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Béjaïa

Les constructions illicites de la colère

D’une part on exige la démolition des constructions illicites et d’autre part lorsque les services concernés interviennent, les populations s’y opposent. Un paradoxe.

L’opération de démolition des constructions illicites érigées sur les hauteurs de la ville de Béjaïa ne s’est pas déroulée sans embûches. A peine entamée, les propriétaires soutenus par les voisins ont tenté d’empêcher la poursuite de l’opération qui s’était déjà soldée par la démolition d’environs huit habitations, selon les recoupements d’informations en notre possession. La tension est vite montée entre les deux parties pour se conclure devant le siège de la wilaya, lorsqu’une cinquantaine de personnes sont venues spontanément protester devant le siège de la wilaya et exiger de voir le chef de l’exécutif. Les services de sécurité stationnés à l’intérieur de l’édifice ont riposté en interpellant quelques personnes, selon des témoins oculaires. Les alentours du siège de la wilaya seront alors étroitement surveillés durant toute la matinée.La tension était très perceptible, hier, au centre-ville de Béjaïa. Des policiers étaient aux aguets, surtout que la menace du renforcement des effectifs des manifestants était prise au sérieux. L’affaire du foncier public et sa dilapidation par la mafia du foncier revient au-devant de la scène à la faveur de l’opération de démolition initiée sur les hauteurs de la ville de Béjaïa. Il y a tout de même un paradoxe à relever à Béjaïa. D’un côté, on n’arrête pas d’exiger l’intervention des pouvoirs publics pour limiter les dégâts et procéder à la démolition de tout ce qui est illicite aussi bien des habitations que des locaux commerciaux, de l’autre on s’oppose à toute initiative allant dans le sens des exigences, comme ce fut le cas, hier. S’agit-il d’une injustice ? Certains commentaires relevés sur les réseaux sociaux n’en font pas état, mais relèvent toutefois le fait que les autorités laissent faire durant les transactions commerciales dans laquelle excelle une mafia pour ensuite intervenir et punir pour ainsi dire l’acquéreur. Serait-ce là la raison de la colère d’hier ? Dans tous les cas de figure, le trafic du foncier à Béjaïa est une réalité qui arrange certains et dérange d’autres et la complicité est à situer à grande échelle au vu de l’ampleur des dégâts. Pourtant, ce n’est pas la première fois que les autorités de Béjaïa osent s’en prendre à l’illicite. Des épisodes similaires sont légion autant au niveau de la ville que sur le littoral. En juin dernier, les autorités avaient démoli les locaux commerciaux érigés sur la plage de Baccaro. Une mesure que tout un chacun espère voir se généraliser à travers toutes les communes côtières. L’occasion de la préparation de la saison estivale nécessitait en effet, certaines mesures parfois impopulaires. C’est ce à quoi s’étaient attellés les services de la wilaya de Béjaïa, procédant à la démolition de certaines constructions illicites érigées sur les plages, afin de permettre aux estivants de séjourner durant l’été dans de meilleures conditions. Sur instruction du wali, une première opération de démolition des baraques illicites a été initiée, hier, au niveau de la plage de Baccaro dans la commune de Tichy, avait indiqué un communiqué de la wilaya de Béjaïa, précisant que «les différents services de l’urbanisme, les travaux publics et les ressources en eau s’y sont impliqués, sous la supervision du secrétaire général de la wilaya». Cette opération qui s’inscrit dans le cadre de la préparation de la saison estivale, «se poursuivra un peu partout pour éradiquer toutes ces baraques illicites implantées au bord des plages», il reste à espérer que ces mesures, habituelles à la veille de chaque saison estivale puissent véritablement s’élargir pour toucher d’autres contrées. Il n’y eut point de réaction ce jour-là. Au vu des situations dans lesquelles se trouve la majorité des plages de Béjaïa, l’opération s’avère longue et périlleuse. On est tenté même de croire que certains endroits ne seront pas concernés, à l’image de la plage de Boulimat devenue intouchable. L’opération de démolition, qui s’est déroulée sous la protection de la brigade de la Gendarmerie nationale et en présence du maire de la même commune, avait suscité l’espoir de voir enfin les 34 plages autorisées à la baignade sur la belle côte, remises à la disposition des estivants, d’autant plus que cette opération de démolition n’avait fait l’objet d’aucune résistance de la part des propriétaires de ces constructions. A l’époque, le maire de la commune avait expliqué que «la décision de démolir ces constructions faisait suite aux instructions venues des plus hautes autorités de l’Etat» et que «l’opération sera élargie prochainement aux constructions illicites, bâties sur le domaine forestier. Une opération qui demande un peu plus de temps». Il n’en fut rien depuis. On s’est contenté les jours suivants du nettoyage de la plage et de sa sécurisation à l’approche de la saison estivale. C’était la crainte latente, lundi dernier, après l’annonce de l’opération de Baccarro.

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