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Rentrée sociale à Béjaïa

Le spectre des grèves hante les esprits

Plus que les autres années, la prochaine rentrée scolaire se singularise par d’autres préoccupations pour les ménages.

Au-delà des tracas liés à l’achat des vêtements et des fournitures scolaires, les parents sont présentement soumis à une hantise en rapport avec le Mouvement national pour le changement, qui entame depuis le dernier week-end son septième mois. «Nous avons peur que nos enfants soient exploités à des fins politiciennes», nous dit cette dame à la sortie d’un lycée où elle venait d’inscrire son fils. Notre interlocutrice se réfère à la précédente tentative du genre au lendemain du lancement du mouvement du Hirak. «En mars dernier nos enfants ont failli être entraînés dans la contestation, n’était-ce l’intervention des parents qui s’y sont fermement opposés», explique-t-elle comme pour illustrer la situation de psychose qui mine les esprits des familles. «Nous allons encore nous battre pour que le mouvement soit uniquement du ressort des adultes»,
rassure-t-elle non sans afficher une mine qui n’est pas de bon augure.
Comme elle, beaucoup de parents sont hantés par ce cas de figure d’autant plus que l’idée d’une désobéissance civile, même rejetée globalement, pourrait commencer par l’exploitation des enfants. «On n’en n’est pas encore là, mais le risque est réel», soutient Tahar qui indique que même s’il «ne s’agit que de la grève des enseignants, le risque demeure palpable». Une prise de conscience somme toute logique, connaissant les habitudes du genre bien avant même l’existence du Hirak.
Totale incertitude donc. Comme chaque année, la rentrée sociale se présente à Béjaïa dans une incertitude totale. Cette année encore, elle risque de réserver des lendemains qui déchantent à tout le monde ... «Tout le monde est dans le même pétrin; c’est uniquement une question de degré!», dit-on unanimement. C’est pour ainsi dire un paradoxe selon lequel un mouvement dure depuis bientôt sept mois, alors que rien ne semble bouger dans le bon sens. Un sens qui donnerait plus d’espoir à la population.
Entre une rentrée scolaire onéreuse et un mouvement social qui perdure et après une saison estivale ponctuée par la fête de l’Aïd, les bourses moyennes auront fort à faire face aux dépenses colossales sur fond d’un exercice à l’apprentissage du jonglage et de l’équilibrisme. Le risque d’une explosion sociale deviendra alors inéluctable le jour où des milliers de citoyens seront contraints de s’investir autrement que par des marches. Le front social risque donc, à l’occasion de la rentrée, de reprendre du poil de la bête. Si les syndicalistes fourbissent leurs armes et affinent leur stratégie de lutte, les citoyens ordinaires comptent et recomptent leurs sous, découvrant par-là même les bienfaits de la gestion d’un budget familial. Ils ont fini par se persuader qu’en rognant à gauche, en empruntant à droite, la rentrée finira bien par passer dans la douleur certainement, mais elle passera quand même. Demeure alors ce risque de grève qui pourrait s’inviter. Le tout sur fond d’une dégradation sans égale de la situation sécuritaire, sociale et politique. Le dernier braquage d’une banque à El Kseur rappelle à bien des égards que rien n’est réglé sur ce plan et que beaucoup reste à faire. La peur au ventre, la bourse au plus bas, le citoyen de Béjaïa s’apprête ainsi à affronter une rentrée sociale des plus dures, autant pour la poche que pour l’avenir de sa progéniture. 

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