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Rentrée scolaire à Bouira

Les portefeuilles saignés

L’aide de 3 000 DA aux plus démunis et les diverses décisions d’aide sociale permettront à plusieurs parents de scolariser leurs enfants.

Chaque année le point de vente unique du livre scolaire sis à l’école Larbi Tebessi du chef-lieu de la wilaya connaît des chaînes et des bousculades. A chaque fois qu’on attire l’attention des responsables sur cette situation digne d’un pays sous-développé, ils promettent de rectifier le tir, mais en vain. Cette année aussi tout comme les précédentes, les parents ont eu beaucoup de mal à acquérir les manuels scolaires. Du côté de l’office chargé de la distribution et de la vente, on précise que le livre est disponible au niveau des établissements depuis la fin de l’année scolaire précédente. Comment expliquer alors la présence des chaînes et des ruées devant ce point de vente à chaque rentrée scolaire ? N’est-il pas temps de mettre fin au monopole en permettant aux libraires de vendre ce manuel officiel ? Les bourses sont mises à rude épreuve cette semaine. La raison reste la rentrée des classes.
Les parents vont une nouvelle fois mettre la main à la poche pour satisfaire les exigences de leurs bambins. Saisissant l’occasion, les commerçants comme à l’accoutumée, ont déjà commencé à revoir à la hausse les prix des affaires scolaires. Pour appâter les enfants, certains exhibent le matériel en dehors des locaux. Les tabliers, les cartables… sont exposés dehors. Le produit chinois est à la tendance malgré sa mauvaise qualité. Ressemblant plus à des gadgets, les affaires scolaires peuvent être à l’origine d’accidents domestiques chez les élèves en bas âge. Une enquête faite l’année passée a conclu à une moyenne de 5000 DA de frais pour un enfant scolarisé au lycée. Les achats vestimentaires ne sont pas inclus. Un enfant du moyen revient à presque la même somme.
La décision de doter gratuitement les enfants nouvellement inscrits en livres, l’aide présidentielle de 3000 DA aux plus démunis et les diverses décisions d’aide sociale permettront à plusieurs parents de scolariser leurs enfants. L’opération qui a fait l’objet d’une attention particulière ne doit pas trop tarder comme l’année dernière où certains parents ont attendu plus d’un mois après la rentrée pour recevoir cette aide décrétée par le président de la République.
Certains trouvent même qu’elle est insuffisante, surtout que les prix des affaires scolaires ont pris un réel envol ces dernières années. Le cahier de 96 pages est passé de 25 DA à 45 DA. La hausse est générale et dépasse pour l’ensemble des produits les 150%. Ces occasions, tout comme la récente fête religieuse de l’Aïd El Adha et la course au plus grand mouton, dévoile un écart entre les couches sociales, lequel prend des proportions de plus en plus importantes.
La rentrée scolaire vient de mettre à jour ce phénomène jusque-là inconnu à Bouira. Une enseigne commerciale qui avait annoncé la création de milliers d’emplois, la redynamisation du secteur du commerce au chef-lieu de wilaya, mais qui s’est juste limitée à ramasser de l’argent et renié tous ses engagements, propose des articles scolaires. Rien d’anormal à cela, sauf que les produits mis en vente, coûtent les yeux de la tête. Des crayons de couleur à 850 DA la boîte de 12, des cartables à 6 000 DA, des cahiers de 299 pages à 1 680 DA…bien sûr seuls les plus aisés et nantis peuvent se permettre « ces folies ». Chacun est libre d’acheter ce qu’il veut. Si nous soulevons ces faits, c’est parce qu’ils ont une répercussion négative sur les élèves en milieu scolaire. Les enfants citent et vantent des marques de produits scolaires coûteux quand d’autres n’ont pas assez d’argent pour tout juste acheter les cahiers qu’il faut.
Après les cours particuliers, les signes ostentatoires de la richesse, la voiture qui dépose l’enfant sur le seuil de l’école, voilà la fièvre des affaires scolaires venues d’ailleurs. Vivement l’école socialiste des années 70 où tous les élèves étaient égaux devant l’enseignant. L’autre grand fait qui aura caractérisé cette rentrée 2019 demeure cette prime de 3.000 DA relevée à 5.000 DA par le gouvernement Bedoui. Le nombre de bénéficiaires à Bouira est passé de 69.000 à 49.000 aides. La décision d’appliquer une instruction datant de 2004 fixant la barre des bénéficiaires aux seules personnes percevant moins de 8.000 DA par mois a sensiblement réduit le nombre de postulants. Le Snmg de 2004 et celui de 2019 ne sont pas les mêmes. L’érosion du pouvoir d’achat a augmenté le nombre de pauvres en Algérie. Rien ne justifie l’application de cette instruction dépassée par le temps et la réalité du terrain.
Hier encore, ils étaient des dizaines à venir demander des éclaircissements au niveau de l’APC, de la daïra et de la direction de l’éducation. Tous sont repartis sans être convaincus des arguments justificatifs avancés. Comme un malheur n’arrive jamais seul, hier, c’était au tour de la SDC de transmettre ses factures salées. Après les dépenses du Ramadhan, de l’Aïd el Fitr et de l’aïd el adha, voilà une grosse dépense qui pointe à l’horizon en ce début d’une année qui s’annonce très difficile.

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