palais royal avait donné son feu vert à l´ouverture d´un consulat iranien à Oujda ! Un relais pour les islamistes arabes désireux de rejoindre les troupes du MIA dans les maquis algériens. En août 1995, avec l´attentat commis contre un hôtel de Marrakech, le Maroc trouve le prétexte idéal pour bouter hors du royaume des millions d´Algériens ayant choisi cette destination pour passer des vacances... idéales.
A l´Est, vers la Tunisie, c´était aussi la grande évasion. La seule destination, prisée par tous, qui restait encore autorisée pour une escapade.
Pas moins de 1.500.000 Algériens se bousculaient aux postes de contrôle de la frontière algéro-tunisienne. Refoulés d´Europe, chassés du Maroc, le seul accès vers l´étranger qui leur demeurait encore ouvert est la terre d´Hannibal. Les liaisons aériennes entre Tunis et Alger sont maintenues ouvertes malgré les menaces de détournement ou d´attaque contre des avions de Tunis-Air après l´affaire sanglante de l´Airbus d´Air France en décembre 94.

Il refuse de fermer les frontières avec l’Algérie
Les ministres de Ben Ali n´en finissaient pas, quant à eux, de vouloir attirer l´attention de leur président sur les dangers induits par cet afflux massif de touristes algériens sur la stabilité de la Tunisie. Pourquoi? Parce que, au même moment, les ministres de l´Intérieur d´Espagne, de France et d´Italie, au terme d´une réunion commune, avaient décidé de parer au «boat people» algérien et que, par conséquent, l´arrivée des islamistes au pouvoir s´annonçait, pour eux, imminente. Les trois ministres européens craignaient un «débarquement» sur leurs côtes respectives de centaines de milliers d´Algériens qui pourraient transiter par la Tunisie.
Saisi officiellement par ces gouvernements, Ben Ali y opposa une fin de non-recevoir catégorique. En plein Conseil des ministres, au palais de Carthage, il piqua une colère noire: «Ne me demandez plus de fermer la frontière aux Algériens. Ne me demandez plus de suspendre nos liaisons aériennes. Je ne le ferai jamais! Je sais que la Tunisie accueille chaque année pas moins de 4.000.000 de touristes. Et je sais aussi que des islamistes algériens collaborent avec ceux d´Ennahda de Rached Ghannouchi et qu´ils sont capables, en déposant une simple bombinette dans l´un de nos hôtels, de nous priver d´une vraie manne financière de l´ordre de 3 milliards de dollars! L´Algérie n´a plus que nous! Et nous resterons solidaires, quoi qu´il nous en coûte, avec l´Etat algérien!».
Des dispositions sécuritaires sont immédiatement prises pour parer à toute infiltration clandestine sur le territoire tunisien d´éléments du GIA. Pas moins de 10.000 policiers seront recrutés et formés dans une période ne dépassant pas quelques mois. La coopération sécuritaire avec l´Algérie fonctionne à merveille. Des terroristes sont arrêtés en Tunisie et livrés manu militari à l´Algérie. Sur son flanc oriental, notre pays a eu dans ces moments difficiles un allié exceptionnel d´une déconcertante efficacité.

Ben Ali blessé à Sakiet Sidi Youcef
Durant les années 93, 94, 95 et 96, outre la communauté algérienne, estimée à quelque 15.000 résidents, la Tunisie a accueilli pas moins de 5.000 cadres, professeurs, intellectuels, hommes d´affaires en quête de cieux plus cléments et loin de la géhenne islamiste. D´éminents universitaires et médecins algériens ont été recrutés sur ordre de Ben Ali pour leur venir en aide. Des familles tunisiennes ont fait montre, comme durant la guerre de Libération, d´une hospitalité et d´une générosité extraordinaires à l´égard de nos compatriotes ayant choisi la Tunisie comme terre d´accueil. Pour beaucoup d´exilés intellectuels dont je suis, la Tunisie a été pour nous une véritable bouée de sauvetage. Dès qu´il avait appris, en juillet 95, ma présence à Hammamet, et mes déconvenues journalistiques, le président Ben Ali chargea son ministre-conseiller, Si Abdallah Abdelwahab, de prendre attache avec moi. «Le président, me dit le ministre, vous transmet ses salutations fraternelles, et insiste pour que vous acceptiez de diriger un journal tunisien si vous le voulez. Vous êtes chez vous. Nous saluons votre combat et celui de tous les intellectuels algériens.» J´ai remercié alors Si Abdallah en le priant de transmettre au président Ben Ali mon infinie reconnaissance. Je ne répondis pas à l´offre. Pour la seule et unique raison qu´en ce moment-là, je ne finissais de déprimer dans mon exil. Deux mois après, Si Abdallah Abdelwahab m´invita au palais de Carthage.
«Si la presse vous dérange autant, nous avons besoin d´homme comme vous ailleurs. Le président serait heureux que vous acceptiez le poste de directeur à la Banque de coopération du Maghreb arabe. Ça vous fera une expérience en plus comme banquier», insiste, suggestif, cet ancien grand journaliste. Rares, faut-il le rappeler, sont les Algériens qui savent que le sous-lieutenant Zine El-Abidine Ben Ali était, ce jour du 8 février 1958, présent à Sakiet Sidi Youcef, secourant les moudjahidine blessés par les bombardements de l´aviation française. D´ailleurs, il en garde toujours la trace indélébile. Une balle lui a transpercé le pied gauche. Aujourd´hui, le président Ben Ali claudique encore légèrement à cause de cette blessure qu´il assimile, selon son entourage, à un trophée de guerre. Merci et bienvenue Monsieur le Président !

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