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Ali Dani, ancien maquisard de la Wilaya IV historique

Le moudjahid qui a remboursé le trésor public

Il se fait un devoir de le rappeler au moment où les tribunaux ne désemplissent pas d’accusés de corruption.

«Ni moi ni ma faille nous n’avons bénéficié de logement, de commerce, de lot de terrain, de prêt bancaire ou de prise en charge médicale. Cinquante-sept ans après l’indépendance je m’en tiens toujours à cette obligation.» Cette confession est de Ali Dani un ancien moudjahid qui a activement participé à une révolution ayant étonné le monde. Il décline ces propos non pas pour réclamer des avantages, mais pour dire humblement qu’il y a encore des moudjahidine propres, intègres et honnêtes. Il se fait un devoir de le rappeler à la veille du 57ème anniversaire de l’indépendance et surtout au moment où les tribunaux du pays ne désemplissent pas de hauts fonctionnaires de l’Etat tous accusés de verser dans la corruption. Incroyable avatar des choses. Au moment où ces responsables se servaient à la louche, volaient, pillaient eux et leurs progénitures, le moudjahid Dani est allé -lui-même se plaindre auprès du trésor public l’informant qu’il y a un trop-perçu dans sa pension et que de ce fait il se doit de rembourser cet argent. C’était chose faite. «L’erreur a été commise par le Trésor, mais j’ai remboursé le trop-perçu jusqu’au dernier centime et ce pendant une période de dix ans.»
Ali Dani n’était nullement destiné au métier des armes, lui qui coulait des jours paisibles aux côtés du gratin parisien dans la capitale française au milieu des années 1950. Quand il fallait répondre à l’appel de la patrie il s’est battu âprement et a connu les pires sévices que puisse subir un homme. Il a été à la tête d’une cellule composée de 20 hommes et de six femmes, qui agissait au niveau de Bouira pour le compte des deux wilayas les plus actives durant la révolution : la Wilaya III et la Wilaya IV historiques, chargée de l’organisation de la désertion de militaires algériens qui étaient sous les drapeaux français. C’est à ce titre que Dani a accueilli l’ancien colonel Bencherif à sa désertion dans la caserne de Sour El Ghozlane, à Bouira, de transporter et d’acheminer les armes d’Alger vers la wilaya III ainsi que du matériel médical, de chirurgie de campagne. Des activités qui n’étaient pas une partie de plaisir, il a échappé à plusieurs reprises à la mort avant d’être arrêté et c’était pour lui, la pire des morts…emprisonné, torturé humilié, il a subi des séquelles irréversibles et surtout immorales. Ali a été broyé physiquement par le Deuxième bureau du 410e régiment de Aïn Bessem, le DOP d’El Asnam et plus particulièrement par les éléments de la DST. Son calvaire a duré 25 jours de torture la plus abjecte et sans répit au cours desquels il saignait continuellement de toutes parts. Il sera libéré le 16 avril 1962 et opéré à trois reprises à Paris. Ironie du sort, c’est le chirurgien personnel du général de Gaulle qui s’est chargé de cette complexe intervention chirurgicale.
Par leur foi, les moudjahidine avaient vocation à devenir les éléments actifs du nouvel Etat algérien. Dani ayant interrompu ses études pour la guerre, il reprend les bancs des amphithéâtres pour décrocher son diplôme d’ingénieur d’Etat en Travaux publics en 1974 à l’âge de 38 ans. C’était l’époque où les ingénieurs étaient une denrée rare dans une Algérie naissante. Il entame alors une brillante carrière avant de buter sur des rapaces qui lui barrent le chemin de l’ascension politique et professionnelle.
Grande désillusion pour ce moudjahid comme beaucoup d’autres dont le combat héroïque pour la libération a remué les imaginaires des militants pour la liberté. On le reconnaît au détour de plusieurs phrases et anecdotes dans des élans où, se tapit au creux de l’amertume, un espoir furtif. Du haut de ses 83 ans, les tempes ont blanchi, la mâchoire un peu lourde, sa voix s’est faite plus rauque mais Ali Dani rayonne toujours d’entrain et de confiance.

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